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À Toulouse, la démembreuse du canal du Midi avait enterré la tête de sa victime dans son jardin

Publié par Cassandre le 30 Juil 2026 à 12:45

Sur les rives du canal du Midi, à Toulouse, les joggeurs filent sans ralentir. Les cyclistes rejoignent le pôle universitaire de Rangueil, les badauds profitent du soleil. Ce mercredi 25 mai 2016, rien ne laisse deviner l’horreur qui flotte à la surface de l’eau.

Au beau milieu des reflets verdâtres, des enquêteurs de la police judiciaire toulousaine repêchent un sac plastique. À l’intérieur, un bras gauche enveloppé dans une serviette. La veille déjà, un passant avait découvert une jambe gauche, elle aussi dans un sac plastique.

Le canal du Midi à Toulouse un jour ensoleillé

Un puzzle macabre repêché en trois jours

Le lendemain, jeudi 26 mai, les recherches se poursuivent en remontant les rives du canal. Un bras droit refait surface. Puis, près de la gare Matabiau, une valise cachée dans les broussailles livre un tronc humain.

Une jambe droite est encore retrouvée, toujours dans un sac-poubelle, en plein cœur de ce site emblématique de la ville rose. En trois jours, les enquêteurs rassemblent des morceaux de corps, tous découpés à la scie mécanique.

Mais un élément manque cruellement à ce puzzle : la tête. À qui appartiennent ces membres ? L’enquête va révéler une histoire bien plus sombre qu’un simple règlement de comptes, nourrie par la jalousie professionnelle entre deux collègues.

Une disparition qui ne colle pas

Le 22 mai 2016, un signalement arrive au commissariat de Toulouse. Maryline Planche, 53 ans, célibataire et sans enfants, n’a plus donné signe de vie depuis le 12 mai. Elle travaille à l’Agefiph, structure d’aide à l’emploi pour personnes handicapées.

Conseillère en prestations, sérieuse et bien notée, elle venait de subir une intervention chirurgicale pour un déficit visuel. Les policiers prélèvent son ADN sur sa brosse à dents, dans son appartement désespérément vide.

La comparaison avec les membres retrouvés dans le canal est formelle : même profil génétique. Les enquêteurs se tournent alors vers une collègue de travail, arrivée récemment de Montpellier pour réorganiser l’agence.

Scène de police sur une berge de canal à Toulouse

La rivale venue de Montpellier

Sophie Masala, 52 ans, mère de famille au caractère impulsif, entretient des rapports conflictuels avec Maryline Planche. La bonne réputation de sa collègue auprès de la hiérarchie passe mal. Elle est aussi soupçonnée d’avoir volé des tickets-restaurant au sein de l’agence, ce qui décuple la méfiance de Maryline à son égard.

Le 12 mai, Sophie Masala débarque au domicile de sa rivale, quartier Saint-Georges à Toulouse. Maryline hurle, tente de fuir, mais elle est rattrapée par les cheveux sur son propre palier. Un voisin assiste à la scène sans imaginer ce qui va suivre.

Dans l’appartement, Sophie Masala saisit une bouteille de vin pleine et frappe mortellement Maryline à la tête. Elle taillade ensuite les veines de la victime et dépose son corps sur le lit pour maquiller le meurtre en suicide, avant d’emporter son téléphone et de rentrer à Montpellier.

La nuit où tout bascule

Quelques jours plus tard, Sophie Masala revient sur les lieux du crime. Le 17 mai, munie d’une scie mécanique achetée pour l’occasion, elle passe une partie de la nuit à découper le corps de sa collègue. Un geste glaçant, comparable à d’autres affaires de démembrement qui ont marqué les esprits ces dernières années.

Les quatre membres finissent dans des sacs plastique. Pour le tronc, elle récupère une valise à roulettes appartenant à Maryline. Quant à la tête, elle l’enfouit dans son propre sac à dos.

Au cœur de la nuit, Sophie Masala quitte le quartier Saint-Georges avec ses funestes bagages et se rend jusqu’au canal du Midi pour s’en débarrasser. Un trajet qui va pourtant la trahir malgré elle.

Jardinet avec terre retournée près d'un balcon

Ce que son téléphone a révélé

L’enquête établit que le téléphone de Sophie Masala et celui de Maryline Planche ont borné ensemble sur le trajet Toulouse-Montpellier, puis au retour. Une preuve accablante qui mène directement à son arrestation.

Face aux enquêteurs, elle reconnaît avoir tué sa collègue lors de cette dispute. Le corps, dit-elle, devait disparaître pour effacer toute trace du crime. Après son interrogatoire devant le juge, elle guide elle-même les policiers jusqu’à chez elle.

Dans un petit appartement du quartier Guilheméry à Toulouse, les enquêteurs découvrent enfin la pièce manquante du puzzle : la tête de Maryline, enterrée dans le jardinet, juste devant le balcon.

Le verdict, dix ans après

Sophie Masala a été condamnée le 24 octobre 2019 à 27 ans de réclusion criminelle pour meurtre sur personne vulnérable et pour le dépeçage de Maryline Planche. Une peine inférieure aux 30 ans requis par l’accusation.

Le canal du Midi, théâtre malgré lui de ce drame hors norme, a rapidement tourné la page. Comme d’autres affaires françaises marquantes, celle-ci continue pourtant de hanter la mémoire collective toulousaine.

Dix ans après les faits, joggeurs et cyclistes filent toujours à la même allure sur les rives paisibles du canal. Rien, ou presque, ne rappelle plus l’histoire terrifiante qui s’y est jouée en mai 2016.

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