« J’ai perdu toute ma famille » : à 15 ans, elle et son petit ami de 16 ans auraient tué 5 proches pour une histoire d’école

Une dispute d’apparence banale, sur l’école et les résultats scolaires d’une ado. Puis, en quelques heures, cinq membres d’une même famille retrouvés morts dans trois lieux différents d’East St. Louis, dans l’Illinois. Le père de la jeune fille raconte aujourd’hui l’engrenage qui a précédé ce carnage — et la partie la plus glaçante de son témoignage n’a rien à voir avec l’arme utilisée.
Une fugue, une arme volée, et personne n’a rien vu venir
Tout commence par un conflit familial d’apparence ordinaire. La jeune fille de 15 ans, scolarisée à domicile après des soucis de comportement en classe, vivait mal cette décision de ses parents. Une tension quotidienne, comme il en existe dans tant de foyers.
Sauf que cette ado avait déjà fugué plusieurs fois. Elle avait aussi, selon son père Marcus May, volé la carte bancaire de sa mère à plusieurs reprises. Début de semaine dernière, nouvelle fugue : cette fois, elle emporte l’arme de sa mère, qui signale immédiatement le vol et la disparition de sa fille aux autorités.
Le détail le plus troublant reste celui-ci : la mineure aurait évoqué à voix haute son intention de commettre une fusillade de masse. Personne, dans son entourage, n’a pris la menace au sérieux. Ce genre de signal ignoré rappelle d’autres rumeurs glaçantes qui circulent parfois dans les établissements scolaires, sans qu’on sache toujours faire la part entre le bluff et le danger réel.
Dimanche, alors que son père dort encore, son téléphone explose de notifications. Des dizaines d’appels manqués. Des messages en cascade. Le début d’une journée qu’il ne pourra jamais oublier, à mille lieues des avertissements glaçants que l’on croise habituellement dans l’actualité internationale.
Cinq corps, trois lieux, une même famille décimée
Les enquêteurs de la police d’East St. Louis parlent d’une « fusillade de masse ciblée ». Cinq personnes sont mortes, deux autres blessées, sur trois sites distincts de la ville, selon le récit livré aux procureurs du comté de St. Clair.
Marcus May a dû identifier lui-même les victimes. Son beau-fils Quentin Thompson, 21 ans, et sa belle-fille Shania Thompson, 25 ans. Son neveu Devin May, 24 ans. Sa sœur Cherie May, 49 ans, dont le corps portait des blessures par balle datant de plusieurs jours. Et sa mère, Patricia May, 74 ans, grand-mère de l’adolescente suspectée.
« J’ai perdu toute ma famille en un seul instant », a confié le père accablé au St Louis Post-Dispatch, depuis le pas de sa porte à East St. Louis.
Le corps de sa belle-fille a été retrouvé dans une voiture, derrière une maison inoccupée à quelques mètres de chez lui. Celui de son beau-fils gisait dans le parc Jones de la ville.
Deux autres proches ont été découverts grièvement blessés par balle, toujours selon le récit paternel, tandis que deux corps supplémentaires ont été localisés dans un ensemble résidentiel à quelques kilomètres de là. Un drame d’une ampleur que même les enquêteurs les plus aguerris peinent à qualifier autrement que de massacre familial.

Le détail macabre qui aggrave encore l’accusation
Au-delà des cinq meurtres, le rapport d’accusation révèle un élément particulièrement choquant : le petit ami de l’adolescente, Ja’ymier Davis, 16 ans, aurait mutilé le corps de Patricia May, la grand-mère, en lui tranchant le pouce. Ce fait figure explicitement dans l’acte d’accusation transmis par le bureau du procureur du comté de St. Clair, consulté par FOX 2 NOW.
L’acte d’accusation, qui compte douze chefs, retient contre Davis cinq chefs d’homicide, un chef de mutilation de corps humain, deux tentatives de meurtre, deux coups et blessures aggravés, un détournement de véhicule aggravé et une utilisation illégale d’arme volée. De quoi rappeler à quel point les procédures pour ce type de crimes multiples peuvent s’étirer sur plusieurs mois, voire plusieurs années.
Les deux suspects ont finalement été interpellés après une manœuvre PIT effectuée par les troopers de la police d’État de l’Illinois, qui a permis d’immobiliser leur véhicule près du parc d’État de Frank Holten. Davis est actuellement détenu à la prison du comté de St.
Clair, sans date fixée pour sa prochaine comparution. Quant à l’adolescente de 15 ans, son dossier est pour l’instant traité devant le tribunal pour mineurs, avant un possible transfert vers la cour criminelle du comté, selon le bureau du procureur.
Une querelle familiale ordinaire, un signal d’alarme ignoré, et cinq vies fauchées en un dimanche. L’affaire relance, une fois encore, la question glaçante des menaces prononcées par des adolescents et jamais prises au sérieux. Combien de signaux similaires passent aujourd’hui inaperçus, ailleurs, dans d’autres foyers ?