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Elle observait cette maison de pêcheur depuis 15 ans : ce qu’elle en a fait en Normandie surprend tout le monde

Publié par Elodie le 06 Août 2026 à 7:30
Cottage en pierre normand avec pont sur ruisseau fleuri

Depuis ses fenêtres, elle la regardait vieillir, année après année. Une maison de pierre, fatiguée, presque oubliée, dans le petit village d’Omonville-la-Rogue. Puis un jour, elle a décidé d’y entrer pour de bon et de tout changer.

Une maison de pêcheur qui attendait depuis 15 ans

C’était la maison de Gaston, un pêcheur d’Omonville-la-Rogue, dans la Manche. Un homme que le groupe La Rue Kétanou a même immortalisé dans une chanson, sous le surnom du « capitaine de la barrique ». Pendant quinze ans, Estelle Quilici a contemplé cette bâtisse depuis chez elle, sans jamais imaginer qu’elle deviendrait un jour sienne.

Décoratrice d’intérieur, autrice d’un ouvrage sur la « décoration des émotions », elle a un faible pour les maisons qui ont une histoire à raconter. Le confinement agit comme un déclencheur inattendu. Avec son mari, elle rachète la maison d’en face, direction opposée à celle qu’on attendrait dans une grande ville française : ici, c’est le calme du Cotentin qui les attire.

Le projet est ambitieux : réunir une grange et la maison attenante, deux bâtiments séparés depuis toujours, pour n’en faire qu’un seul lieu de vie. Deux ans de travaux plus tard, le résultat n’a plus grand-chose à voir avec la ruine qu’elle observait depuis son salon.

Le pari fou : ouvrir la maison sur le ruisseau et l’église du XIIIe siècle

La maison était « très cloisonnée, un peu austère, avec des plafonds bas », explique Estelle Quilici. Le vrai trésor du lieu ? Un cours d’eau, la Vallace, qui serpente entre la bâtisse et le jardin. Longtemps caché, ce détail devient le cœur du projet de rénovation.

Les ouvertures sont agrandies, de nouveaux linteaux en pierre locale posés, et surtout, un passage est créé entre la maison et la grange. Un petit pont permet désormais de franchir le ruisseau. Le jardin, autrefois envahi par les arbres, se couvre d’hortensias, comme dans les jardins anglais qui ont inspiré toute la déco.

Depuis les fenêtres, la vue change tout : on aperçoit désormais l’église du XIIIe siècle et le jardin public du village. Ce genre de rénovation qui transforme la circulation intérieure rappelle certaines transformations spectaculaires observées ailleurs, comme ce jardin qui a mis huit ans à révéler son secret. Mais ici, c’est bien la maison elle-même qui devait apprendre à respirer.

Un ancien crochet à paniers de pêche est resté accroché au mur. L’escalier d’origine, lui, a été précieusement conservé, presque comme une relique. Même les meubles chinés en brocante, les vieux bateaux et le matériel de pêche du mari trouvent leur place dans ce décor entre mémoire et modernité, à la manière de ces paysages français qui cachent toujours plus qu’on ne croit.

Chambre suite avec baignoire zinc et poutres apparentes

Le détail qui change tout : quand chaque objet caché devient une pièce de décoration

C’est là que la magie opère vraiment. Un objet du passé oublié peut devenir, entre les mains d’Estelle Quilici, un élément central du décor. Un volet ancien dissimule la buanderie. Une baignoire en zinc récupérée dans le Perche cache le tuyau d’arrosage du jardin. Un vieux trumeau retrouve, lui aussi, une seconde vie.

À l’étage, le ton change radicalement. L’inspiration devient très britannique : boiseries façon îles Anglo-Normandes, interrupteurs en porcelaine Fontini, gaines électriques laissées apparentes, poutres anciennes assumées. Un poêle diffuse une chaleur douce, et la salle de bains ouverte, avec sa baignoire au centre, transforme la pièce en véritable suite d’hôtel de charme.

Dans moins de 80 m², tout est pensé pour offrir une expérience complète : travailler, dormir, allumer un feu de cheminée, prendre un bain enveloppant. La pièce accueille aujourd’hui amis, enfants, et parfois des voyageurs de passage via une location saisonnière.

La couleur, chez Estelle Quilici, n’est jamais un détail. « Ma démarche est très instinctive. Pour savoir ce que je vais réaliser lorsque j’arrive dans une maison, je sais d’abord quelles couleurs je vais utiliser », confie-t-elle. Un plafond vert surprend dans le salon. À l’étage, des teintes chaleureuses remplacent d’anciens murs jaunes, et les associations osées, rayures et fleurs mêlées, créent la surprise visuelle qui fait la signature de son travail.

Corse d’origine, rien ne prédestinait Estelle Quilici à s’installer dans ce coin de Normandie. Ce sont les racines familiales de son mari, dont les grands-parents dirigeaient un patronage parisien pour enfants, qui ont ancré la famille ici, génération après génération, jusqu’à faire du Cotentin son second port d’attache.

Une maison de pêcheur oubliée, un ruisseau redécouvert, une décoratrice patiente pendant quinze ans : parfois, il suffit d’attendre le bon moment pour transformer une ruine en refuge. Et si la prochaine maison qui vous fait rêver était juste en face de chez vous ?

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