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« C’était irrespirable » : ce détail glaçant explique pourquoi les chiens de chasse n’ont jamais senti Delphine Jubillar

Publié par Cassandre le 19 Août 2026 à 9:37
« C'était irrespirable » : ce détail glaçant explique pourquoi les chiens de chasse n'ont jamais senti Delphine Jubillar

Un champ ordinaire, traversé cinq ou six fois par saison depuis des années. Sauf que ce terrain de Mailhoc, dans le Tarn, cachait sous un tas de fumier ce que toute la France cherchait depuis près de six ans. Des chasseurs racontent aujourd’hui comment leurs chiens sont passés à quelques mètres du corps sans jamais réagir, et l’explication tient en un mot : irrespirable.

Un champ que les chasseurs connaissaient par cœur

La découverte des ossements de Delphine Jubillar, en juillet dernier, a relancé une affaire qui hante la France depuis la nuit du 15 au 16 décembre 2020. L’infirmière avait disparu sans laisser de trace près de son domicile de Cagnac-les-Mines, provoquant l’une des enquêtes les plus suivies de ces dernières années.

Ses restes ont finalement été retrouvés à quelques kilomètres seulement, dans une parcelle agricole que les chasseurs du secteur arpentaient régulièrement. Laurent Fournials, président de la société de chasse de Mailhoc, ne décolère pas depuis qu’il a appris la nouvelle. Interrogé par La Dépêche du Midi ce jeudi 13 août 2026, il confie que son association traversait ce champ cinq ou six fois par saison, sans jamais rien remarquer.

« On est passés devant ce tas de fumier pendant des années sans rien voir », lâche-t-il, encore sous le choc. Une proximité qui nourrit désormais une question obsédante : comment tant de chiens dressés pour flairer le gibier ont-ils pu ne jamais donner l’alerte, dans une région où les battues se multiplient chaque hiver comme lors des traditions rurales transmises de génération en génération ?

Pourquoi les chiens n’ont jamais rien senti

La première explication tient à la nature même des animaux utilisés lors de ces sorties. Les chiens de chasse ne sont pas entraînés pour rechercher des dépouilles humaines, mais pour traquer du gibier vivant, un réflexe totalement différent de celui des unités cynophiles spécialisées.

« Une dépouille enterrée sous près de deux mètres de fumier ou de terreau, nos chiens ne peuvent pas la sentir. Ils sont dressés pour le gibier vivant », résume Laurent Fournials. La profondeur d’ensevelissement aurait donc suffi, à elle seule, à rendre toute détection quasiment impossible, même pour des animaux passant juste à côté.

Mais un second élément, plus troublant encore, éclaire ce mystère. Marius Vieules, président de la société de chasse voisine de Villeneuve-sur-Vère, se souvient parfaitement de l’atmosphère qui régnait autour de ce tas de fumier. Une odeur si puissante qu’elle rendait toute présence prolongée impossible, un peu comme certaines nuisances d’un autre temps qu’on croyait disparues.

« À côté du fumier, c’était irrespirable. Une odeur très forte. Franchement, personne ne restait là plus de quelques minutes », raconte-t-il. Cette puanteur agricole aurait littéralement masqué toute trace olfactive, empêchant les chiens comme les hommes de soupçonner quoi que ce soit sous leurs pieds.

« C'était irrespirable » : ce détail glaçant explique pourquoi les chiens de chasse n'ont jamais senti Delphine Jubillar

« On s’est dit : elle était sous nos yeux »

Le choc a été violent quand les deux hommes ont vu les images à la télévision, un traumatisme comparable à ces révélations qui bouleversent une communauté entière du jour au lendemain. Laurent Fournials décrit deux nuits blanches, incapable de digérer ce que sa mémoire venait de reconstruire malgré lui.

« Avec ma femme, quand on a vu les images à la télévision, on n’en a pas dormi pendant deux jours. On s’est dit : ‘Merde… elle était sous nos yeux depuis tout ce temps’ », confie-t-il, la voix encore marquée par l’émotion. Ce terrain autrefois anodin, il assure ne plus pouvoir le regarder de la même façon.

Marius Vieules partage exactement le même vertige rétrospectif. Ses propres chiens fréquentaient eux aussi cette parcelle lorsqu’ils poursuivaient un animal en fuite, à quelques mètres à peine du tas fatal. « On passait devant régulièrement. Alors forcément, on se dit que sur un malentendu, on aurait pu la trouver », résume-t-il, encore habité par cette idée.

Pour toute la communauté de chasseurs de Mailhoc et des environs, ce champ ne sera plus jamais un lieu banal. L’affaire Jubillar, déjà scrutée dans ses moindres détails par La Dépêche du Midi, vient de s’enrichir d’un chapitre aussi sordide que révélateur des limites du hasard.

Deux mètres de fumier auront suffi à déjouer des années de battues, des dizaines de chiens et l’instinct de chasseurs aguerris. Une leçon glaçante sur tout ce qu’un simple tas peut dissimuler, et sur la fragilité de nos certitudes face à la nature. Combien d’autres secrets nos campagnes gardent-elles encore, sous des apparences aussi ordinaires ?

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