« Vivement la réouverture des clubs échangistes » : les SMS crus de l’amant de Delphine Jubillar dévoilés
Cinq ans après la disparition de Delphine Jubillar, l’affaire continue de révéler ses zones d’ombre. Cédric Jubillar a fini par avouer, condamné à trente ans de réclusion criminelle. Mais derrière le verdict, des messages inédits viennent éclairer une facette méconnue de la vie de l’infirmière tarnaise, celle d’une femme sur le point de tout quitter.

Une réputation écornée par des témoignages inattendus
Le portrait de Delphine Jubillar dressé au fil de l’enquête n’a rien d’une image lisse. Une professionnelle de la petite enfance a par exemple raconté l’hygiène défaillante des enfants du couple, une odeur de tabac persistante sur la poussette, des négligences qui ont fait vaciller l’image d’une mère irréprochable. Ces détails, rapportés au fil des auditions du procès, ont surpris jusqu’aux jurés eux-mêmes.
De son côté, Cédric Jubillar a longtemps tenté de montrer patte blanche. Mais son comportement en salle d’audience a intrigué bien plus qu’il n’a rassuré. Les avocats des parties civiles ont résumé la situation d’une phrase glaçante : il « parle beaucoup, mais se raconte assez peu ». Depuis sa mise en examen, l’homme n’a cessé d’enchaîner les déclarations troublantes, jusqu’à évoquer publiquement ses jouets intimes devant la cour.
Les messages crus de « petit kiki », l’amant de Montauban
C’est dans les coulisses du couple que se cache la révélation la plus étonnante. À l’automne 2020, le mariage entre Delphine et Cédric bat de l’aile. L’infirmière entretient alors une relation avec un homme originaire de Montauban, surnommé affectueusement « petit kiki ». Les deux échangent beaucoup, au point d’acheter ensemble des caisses de bon vin dont la facture finira par intriguer l’entourage.
Mais c’est un message précis, envoyé en pleine période de restrictions sanitaires, qui a fait le tour de la presse. « Vivement la réouverture des clubs échangistes », aurait écrit l’amant à Delphine, promettant d’être « plus performant la prochaine fois ».
Un autre message, adressé cette fois à une amie, dévoile un ton bien différent : « Avec Delphine, c’était toujours sushis-champagne-hôtel. Elle me revenait cher. Mais bon, j’avais un bon retour sur investissement ». Des mots qui tranchent violemment avec l’image de la victime dépeinte pendant l’enquête.

Le projet d’Albi, un mobile qui pourrait tout expliquer
Derrière ces échanges se dessine surtout un projet de rupture concret. Les gendarmes ont retrouvé, dans la salle à manger du domicile de Cagnac-les-Mines, des notes griffonnées de la main de Delphine Jubillar. L’infirmière y évoquait sa volonté de quitter Cédric et de s’installer avec son amant dans un appartement à Albi, loin de son foyer conjugal et de ses tensions.
Ce projet, resté secret jusqu’à sa mise au jour dans le dossier, aurait pu constituer l’élément déclencheur du drame de décembre 2020. Le directeur d’enquête a résumé la situation sans détour lors d’une récente audience : « Ce soir-là, il avait la motivation, un mobile et aussi l’opportunité ».
Il a ajouté : « Objectivement, tous les éléments tendent à démontrer la participation de Cédric Jubillar, malgré l’absence de preuves et d’aveux », une phrase prononcée avant même les aveux tardifs de l’accusé.
Un mobile limpide, un amant bien réel, un déménagement déjà envisagé : les pièces du puzzle s’assemblent, cinq ans après la disparition. Reste une question qui continue de hanter les proches de Delphine Jubillar : combien d’autres détails de cette nuit tragique restent encore à découvrir ?