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« 1,80 m contre 60 cm et 7 kilos » : le calvaire du petit Kenzo, 3 mois, mort sous les coups de son père

Publié par Cassandre le 29 Juin 2026 à 6:00
Petit lit pliant pour bébé dans un studio sombre et exigu

Un bébé de 3 mois et demi, un studio de 27 mètres carrés, un père immature et des semaines de violences en crescendo. Le procès qui vient de se tenir aux assises de Seine-et-Marne a mis des mots sur l’insoutenable. Ce qui s’est passé le 17 mai 2021 à Montereau-Fault-Yonne glace le sang — et la sentence prononcée en dit long sur la gravité des faits.

Kenzo, un bébé né dans un studio où tout allait basculer

Ils formaient ce qu’on décrit comme un couple fusionnel depuis trois ans. Lui avait 30 ans, elle à peine 22. Ensemble, ils vivaient reclus dans un appartement minuscule de Montereau-Fault-Yonne, en Seine-et-Marne. Pas de travail, pas de contacts extérieurs, le RSA comme seul revenu. Leurs journées se résumaient à la télévision, aux réseaux sociaux et à la PlayStation.

En février 2021, le petit Kenzo naît. Dans ce studio de 27 m², l’arrivée du nourrisson bouleverse un équilibre déjà fragile. Il faut faire de la place, supporter les pleurs, se montrer patient. Mais ce père que tous décrivent comme un « enfant roi » et un « bon à rien » n’accepte pas cette nouvelle réalité.

Dès le retour de maternité, les crises s’enchaînent. L’avocate générale en dénombrera au moins dix en quelques semaines, réparties sur cinq scènes majeures entre avril et mai 2021. Le tout en plein confinement Covid, dans un huis clos étouffant dont personne ne sort.

La mère, elle, est décrite comme douce et attentive avec le bébé. Une proximité que Julien F., autoproclamé « bon papa pédagogue », ne supporte pas. La jalousie s’installe. Le piège se referme.

Des SMS glaçants, puis le drame du 17 mai 2021

Les gestes violents du père montent en puissance, semaine après semaine. Il attrape Kenzo par la turbulette, lui cogne la tête contre le lit pliant coincé au milieu du studio, lui balance sa tétine contre les murs, lui donne des fessées. Sa justification, prononcée lors du procès, fait froid dans le dos : « Un garçon, ça se dresse à la dure, comme un malinois. »

Ses SMS, eux, ne laissent aucune place au doute. « Il hurle de dingue, il me soûle ! J’ai envie de le balancer contre le mur ! » Des mots écrits noir sur blanc, qui présagent le pire. Et le pire arrive le 17 mai 2021.

Ce jour-là, la mère sort faire une lessive. Seul avec le bébé, Julien F. passe à l’acte lors d’une énième crise de violence. Quand les secours découvrent le petit Kenzo, son corps est couvert de bleus et d’ecchymoses. Polytraumatisé au niveau du torse, de la tête et des jambes, il présente un hématome sous-dural et une hémorragie rétinienne.

Transporté dans le coma à l’hôpital de Melun, puis transféré à l’hôpital Necker à Paris, le nourrisson décède quelques jours plus tard. Il avait 3 mois et demi. « 1,80 m contre 60 centimètres et 7 kilos », résumera l’avocate générale dans un silence de plomb.

Femme seule marchant vers l'entrée d'un palais de justice

17 ans de réclusion pour le père, un deuil éternel pour la mère

Le procès s’est tenu du mercredi 24 au vendredi 26 juin 2026 devant les assises de Seine-et-Marne. L’émotion dans la salle était palpable pendant trois jours. L’accusé, aujourd’hui âgé de 35 ans, est apparu figé, mutique, presque absent face aux juges. La mère, poursuivie pour non-dénonciation de mauvais traitements, a écouté le récit des violences en pleurant.

L’avocate de la mère, Me Scialom, s’est attachée à démontrer l’emprise exercée par Julien F. sur sa compagne. Une femme décrite comme en état de soumission et d’admiration face à un compagnon beau parleur et vantard. Son objectif : atténuer la responsabilité d’une jeune femme « perdue et soumise », et redonner une voix au petit Kenzo, mort sans défense.

L’avocate générale a requis 17 ans de réclusion criminelle assortis de 5 années de suivi socio-judiciaire pour le père, et un an avec sursis simple pour la mère. La cour a suivi ces réquisitions à la lettre. En début de soirée, Julien F. partait passer sa première nuit en prison.

La phrase de Me Scialom résonne encore après le verdict : « Sa peine, c’est son deuil. » Une sentence que cette mère de 26 ans portera toute sa vie.

Dix-sept ans derrière les barreaux pour avoir tué un être de 7 kilos qui ne savait même pas encore tenir sa tête. Ce procès rappelle une réalité insupportable : en France, un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups d’un parent. Et à chaque fois, la même question revient : qui aurait pu voir, qui aurait pu agir ?

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