Attentat de Trappes : le suspect placé en observation psychiatrique, garde à vue levée, toxicologie positive

Vendredi, Trappes et La Verrière ont vécu une vingtaine de minutes de terreur. Depuis, l’enquête avance à toute vitesse, et dimanche, un nouveau rebondissement est tombé. La garde à vue du suspect est suspendue, ses analyses sanguines livrent un résultat précis, et un détail trouvé à son domicile inquiète les enquêteurs.
Trappes : vingt minutes de tirs, un mort et une fillette entre la vie et la mort
Le suspect, Kevin T., 39 ans, a été interpellé vendredi vers 10h20 à Coignières. Il aurait ouvert le feu à plusieurs reprises depuis sa voiture, avec un pistolet-mitrailleur de type Sten. Le parcours meurtrier aurait duré environ vingt minutes.
Le bilan est lourd. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, jeune combattant amateur de MMA, a été tué. Cinq autres personnes ont été blessées, dont une fillette de 12 ans hospitalisée à Necker dans un état grave.
Selon RTL, l’enfant aurait été touchée au foie, aux reins, aux bras et aux cuisses. Sa mère a indiqué samedi qu’elle devait subir une intervention chirurgicale.
Emmanuel Macron s’est rendu sur place vendredi soir. Il a dénoncé un « attentat terroriste raciste », estimant que le suspect avait délibérément choisi certaines victimes. Selon Le Monde, citant plusieurs sources proches du dossier, il aurait ciblé des personnes en fonction de leur couleur de peau. Comme dans cet autre drame où l’alcool et les stupéfiants étaient en cause, la question des substances s’est vite posée.
Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec circonstance aggravante liée à l’origine ou à la religion, réelle ou supposée, des victimes. Mais que contenait son sang ?
Garde à vue suspendue : ce que révèlent l’expertise et les analyses toxicologiques
Dimanche, le parquet national antiterroriste a annoncé que la garde à vue était levée « à l’issue d’un examen psychiatrique ». Conformément aux conclusions de l’expert, le suspect a été transféré à l’infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police.
Il y sera placé en observation psychiatrique pendant 48 heures environ. L’objectif est d’apprécier si son état est compatible avec la poursuite des auditions. La garde à vue est suspendue le temps de cette période.
L’analyse toxicologique a, elle, révélé « la présence de cannabis et de cocaïne dans le sang » du suspect. Le parquet ne dit pas, à ce stade, quel rôle ces substances auraient pu jouer.
Côté entourage, les gardes à vue se poursuivent. La mère du suspect, qui s’était présentée spontanément à la police, a été placée en garde à vue, sans que son éventuelle implication soit établie.
Trois proches familiaux et amicaux ont également été retenus, comme le détaille la prolongation de la garde à vue et l’arrestation de trois proches. Cette suspension de procédure rappelle, dans un tout autre registre, la place que prend l’expertise psychiatrique dans certaines affaires. Reste une découverte qui change la dimension de l’enquête.

Trois bouteilles de gaz, des fils et un minuteur : l’appartement de Plaisir piégé
Lors de la perquisition du domicile du suspect, à Plaisir, les enquêteurs ont trouvé trois bouteilles de gaz reliées à des fils électriques et à un minuteur. Ce dispositif constituait un piégeage de l’appartement.
Les démineurs et les policiers du RAID ont dû intervenir pour sécuriser les lieux. Les enquêteurs cherchent à comprendre si l’ensemble devait provoquer une explosion, et dans quelles circonstances. Cette autre affaire placée en garde à vue n’a rien à voir, mais montre la même mécanique judiciaire.
Le profil du suspect reste flou. Il était connu pour treize mentions de droit commun : vols, infractions liées aux stupéfiants, conduite sous l’emprise de l’alcool. En revanche, les services de renseignement ne l’identifiaient ni comme appartenant à une organisation terroriste, ni à une mouvance d’ultradroite.
Les investigations sont menées par la Sous-direction antiterroriste, la DGSI et la police judiciaire. Elles doivent établir s’il a agi seul, depuis quand il préparait son geste et quelle idéologie aurait pu le motiver. À ce stade, aucun lien avec une organisation ou un groupe radical n’est publiquement établi. Certaines affaires criminelles réservent des retournements que personne n’avait vus venir.
Les 48 heures d’observation diront si les auditions peuvent reprendre. Le suspect reste présumé innocent tant qu’aucune décision de justice n’est rendue. Et si vous pensiez que les débats judiciaires les plus tendus se jouaient toujours loin des tribunaux, ce témoignage glaçant livré en plein procès montre le contraire.