« Je voulais qu’elle se taise, je l’ai attrapée par le cou et j’ai serré » : les aveux glaçants de Cédric Jubillar
Cinq ans après la disparition de Delphine Jubillar, l’affaire connaît un tournant que personne n’attendait vraiment. Le principal suspect a longtemps clamé son innocence, refusant tout aveu malgré les soupçons qui pesaient sur lui depuis décembre 2020. Le 15 juillet, tout a changé dans le bureau d’une magistrate toulousaine, avec des mots qui glacent le sang et une version des faits jusqu’ici inconnue.

Une nuit qui hante l’enquête depuis 2020
Tout commence dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines. Delphine Jubillar disparaît sans laisser de trace, et son mari devient très vite le suspect numéro un de cette affaire qui va secouer la France entière. Pendant des années, l’enquête patine, sans corps, sans aveu, sans certitude absolue sur le déroulé exact des événements.
Les témoignages s’accumulent pourtant. Le fils du couple, Louis, décrit un début d’altercation entre ses parents cette nuit-là. Deux voisines racontent avoir entendu les cris de terreur d’une femme, un détail glaçant qui alimente depuis longtemps les soupçons des enquêteurs. L’accusation situe la scène vers 23 heures, sur la base de ces éléments concordants.
Mais le 15 juillet, dans le bureau de Valérie Noël, conseillère à la cour d’appel de Toulouse, Cédric Jubillar bouleverse ce récit établi depuis cinq ans. Il ne conteste plus les faits : il les reconnaît, tout en livrant une chronologie légèrement différente de celle retenue jusqu’ici par la justice, comme le révèle Le Parisien qui a pu consulter le procès-verbal de cet interrogatoire décisif.
« Je reconnais être l’auteur de la disparition de mon épouse »
La phrase tombe sans détour dès le début de l’audition. « Je reconnais les faits, je reconnais être l’auteur de la disparition de mon épouse », déclare Cédric Jubillar à la magistrate, mettant fin à des années de dénégations répétées devant les enquêteurs et la presse.
Il replace ensuite les événements dans leur contexte immédiat. « Ça s’est passé dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Je me suis couché vers 22h30 ; le petit et Delphine sont venus me faire un câlin dans mon lit ; je me suis endormi », raconte-t-il, avant d’évoquer des nuits de sommeil difficiles à cette période de sa vie.
« Je dormais mal depuis quelque temps, je me réveillais souvent la nuit et j’allais fumer une cigarette pour me détendre car j’étais stressé », précise-t-il encore à la magistrate. Un détail personnel qui, selon lui, éclaire le climat tendu de cette soirée particulière au sein du couple.
C’est à ce moment précis du récit que Cédric Jubillar situe ce qu’il présente comme le point de bascule. Selon sa version, l’affrontement avec Delphine n’a pas eu lieu vers 23 heures, comme le soutient l’accusation depuis le début de cette enquête hors norme, mais environ deux heures plus tard dans la nuit.

Le geste qu’il décrit sans détour à la magistrate
C’est dans cette partie de l’audition que Cédric Jubillar livre les mots qui donnent tout son poids à cette confession tardive. Il décrit une dispute qui dégénère brutalement, un échange de reproches qui monte en intensité entre les deux époux ce soir-là.
« Je voulais qu’elle se taise, je l’ai attrapée par le cou et j’ai serré », confie-t-il à la magistrate, selon les propos rapportés dans le procès-verbal consulté par Le Parisien. Une phrase brute, sans fioriture, qui décrit un geste d’une violence irréversible.
Ce récit vient combler un vide que l’enquête n’avait jamais réussi à documenter directement : le moment exact où la vie de Delphine Jubillar a basculé cette nuit-là. Jusqu’à présent, seuls des indices indirects, des témoignages de proches et des traces numériques permettaient de reconstituer les événements, sans confession explicite du principal mis en cause.
L’écart temporel qu’il évoque, ces presque deux heures de différence avec la version retenue par l’accusation, reste à ce stade difficile à expliquer totalement.
Il pourrait s’agir d’une reconstruction imprécise de sa mémoire cinq ans après les faits, ou d’un élément que la justice devra encore éclaircir dans la suite de la procédure.
L’instruction se poursuit désormais sur ces nouvelles bases, avec un accusé qui, pour la première fois, ne nie plus les faits eux-mêmes.
Cinq ans de silence, puis une phrase qui referme brutalement le mystère : voilà ce que retiendra cette affaire hors norme. Reste une question que l’instruction devra encore trancher : pourquoi cet écart de deux heures entre son récit et celui de l’accusation ?