Argentine : il meurt frappé par une pierre en pleine célébration de la victoire face à l’Égypte

Une victoire de l’Albiceleste, des rues noires de monde, un maillot sur le dos et un drapeau flottant derrière lui. Franco Depauli avait tout d’un supporter heureux ce mardi après-midi, à Cañuelas, dans la banlieue de Buenos Aires.
Quelques minutes plus tard, il était mort. Une pierre lancée au hasard, en marge d’une altercation dans la foule, a suffi à transformer la fête en drame.
Une victoire fêtée dans la rue, comme des milliers d’Argentins
L’Argentine venait de battre l’Égypte 3-2 en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Une victoire arrachée, comme le raconte l’émotion de Lionel Messi après un précédent match du tournoi, où les larmes n’avaient rien à voir avec le simple résultat sportif.
À Cañuelas, employé dans une usine de céramique, Franco Depauli, 46 ans, est descendu célébrer avec des centaines d’autres habitants. Maillot albiceleste, drapeau argentin noué autour des épaules, il filme la liesse avec sa famille.
« Allez, bon sang ! Nous n’avons jamais perdu espoir », lance-t-il face à la caméra, dans une vidéo devenue depuis le dernier témoignage de sa voix. Un instant de joie collective, capté sans que personne ne se doute de ce qui allait suivre.
Ce genre de scène de liesse populaire n’est pas rare après un match de cette ampleur, mais elle peut vite déraper. La France en a déjà fait l’amère expérience avec un accident mortel lors des célébrations d’une victoire du PSG.
Le geste anodin qui a tout basculé
Sur la vidéo, Franco Depauli sort du champ de la caméra. Il se dirige vers le coffre de sa voiture, sans doute pour y chercher un objet ou ranger quelque chose.
C’est précisément à ce moment qu’une pierre le frappe en pleine tête. Le projectile n’était pas destiné à lui : il a été lancé lors d’une altercation qui a éclaté un peu plus loin, au milieu de la foule en fête.
Le quadragénaire perd connaissance sur le coup. Il est immédiatement transporté vers l’hôpital municipal Angel Marzetti, où l’équipe médicale tente l’impossible.
« Tous les protocoles ont été suivis et des tentatives de réanimation ont été effectuées pendant cinquante minutes, mais il n’y a eu aucune réponse », a expliqué le directeur de l’établissement aux médias locaux. Une bataille perdue face à ce qui ressemble, en attendant les résultats de l’autopsie, à une hémorragie interne.
Un suspect de 20 ans déjà interpellé

La police municipale de Cañuelas a ouvert une enquête pour homicide involontaire dès l’annonce du décès. Les enquêteurs se sont tournés vers les caméras de vidéosurveillance de la ville pour identifier l’auteur du jet de pierre.
Le travail a payé rapidement : un suspect de 20 ans a été arrêté dès la fin de journée, ce même mardi. Reste à déterminer les circonstances exactes de l’altercation qui a précédé le drame et le rôle précis du jeune homme dans cette chaîne d’événements tragique.
Ce type d’enquête express, rendu possible par la vidéosurveillance urbaine, rappelle d’autres affaires où les caméras ont permis d’identifier rapidement un suspect après un geste isolé aux conséquences dramatiques, comme lors d’un match de rugby ayant mal tourné.
Buenos Aires, une nuit sous tension
Pendant que le drame se jouait à Cañuelas, le centre de Buenos Aires connaissait lui aussi des débordements. La police a signalé des vols de téléphones portables, des bousculades violentes et des jets de bouteilles dans la foule des supporters.

Ces incidents ont conduit à l’arrestation de 19 personnes dans la capitale argentine. Au moins trois personnes ont été blessées lors des affrontements avec les forces de l’ordre, dans une soirée censée célébrer une qualification sportive.
Un scénario qui n’est pas isolé dans le monde du football : les grandes liesses populaires tournent parfois à l’émeute, comme cela avait été observé à Paris après une qualification du PSG en Ligue des champions, avec plus d’une centaine d’interpellations et des scènes de chaos urbain.
La mort de Franco Depauli rappelle une réalité brutale : dans une foule immense et électrique, un geste isolé peut suffire à briser une vie, sans qu’aucun lien direct n’existe avec le football lui-même. Une tragédie qui vient assombrir durablement une soirée de fête pour tout un pays.