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34 ans après leur disparition dans les Alpes, deux alpinistes belges retrouvés grâce à la fonte d’un glacier

Publié par Cassandre le 19 Août 2026 à 15:50
Glacier alpin fissuré révélant des formes sombres sous la glace

C’est une découverte que personne n’attendait plus. Il y a 34 ans, deux alpinistes belges partaient en montagne en Suisse et ne sont jamais revenus. Leurs proches ont vécu des décennies sans réponse, sans corps à enterrer, sans certitude. Ce que la fonte d’un glacier vient de révéler dans le canton du Valais va enfin refermer ce dossier vieux de plus de trois décennies.

Une disparition vieille de 34 ans dans les Alpes suisses

Retour en 1992. Deux hommes de 39 et 41 ans, tous deux de nationalité belge, s’aventurent dans la région du Weissmies, un sommet emblématique du Valais, proche de la frontière italienne. Ils ne redescendront jamais. Aucune trace, aucun indice pendant plus de trois décennies.

Ce genre de disparition en haute montagne n’a rien d’isolé. La police cantonale du Valais tient d’ailleurs une liste de personnes portées disparues qui remonte à 1925, la plupart en haute altitude ou dans des cours d’eau. Un registre glaçant qui illustre à quel point la montagne peut engloutir des vies sans laisser de traces, parfois pour des générations entières.

Ce silence prolongé n’est pas propre à la Suisse : d’autres affaires non résolues traversent parfois des décennies avant qu’un élément inattendu ne relance tout. Ici, l’élément inattendu, c’est la nature elle-même qui a fini par parler, des années après que les recherches humaines eurent été abandonnées, comme le rappelle régulièrement l’actualité scientifique sur les effets du temps long.

La fonte du glacier du Trift révèle les corps

Le 26 juillet, un randonneur tombe sur deux dépouilles sur le glacier du Trift, dans le sud de la Suisse. Le glacier, en recul depuis des années, vient de libérer ce qu’il retenait prisonnier depuis trois décennies. Les corps sont immédiatement transférés vers l’Institut de médecine légale de l’hôpital du Valais, à Sion, pour être identifiés.

La police cantonale du Valais confirme, dans un communiqué diffusé mercredi, que la comparaison des profils ADN a permis d’établir formellement l’identité des deux hommes. Il s’agit bien des deux alpinistes belges portés disparus depuis 1992 dans le secteur du Weissmies. Un dénouement scientifique, sobre, mais qui met fin à 34 années d’incertitude pour leurs familles.

Ce phénomène, lié directement au recul des glaciers, n’a rien d’anecdotique en Suisse. Il s’inscrit dans une tendance plus large où le réchauffement climatique agit comme un révélateur macabre du passé, un sujet qui rejoint des interrogations plus vastes sur les bouleversements environnementaux à venir.

Sauveteur en montagne au regard grave près d'un glacier

Un phénomène qui se répète avec le recul des glaciers

Ce n’est pas un cas isolé, loin de là. L’histoire récente regorge d’exemples similaires : à mesure que les glaciers reculent sous l’effet du réchauffement, ils libèrent régulièrement des corps disparus depuis des décennies, comme des capsules temporelles glacées qui refont surface au pire moment pour la mémoire collective, et au meilleur pour les familles en quête de vérité.

L’an dernier déjà, les ossements d’un alpiniste disparu en 1994 avaient été retrouvés dans le massif de l’Obergabelhorn, non loin de Zermatt, toujours dans le canton du Valais. Un précédent qui montre que ce type de découverte tend à se multiplier ces dernières années, à mesure que la fonte s’accélère sur l’ensemble des massifs alpins.

Pour les autorités valaisannes, chaque nouveau glacier qui recule est potentiellement une piste de résolution pour un dossier resté ouvert pendant des générations. Un paradoxe amer : le réchauffement climatique, catastrophe environnementale, devient malgré lui l’auxiliaire involontaire d’enquêtes judiciaires figées depuis des décennies dans la glace du Valais.

Trente-quatre ans de silence, et c’est finalement la montagne qui a fini par tout dire. Reste une question qui plane sur chaque massif alpin en recul : combien d’autres disparus attendent encore, quelque part sous la glace, que le climat les rende à leurs proches ?

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