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Elle avait 14 ans, son ex-beau-père l’a tuée : « Elle lui faisait confiance, c’est pour ça qu’elle est venue chez lui »

Publié par Cassandre le 20 Août 2026 à 14:24

Elle avait 14 ans, une place dans l’équipe de futsal de son quartier et un talent pour la poésie que ses professeurs n’oubliaient pas. Alice Nitz vivait à Encantado, petite ville de la région des Vallées au Brésil.

Lundi, elle a été retrouvée morte, poignardée, dans une maison du quartier Jardim do Trabalhador. Le principal suspect n’est pas un inconnu : c’est l’ex-compagnon de sa mère, un homme qui l’avait vue grandir.

Rue résidentielle brésilienne au crépuscule, quartier calme d'Encantado

Un homme qui l’avait élevée depuis toute petite

Terrain de futsal vide et éclairé la nuit, ballon abandonné

Wagno Arezi Henika, l’ex-beau-père d’Alice, a été arrêté mardi soir. Il avait pris la fuite après le crime mais a été localisé rapidement, dans la même maison où le drame avait eu lieu.

C’est le frère du suspect, avec qui Henika partageait ce logement, qui a découvert le corps de l’adolescente. Selon des informations parvenues aux enquêteurs, l’homme aurait confessé son geste à sa belle-sœur avant son interpellation.

Il a ensuite été transféré vers un commissariat de la ville voisine de Lajeado, où l’enquête se poursuit.

Ce qui frappe les proches de la victime, c’est justement cette proximité entre Alice et l’homme qui l’a tuée. Son cousin par alliance, Gian Marcos Dutra, a résumé la situation avec des mots simples et glaçants.

Cimetière communautaire avec fleurs déposées, lumière chaleureuse

« Elle lui faisait confiance, c’est pour ça qu’elle est venue chez lui »

« Il l’avait élevée depuis toute petite, alors elle avait confiance en lui, c’est pour ça qu’elle est allée chez lui. Et puis il a fait ce qu’il a fait », a raconté Gian au média local R7.

Cette phrase résume à elle seule toute l’horreur de l’affaire. Un homme perçu comme un père a profité de la confiance d’une enfant qu’il connaissait depuis treize ans.

Henika et la mère d’Alice avaient en effet formé un couple pendant treize ans avant de se séparer, il y a environ un mois seulement. Un mois à peine avant que ce drame ne se produise.

Cette séparation récente n’est pas un détail anodin pour les enquêteurs. Elle pourrait au contraire être la clé de toute l’affaire.

Femicide ou une vengeance visant la mère ?

La Police Civile brésilienne investigue actuellement le dossier sous l’angle du féminicide, catégorie qui désigne les crimes visant les femmes en raison de leur genre.

Mais une autre piste, bien plus troublante, est également étudiée par les enquêteurs. Il s’agit du homicide vicario, une qualification juridique récente au Brésil.

Cette notion désigne le meurtre d’un enfant commis dans le but précis de punir sa mère, une forme de vengeance indirecte particulièrement redoutée par les autorités locales. Des affaires similaires ont déjà secoué d’autres pays, comme cette mère tuée avec ses deux filles au Canada.

La commissaire chargée de l’enquête, Dieli Caumo, a tenu à nuancer les choses publiquement. Elle n’écarte pas cette hypothèse du homicide vicario, mais insiste sur le fait que la piste du féminicide reste, à ce stade, la principale direction suivie par les enquêteurs.

Ce type de crime, où l’enfant devient l’instrument d’une vengeance conjugale, rappelle d’autres affaires tragiques survenues en France, comme ce père qui a tué son fils à Nice avant d’envoyer une photo à son ex. Reste à savoir ce que révélera la suite de l’enquête sur les véritables motivations de Wagno Arezi Henika.

Une adolescente pleine de vie, adieux d’une communauté entière

Alice a été enterrée mardi au cimetière communautaire Jardim do Trabalhador d’Encantado, dans une émotion collective palpable. Son entourage n’a pas tari d’éloges sur celle qu’elle était.

« Tout le monde présent sait à quel point elle était spéciale. Toujours souriante. Elle va nous manquer énormément, c’est impossible à imaginer », a confié Gian Marcos Dutra lors des obsèques.

À l’école, Alice était reconnue pour sa sensibilité artistique. Elle récitait de la poésie et faisait partie du groupe de danse traditionnelle de son établissement, baptisé Oigalê.

« Tout ce qu’elle touchait devenait très spécial. Elle était toujours partante, avec un sourire, pleine de vitalité », a témoigné Karina Belotti Cenci, sous-directrice de son école.

Alice jouait aussi au futsal dans un club local, le Fênix FC Futsal Feminino. L’équipe a publié un message bouleversant sur les réseaux sociaux après l’annonce du drame.

« Aujourd’hui le terrain est resté silencieux et nos cœurs se sont remplis d’une tristesse immense. Perdre une joueuse, et surtout une coéquipière, une associée et une amie, ça fait mal d’une manière que les mots ne peuvent pas exprimer », ont-ils écrit.

L’enquête se poursuit désormais à Lajeado, où Henika est détenu, pour déterminer précisément les circonstances et les motivations exactes derrière ce meurtre qui a bouleversé toute une ville brésilienne.

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