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Une mère morte depuis 4 ans attend toujours ses obsèques : « Elle mérite bien mieux »

Publié par Cassandre le 16 Août 2026 à 9:18
Une mère morte depuis 4 ans attend toujours ses obsèques : « Elle mérite bien mieux »

Laura Collins adorait la musique, les grandes tablées caribéennes et les fêtes qui duraient jusqu’au bout de la nuit. Une femme lumineuse, disent ceux qui l’ont connue à Londres. Elle est morte en 2022. Depuis, son corps attend dans un tiroir métallique.

Quatre ans. C’est le temps qu’il aura fallu attendre pour que sa dépouille soit enfin mise en terre. Pas à cause d’un imprévu administratif, mais à cause d’un conflit familial qui a déchiré ses cinq enfants.

Une mère qui a tout donné, jusqu’au bout

Laura Collins avait 77 ans quand elle est décédée à l’hôpital Charing Cross, à Londres, le 29 juillet 2022. Six mois plus tôt, elle avait contracté le Covid.

Née à Carriacou, une petite île des Caraïbes, elle était arrivée au Royaume-Uni à 21 ans pour un mariage arrangé. Pendant des décennies, elle a cumulé trois emplois pour élever ses cinq enfants, sans jamais vraiment prendre de vacances.

« Elle était la femme la plus incroyable. Si forte, si pleine de lumière. Partout où elle allait, elle rendait tout plus lumineux », raconte Michael, 48 ans, son quatrième enfant. « La vie a été dure pour elle. Mais elle apportait de la joie. Et elle mérite bien mieux que ça. »

Le début d’un cauchemar administratif et familial

À son arrivée à l’hôpital en janvier 2022, en pleine restriction sanitaire, ses enfants n’ont pas pu lui rendre visite immédiatement. Quand ils ont enfin pu la voir, elle était sous respirateur, sans réaction. Les médecins ont évoqué des lésions cérébrales irréversibles.

C’est là que les premières fissures sont apparues dans la fratrie. Michael, Clint et Cheryl voulaient la laisser partir en paix. Joan et Godfrey, les deux aînés, ont refusé pendant des mois.

Un juge a finalement tranché : le respirateur devait être débranché, après une période de deux semaines d’observation. Laura a respiré seule pendant 24 heures avant de s’éteindre, le 29 juillet 2022 à 7 heures du matin.

Homme épuisé assis seul dans un couloir d'hôpital

Quand l’organisation des obsèques devient un champ de bataille

Après sa mort, Michael, Clint et Cheryl ont laissé de l’espace à Joan et Godfrey, qui semblaient prendre les choses en main. « Ils nous disaient juste : on s’en occupe, ne vous inquiétez pas », se souvient Michael.

Sauf que rien ne s’est passé. Les semaines sont devenues des mois, puis des années. Joan et Godfrey ont évoqué un rapatriement du corps à Carriacou, puis ont envisagé de poursuivre l’hôpital pour négligence — retardant chaque fois un peu plus les funérailles.

Pire : ils ont déplacé le corps de Laura à deux reprises vers d’autres entreprises de pompes funèbres, sans en informer leurs cadets. Michael a dû jouer les détectives pour retrouver où reposait sa mère, jusqu’à Leyton, à l’autre bout de Londres.

Plus d’un an après le décès, Michael a découvert que la famille de Laura restée à Carriacou n’avait même pas été prévenue. « J’ai dû tous les appeler pour leur expliquer qu’elle était morte depuis longtemps », confie-t-il.

Ce que révèle vraiment cette guerre familiale

Michael assure que l’argent n’était pas le vrai motif. Laura est morte sans testament, laissant une maison à Londres estimée à 725 000 livres, dans laquelle Joan avait toujours vécu.

Pour Michael, ses deux aînés étaient bloqués dans le déni et le chagrin, cherchant une forme de justice contre l’hôpital plutôt qu’à faire le deuil. « Ils faisaient passer leurs émotions avant les volontés de notre mère », dit-il.

Épuisé par des années de messages sans réponse et de mensonges répétés, Michael a fini par saisir la Haute Cour de Londres en février dernier, avec l’aide d’une avocate. Une décision qui a coûté des dizaines de milliers de livres, mais qui semblait être la seule issue possible.

Homme quittant les marches d'un tribunal londonien

Le verdict qui met enfin fin à l’attente

La juge Karen Shuman a rendu son jugement le mois dernier. Elle a désigné Joan et Godfrey comme responsables de ce retard « choquant » et les a condamnés à payer 53 322 livres de frais de justice, plus 5 500 livres de frais de stockage du corps.

Fait rare : la magistrate a confié à Michael seul le contrôle de la succession et de l’organisation des funérailles. « Il doit y avoir une seule personne responsable pour permettre à la famille de se réunir autant que possible », a-t-elle tranché. « Le défunt peut être mis en terre avec dignité. C’est ce que l’humanité ordinaire exige aujourd’hui. »

Dans les prochains jours, le corps de Laura sera enfin transféré hors de la morgue de Leyton pour ses funérailles, dans l’ouest londonien. Des places ont été réservées dans la cérémonie pour que chacun de ses cinq enfants puisse, s’il le souhaite, prendre la parole.

« J’espère qu’ils viendront. Je suis sûr qu’ils viendront », confie Michael. « C’est une histoire immense et triste, et malheureusement, c’est la nôtre. Mais notre mère va enfin être enterrée. »

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