« Armé et dangereux » : après l’attaque à la voiture-bélier de la Gay Pride de Berlin, la police diffuse la photo du suspect en fuite et lié au milieu islamiste

Une soirée de fête qui bascule en quelques secondes. Samedi 25 juillet, une voiture a foncé dans la foule en marge de la Marche des fiertés de Berlin, laissant derrière elle un mort et 16 blessés, dont 11 grièvement touchés. Le suspect, en fuite depuis les faits, vient d’être identifié par la police allemande, qui a diffusé sa photo ce dimanche matin avec une consigne glaçante : ne surtout pas l’approcher.
Une marche des fiertés endeuillée en quelques secondes
Il était près de 22 heures samedi soir quand tout a basculé. Le Christopher Street Day, la Marche des fiertés berlinoise, touchait à sa fin. Une grande partie des participants avait déjà quitté le secteur du Tiergarten, ce vaste parc boisé où se termine traditionnellement le défilé, à plusieurs centaines de mètres de la porte de Brandebourg où s’étaient tenus les concerts depuis vendredi.
C’est là, précisément dans le secteur de la Lennéstraße, qu’un véhicule utilitaire de type minivan ou petit SUV a percuté la foule à grande vitesse. Selon Dominik Pretz, porte-parole des pompiers berlinois, le bilan s’est rapidement alourdi : 17 personnes blessées, dont une décédée sur place.
Le pronostic vital reste engagé pour trois des blessés. Une trentaine de témoins, sous le choc, ont également été pris en charge sur les lieux, un peu comme dans les avertissements glaçants qui circulent régulièrement sur la sécurité en Europe.
Les organisateurs ont immédiatement interrompu les festivités et demandé aux centaines de milliers de participants de rentrer calmement chez eux.
Le maire de Berlin, Kai Wegner, s’est rendu sur place et a dénoncé sur X une attaque contre « la ville de la liberté », tandis que le chancelier Friedrich Merz promettait de « faire toute la lumière » sur cet « acte abominable », dans un climat déjà marqué par des tensions similaires observées ailleurs, comme lors de la récente explosion visant un hôtel en Syrie.
Un suspect identifié, lié au « milieu islamiste »
Le véhicule, complètement déformé par le choc, a été retrouvé abandonné dans le parc, laissant penser dans un premier temps que son conducteur s’était réfugié dans les bois. Des moyens « très importants » ont été déployés dans la nuit, avec des renforts policiers venus d’autres régions allemandes et des hélicoptères équipés de caméras à détection de chaleur.
Les recherches n’ont rien donné. Selon le porte-parole de la police Florian Nath, il fallait désormais élargir le périmètre à « toute la ville ». Un suspect a néanmoins été « identifié », sans être pour autant interpellé : un homme désigné par la police sous le nom d’Abdul B., présenté comme lié au « milieu islamiste ».
Plus de 2 200 policiers étaient déjà mobilisés depuis le matin pour sécuriser cet événement, l’un des plus grands défilés du genre en Europe, qui dépasse largement le cadre de la communauté LGBT et attire chaque année des centaines de milliers de personnes, un peu à l’image des grands rassemblements populaires qui rythment l’été, comme on peut aussi le voir avec la vague de chaleur redoutée qui pousse aussi les foules à se rassembler en soirée.
Selon les premières informations relayées par le tabloïd Bild, un homme serait sorti du véhicule juste après le choc pour prendre la fuite à pied, un scénario qui reste à confirmer officiellement par la police ou par les agences de presse comme Reuters.

La photo diffusée par la police, une consigne sans ambiguïté
Ce dimanche à 8h24, la police de Berlin a franchi une étape supplémentaire dans cette traque : elle a diffusé publiquement une image du suspect recherché, accompagnée d’un message limpide. La consigne est claire : ne pas s’approcher de cet homme, car il « pourrait être armé et dangereux ».
Une formule qui, à elle seule, résume l’ampleur du dispositif désormais déployé dans toute la capitale allemande, un contexte qui n’est pas sans rappeler les alertes sécuritaires diffusées par la police face aux menaces émergentes.
Pour l’instant, les autorités n’ont communiqué ni l’identité complète, ni la nationalité, ni les motivations précises d’Abdul B. L’enquête, confiée à des unités spécialisées, devra déterminer si l’homme a agi seul et s’il existe un lien direct entre son profil et l’attaque elle-même.
Berlin, ville connue pour la richesse de sa scène queer et de sa vie nocturne, se retrouve sous le choc au lendemain d’un rassemblement qui se voulait, selon les mots mêmes du maire Kai Wegner, « pacifique et haut en couleurs ».
La ville reste quadrillée ce dimanche, entre patrouilles renforcées et appels au calme, dans l’attente d’une interpellation qui, à cette heure, n’a toujours pas eu lieu.
Un homme activement recherché, une ville sous tension, et une communauté qui pansait déjà ses plaies avant même de connaître le nom de son agresseur : Berlin retient son souffle ce dimanche. Les prochaines heures diront si la traque aboutit, et si les zones d’ombre autour de ce drame finissent par se dissiper.