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Ce petit boîtier à 20 € permet aux cambrioleurs de neutraliser toutes vos caméras en quelques secondes

Publié par Cassandre le 15 Juin 2026 à 7:19
Brouilleur d'ondes noir posé à côté d'une caméra Wi-Fi

Vous avez investi dans des caméras, une alarme dernier cri, un système relié à votre téléphone. Vous dormez tranquille. Sauf que les cambrioleurs, eux, ont pris une longueur d’avance technologique. Un petit appareil vendu une poignée d’euros sur Internet suffit désormais à rendre votre installation totalement aveugle — et vous ne recevrez même pas d’alerte.

350 000 € de vélos volés sans déclencher la moindre alarme

En août dernier, Emmanuel Lecocq, directeur d’une boutique de vélos haut de gamme à Camon, dans la Somme, découvre au petit matin que 65 vélos ont disparu pendant la nuit. Le préjudice est colossal : 350 000 euros envolés. Le plus troublant, c’est que son système de sécurité — qu’il pensait quasi inviolable — n’a strictement rien détecté.

Pas d’alarme. Pas de notification sur son téléphone. Rien. Le silence total. Emmanuel visionne alors les images de vidéosurveillance et comprend l’ampleur du problème. Les voleurs ont utilisé des brouilleurs d’ondes pour couper toutes les liaisons : GSM, Internet, caméras. Même les entreprises voisines ont été neutralisées.

Les malfaiteurs ont passé environ deux heures à « préparer le terrain » avant d’entrer dans le magasin. Ils sont passés par le toit et ont opéré pendant quatre heures à l’intérieur, protégés par la paralysie complète des systèmes de communication. Emmanuel confie être « tombé de très haut ». Il avait tout fait pour se protéger, sauf se renseigner sur ce que les criminels utilisent désormais.

Et le plus inquiétant, c’est que cette technique n’a rien d’exceptionnel. Elle se démocratise à une vitesse folle, portée par des équipements ridiculement bon marché et accessibles à n’importe qui en quelques clics.

Un brouilleur à 20 euros et une démonstration glaçante

Pour comprendre comment un tel scénario est possible, direction la Bretagne. Près de Brest, l’entreprise BZHunt, spécialisée en cybersécurité, protège bâtiments professionnels et maisons de particuliers. Leur constat est sans appel : pirater une caméra Wi-Fi est devenu un jeu d’enfant.

Killian Chevrier, ingénieur cybersécurité chez BZHunt, en fait la démonstration en direct. Il active un brouilleur, quitte son bureau — et sur l’image de la caméra, il apparaît toujours assis à sa place. La caméra ne voit plus rien de ce qui se passe réellement. L’appareil envoie un signal suffisamment puissant pour empêcher toute communication entre la caméra et le réseau.

Le prix de cet outil ? Entre 20 et 60 euros sur Internet. N’importe qui peut s’en procurer un. Voilà pourquoi les forces de l’ordre parlent désormais de cyberattaques quand ils décrivent ces cambriolages nouvelle génération. Jean-Pierre Chloez, délégué du syndicat de police Alliance des Hauts-de-France, le confirme : ce ne sont pas des petits voleurs de quartier.

Ce sont des bandes organisées, structurées, qui travaillent sur commande. Le butin part souvent à l’étranger. Et ces équipes ne se contentent pas de brouiller les ondes. Elles utilisent aussi une autre technologie pour repérer leurs cibles à distance, sans jamais être vues.

Agriculteur inquiet scrutant le ciel depuis sa cour de ferme

Drones de repérage et la seule parade qui fonctionne encore

Autre technique redoutable : le drone. Thibault, agriculteur à la frontière franco-belge, en a fait les frais. Un jour, en travaillant dans son jardin, il repère un drone qui survole son exploitation à plusieurs reprises. Il pense à des enfants qui s’amusent. C’étaient des voleurs.

La nuit suivante, les cambrioleurs — qui avaient cartographié toutes les entrées grâce au survol — dérobent écrans et GPS dans trois tracteurs. Préjudice : 20 000 euros. Thibault explique que la méthode est redoutablement efficace : les voleurs se garent à 2 kilomètres, envoient un drone discret qui vole très haut, et le repérage est bouclé en quelques minutes.

Alors, face à ces technologies, comment se protéger ? Killian Chevrier livre un conseil crucial : abandonner le Wi-Fi pour vos caméras de surveillance. La connexion sans fil est certes moins chère et plus simple à installer, mais elle est infiniment plus vulnérable aux brouilleurs. La solution, c’est le câble filaire, avec un passage invisible et inaccessible depuis l’extérieur.

Un brouilleur peut tuer un signal Wi-Fi. Il ne peut rien contre un fil enterré dans un mur.

Moralité : votre alarme dernier cri ne vaut que ce que vaut son maillon le plus faible. Et en 2026, ce maillon, c’est le Wi-Fi. Avant de dormir sur vos deux oreilles, peut-être vérifier comment vos caméras communiquent — parce que les cambrioleurs, eux, le savent déjà.

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