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« C’est presque de la nécrophilie » : après les aveux de Cédric Jubillar, un phénomène glaçant inquiète les psychiatres

Publié par Cassandre le 28 Juil 2026 à 16:05

Une découverte macabre, des aveux glaçants, et voilà qu’un village du Tarn se retrouve envahi par des inconnus armés de pelles. Depuis que Cédric Jubillar a reconnu être à l’origine de la disparition de son épouse et indiqué où son corps avait été enfoui, l’affaire a basculé dans quelque chose d’inattendu.

cedric jubillar rebondissement enquete avant processs

Des curieux se pressent désormais sur les lieux, au point que la mairie a dû intervenir en urgence. Et ce que révèlent deux psychiatres sur ces comportements dépasse largement le simple fait divers.

Un village submergé par des chasseurs de reliques

Tout commence par une découverte qui referme un chapitre vieux de près de cinq ans. Les restes de Delphine Aussaguel, disparue en décembre 2020, ont été localisés grâce aux indications données par son mari aux enquêteurs, dans la commune de Mailhoc, dans le Tarn. Les autorités ont levé leur dispositif de recherches le 17 juillet dernier, après la découverte d’ossements sur place.

Mais ce que personne n’avait anticipé, c’est la suite. Des anonymes ont pris le relais des enquêteurs, comme dans d’autres affaires qui fascinent le public. Munis de pelles et de pioches, plusieurs curieux se sont rendus sur les lieux dans l’espoir de trouver d’autres fragments humains ou des indices oubliés par la police scientifique.

Face à cet afflux, la mairie a réagi vite. Un arrêté interdit désormais l’accès au secteur jusqu’au 31 juillet. L’adjoint au maire, Sébastien Cayron, a expliqué à France 3 Occitanie ne pas vouloir transformer ce lieu en « endroit touristique ». Le maire Jean-Marc Escoutes a de son côté raconté à ICI Occitanie avoir découvert « une dizaine de personnes sur place », équipées de véritable matériel de fouille, comme s’il s’agissait d’un chantier archéologique improvisé.

Sur Facebook, l’idée d’une fouille bénévole géante

Ce qui se joue sur le terrain trouve un écho direct sur les réseaux sociaux. Un groupe Facebook consacré à l’affaire Jubillar réunit des milliers de membres qui échangent quotidiennement leurs théories et hypothèses sur l’enquête.

Un internaute est allé plus loin que les autres. Il a proposé d’organiser une « immense fouille bénévole », imaginant un « grand camping archéologique » où des volontaires viendraient avec « une pelle, un tamis et le matériel nécessaire » pour retourner « méthodiquement le terrain » et retrouver un maximum d’éléments. Une idée qui a suscité autant d’adhésion que de rejet parmi les membres du groupe.

Pour le psychiatre Daniel Zagury, cité par Le Parisien, cette démarche illustre l’apparition d’un véritable « fantasme collectif ». Selon lui, certains internautes nourrissent l’idée qu’en unissant leurs forces, ils pourraient eux-mêmes participer à la résolution de l’enquête, comme s’ils intégraient une équipe d’investigation parallèle. Un phénomène qui rappelle d’autres formes de fascination collective face à l’inconnu, où le besoin de comprendre l’emporte sur la raison.

Personne tenant une pelle en bordure de champ

« C’est presque de la nécrophilie » : le diagnostic sans détour

C’est là que la parole d’expert prend tout son poids. Le professeur de psychopathologie Patrick-Ange Raoult a identifié plusieurs motivations bien distinctes chez ces enquêteurs amateurs, entre simple curiosité et besoin de sens.

Il évoque d’abord une « curiosité morbide qui habite tout un chacun, toujours teintée d’angoisse ». Face à un drame incompréhensible, fouiller devient une façon de « maîtriser ce qui a pu se passer », une manière de calmer l’anxiété que produit le non-savoir, a-t-il détaillé dans les colonnes du Parisien.

Certains vont plus loin encore. Ils sont persuadés de pouvoir faire mieux que les enquêteurs officiels. « En se disant : moi, je ferais mieux qu’eux, il y a une héroïsation d’être le premier à avoir trouvé » une preuve, ajoute le spécialiste. Mais c’est sa dernière observation qui frappe le plus fort : « Certains sont dans une excitation, un peu morbide, de déterrer des cadavres pour voir ce que ça fait, c’est presque de la nécrophilie ».

Daniel Zagury partage cette inquiétude. « Qu’il y ait un côté Cluedo dans certaines affaires judiciaires, pourquoi pas. Mais là, il y a un côté très malsain, il s’agit de rechercher des restes humains », souligne-t-il. Pour Patrick-Ange Raoult, cette fièvre collective devrait pourtant retomber d’elle-même une fois la procédure judiciaire achevée et l’affaire définitivement jugée.

Entre fascination morbide et besoin viscéral de comprendre, cette affaire révèle surtout à quel point un drame peut transformer des inconnus en apprentis enquêteurs, pelle à la main. Reste une question qui dérange : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour percer le mystère des autres ?

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