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Morbihan : une buse attaque deux passants le même jour au même endroit — « J’ai eu la peur de ma vie »

Publié par Cassandre le 14 Juin 2026 à 10:13

Mercredi 10 juin, deux habitants du Morbihan ont vécu la même mésaventure à quelques heures d’intervalle. Une marcheuse puis un joggeur ont été pris pour cible par une buse variable sur la même portion de route, à Saint-Allouestre. L’oiseau, dont l’envergure peut atteindre 1,30 mètre, a frôlé des têtes, griffé un crâne et semé la panique dans tout le secteur.

« Elle venait de face, les ailes tellement grandes »

Karminda Corbel connaît bien les routes de Saint-Allouestre. Cette habitante les arpente régulièrement lors de ses promenades. Mais mercredi matin, au croisement de Kermelin et de la route de Châteaubriand, sa balade a viré au cauchemar.

Une marcheuse attaquée par une buse en Bretagne

Un rapace a fondu sur elle de face, à plusieurs reprises. « J’ai eu la peur de ma vie. Je la voyais m’attaquer de face », raconte-t-elle. L’oiseau passait à quelques centimètres de sa tête, frôlait ses cheveux, puis repartait pour revenir à la charge.

Impossible de lui échapper. « J’avais beau me baisser, elle revenait toujours à l’attaque entre deux voitures qui passaient. J’étais complètement affolée. » Les assauts se sont poursuivis jusqu’à proximité du pont de la quatre voies.

Ce n’est pas la première fois que Karminda croise la route d’un rapace agressif. Il y a deux ou trois ans, elle avait déjà été attaquée par une buse, mais par-derrière. Cette fois, l’oiseau arrivait de face. Ce qui rend l’expérience bien plus impressionnante.

Résultat : trop choquée pour rentrer à pied, elle a appelé son mari pour qu’il vienne la chercher en voiture. Quelques heures plus tard, la buse allait frapper de nouveau — et cette fois, elle allait laisser des traces.

Un joggeur griffé au crâne quelques heures après

Vers midi, un coureur originaire de Bignan emprunte la même route de Châteaubriand. Il ressent soudain un choc violent à l’arrière du crâne. « Il nous a expliqué qu’il a d’abord cru qu’une pomme de pin lui était tombée sur la tête », raconte Mickaël Le Trou, un riverain qui lui a porté secours.

Un joggeur blessé au crâne par un rapace

Sauf que ce n’était pas une pomme de pin. Le rapace est revenu immédiatement à l’assaut. Contrairement à la marcheuse du matin, le joggeur a été attaqué exclusivement par-derrière, sans jamais voir l’oiseau arriver.

Surpris et blessé, il a trouvé refuge chez des habitants du secteur. « Il avait plusieurs griffures au niveau du cuir chevelu et saignait bien à la tête », décrit Mickaël. Le coureur a ensuite contacté son épouse, qui est venue le récupérer.

Deux agressions, le même jour, quasiment au même endroit. Pour les spécialistes, cette coïncidence n’en est pas vraiment une. Mais avant de comprendre pourquoi, il faut savoir ce qui se passe en ce moment même dans les arbres du secteur.

Pourquoi cette buse est aussi agressive en ce moment

La réponse tient en un mot : la nidification. De nombreux oiseaux deviennent territoriaux au printemps, et la buse variable ne fait pas exception. Sa période de reproduction s’étend principalement d’avril à juillet, avec des jeunes qui quittent le nid entre fin juin et juillet.

Durant cette fenêtre, les adultes deviennent des parents redoutables. Tout intrus qui s’approche du nid est perçu comme une menace. Et quand on pèse moins d’un kilo face à un promeneur, la meilleure défense reste l’attaque.

La buse ne cherche pas à se nourrir d’un être humain. Son objectif est uniquement de l’éloigner de son territoire. Les assauts consistent en des piqués d’intimidation, parfois accompagnés de coups de serres ou de contacts avec les ailes.

Détail intéressant : les joggeurs et les cyclistes sont les cibles privilégiées. Leurs déplacements rapides attirent davantage l’attention du rapace que la marche tranquille. Ce qui explique peut-être pourquoi le coureur a été griffé alors que la marcheuse a surtout été frôlée.

Le fait que les deux agressions se soient produites au même endroit confirme la présence quasi certaine d’un nid à proximité. Les buses installent leur aire dans un grand arbre, souvent près d’une lisière, à plusieurs mètres de hauteur, ce qui rend le repérage difficile depuis le sol. Et dans ce quartier, les signes ne manquent pas.

Un quartier sous surveillance aérienne

Depuis les deux attaques, l’inquiétude monte parmi les riverains de Kermelin. Mickaël Le Trou affirme observer régulièrement deux ou trois buses tournoyer au-dessus de sa maison. « On n’avait jamais connu ça auparavant », confie le couple.

Des buses tournoyant au-dessus d'une maison rurale

La présence d’animaux domestiques dans les jardins alimente les interrogations. Plusieurs habitants pratiquent aussi des activités en extérieur — jardinage, course à pied, promenade — qui les exposent à d’éventuelles rencontres. Et quand on sait que déranger des oiseaux nicheurs est interdit par la loi, la situation devient un vrai casse-tête.

Car la buse variable est une espèce protégée en France. Il est strictement interdit de détruire son nid ou de s’en prendre à l’animal, même après une agression. Toute intervention doit passer par les autorités compétentes.

Face à ce type de situation, les spécialistes recommandent de quitter calmement la zone sans chercher à effrayer ou à blesser l’oiseau. En cas d’attaques répétées, les habitants peuvent signaler la situation à la mairie, à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ou à l’Office français de la biodiversité (OFB).

La bonne nouvelle, c’est que ces comportements sont temporaires. Une fois les jeunes devenus autonomes et ayant quitté le nid — généralement courant juillet —, les buses cessent de défendre leur territoire avec autant d’acharnement. Les confrontations entre animaux sauvages et humains restent rares, mais elles rappellent que la cohabitation avec la faune locale demande parfois quelques précautions.

En attendant, les habitants de Saint-Allouestre ont un conseil simple à suivre : éviter le croisement de Kermelin pendant quelques semaines. Et lever les yeux avant de chausser les baskets.

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