Clavicular, star du « looksmaxxing » en ligne, inculpé pour viol et soumission chimique

Il s’est fait connaître en filmant chaque excès de sa vie en direct, du bistouri à la fusillade improvisée. Aujourd’hui, c’est un tout autre genre de dossier qui rattrape le streamer Clavicular. Selon des documents judiciaires obtenus par The Bulwark, il fait face à des accusations autrement plus graves que ses précédents dérapages filmés.
Qui est ce streamer qui cultive l’excès depuis des mois
De son vrai nom Braden Peters, ce jeune homme de 20 ans s’est bâti une notoriété sur le looksmaxxing, cette tendance qui pousse des hommes à multiplier les techniques, parfois extrêmes, pour sculpter leur apparence. Il affirme notamment avoir pratiqué le bone-smashing, une méthode censée redessiner les pommettes à coups répétés, et a diffusé en direct une opération du nez.
Son compte cumule les polémiques bien avant cette nouvelle affaire. Plus tôt dans l’année, il avait été poursuivi pour avoir tiré sur un alligator lors d’un live dans les Everglades, un épisode qui rappelle à quel point certains contenus viraux flirtent avec le danger pour l’audience. Il avait plaidé non contesté et écopé de six mois de probation, son avocat assurant qu’aucun animal ni humain n’avait été blessé.
Quelques semaines auparavant, Clavicular avait aussi été hospitalisé après une overdose suspectée, en plein direct. Sur X, il avait écrit avoir vécu une soirée « brutale », évoquant des substances prises pour « se sentir neurotypique en public ». Ce genre de dérive, filmée et monétisée, interroge sur ce que les plateformes laissent circuler, un sujet qui touche aussi la modération des contenus sensibles en ligne.
Les charges déposées contre lui dans le Massachusetts
C’est dans le Massachusetts que le dossier a pris une nouvelle tournure. Des procureurs de la région du Cape Cod ont déposé, le 8 septembre, plusieurs chefs d’accusation contre le streamer : un chef de viol, un chef de soumission d’une personne à des drogues en vue de rapports sexuels, et un chef de fourniture d’alcool à une personne mineure de moins de 21 ans.
Les documents consultés par The Bulwark situent les faits présumés au 23 mai 2025. À ce stade, les circonstances précises de cette soirée restent floues, et aucune version détaillée des événements n’a été rendue publique. Une affaire qui rappelle, par sa lenteur judiciaire, d’autres dossiers relancés des années après les faits, comme celui de Xavier Dupont de Ligonnès, où chaque nouvel élément rebat les cartes.
Une audience d’inculpation, appelée arraignment, est prévue pour le 14 octobre. C’est à cette date que Clavicular devrait officiellement répondre des faits qui lui sont reprochés devant la justice américaine, un passage obligé avant toute suite de la procédure.

Ce que dit son entourage, et ce qui reste à trancher
Face à ces accusations, le dépôt de plaintes formelles ne signifie pas condamnation. Mitchell Jackson, représentant du streamer, a affirmé à LADbible que Clavicular n’a « pas été physiquement notifié » d’un mandat d’arrêt. Il conteste ainsi la manière dont l’affaire a été présentée.
Interrogé par The Hollywood Reporter, ce même représentant a été plus tranchant, accusant The Bulwark d’« exagérer le statut de l’affaire pour générer du trafic ». Une défense qui, pour l’instant, ne conteste pas l’existence des charges elles-mêmes, mais leur mise en scène médiatique.
À ce stade de la procédure, Clavicular bénéficie évidemment de la présomption d’innocence, et rien ne permet d’affirmer sa culpabilité tant qu’un tribunal ne s’est pas prononcé. L’affaire s’ajoute néanmoins à une liste déjà longue d’incidents qui interrogent sur ce qu’un public accepte de regarder, un phénomène qui n’est pas sans rappeler d’autres dérives numériques suivies de près par la justice.
Entre un alligator, une overdose filmée et désormais une inculpation pour viol, la trajectoire de Clavicular illustre jusqu’où peut aller un contenu pensé pour choquer. L’audience du 14 octobre dira si cette fois, les caméras ne suffiront pas à faire diversion.