« Je veux qu’il meure » : cette coiffeuse américaine engage un tueur trouvé sur Tinder pour son ex policier et sa fille de 19 ans

Une histoire d’amour qui tourne mal, un profil Tinder, et un contrat qui aurait dû rester secret. Aux États-Unis, une jeune femme de 28 ans est accusée d’avoir voulu faire assassiner son ex-compagnon, policier de profession, ainsi que sa fille adolescente. Ce que révèle l’enquête fédérale sur la façon dont tout a failli basculer donne le vertige.
Une rupture qui vire au cauchemar dans le New Jersey
Jaclyn Diiorio, coiffeuse de 28 ans, a été inculpée le 3 septembre par la justice fédérale américaine. Elle est visée par deux chefs d’accusation pour avoir tenté de commanditer un meurtre en utilisant les moyens de communication interétatiques, selon le Department of Justice.
La cible ? Son ex-compagnon, Matthew O’Hanlon, policier à Philadelphie, mais aussi sa fille de 19 ans. Un double assassinat commandé alors que le couple s’était séparé depuis un mois à peine. De quoi rappeler d’autres affaires où la rupture amoureuse tourne à l’obsession, comme cette découverte glaçante avant un mariage qui avait aussi bouleversé une vie du jour au lendemain.
Selon l’acte d’accusation déposé devant le tribunal fédéral du district Est de Pennsylvanie, Diiorio aurait échangé plusieurs appels et messages avec un informateur confidentiel entre le 31 mars et le 3 avril, période durant laquelle elle aurait clairement exprimé son souhait de voir son ex-compagnon mort, précisant qu’il était policier. Un enchaînement d’événements aussi rapide qu’inquiétant, digne des affaires les plus troublantes suivies de près par la presse.
Un rendez-vous chez Wawa et 500 dollars en liquide
C’est sur Tinder que Diiorio rencontre celui qu’elle croit être un véritable tueur à gages. Il s’agit en réalité d’un informateur qui collabore avec les enquêteurs du comté de Camden. Les deux se donnent d’abord rendez-vous dans une supérette Wawa à Runnemede, le 31 mars.
Quelques jours plus tard, le 4 avril, nouvelle rencontre, cette fois dans un magasin Dollar General. Diiorio remet alors 500 dollars en acompte et promet de verser environ 12 000 dollars au total, en plusieurs versements, pour que le contrat soit exécuté. Un montant qui donne la mesure de la détermination de la jeune femme, malgré l’issue rocambolesque de l’histoire.
Ce n’était d’ailleurs pas sa première tentative. Selon le Philadelphia Inquirer, Diiorio aurait déjà été victime d’arnaques par le passé, des individus lui ayant fourni de « fausses photos » censées prouver qu’un premier contrat avait été rempli. Une spirale qui rappelle à quel point certaines obsessions peuvent mener à des décisions irréversibles quand elles ne sont pas stoppées à temps.

L’informateur donne l’alerte, la police intervient in extremis
Ce qui a tout fait basculer, c’est la décision de l’informateur de prévenir les autorités plutôt que d’empocher l’argent. Les détectives du comté de Camden ont alors contacté la police de Philadelphie pour alerter les futures victimes potentielles, avant que le pire ne se produise.
Diiorio est arrêtée en avril à Gloucester Township par une équipe spéciale d’intervention. Les policiers découvrent sur elle un flacon non étiqueté contenant ce qui est suspecté être de l’alprazolam, un anxiolytique. Elle est alors poursuivie pour tentative de meurtre au premier degré, conspiration et détention de substance contrôlée.
Depuis l’inculpation fédérale, les charges du comté ont été abandonnées : c’est désormais la justice fédérale qui traite l’affaire. Diiorio est actuellement en détention, et une audience est prévue devant la juge Scott W. Reid. Son avocat, Robert Gamburg, a annoncé qu’elle plaiderait non coupable, selon le Philadelphia Inquirer.
Il affirme aussi que l’informateur était un « opérateur isolé » désespéré d’argent, dont les échanges n’auraient pas été surveillés pendant plusieurs jours cruciaux. Diiorio encourt jusqu’à 20 ans de prison fédérale si elle est reconnue coupable.
Une rencontre Tinder, un acompte en liquide, et une vie presque brisée : cette affaire rappelle qu’un simple like peut parfois précéder l’irréparable. Reste une question qui plane sur toute la procédure : que se serait-il passé si l’informateur avait choisi de garder le silence ?