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Il enfonçait ses doigts dans les bouches de ses patientes en se masturbant : le dentiste fou devant la justice

Publié par Cassandre le 17 Sep 2026 à 2:16
Fauteuil de cabinet dentaire vide sous lumière froide

Un cabinet dentaire, un fauteuil, une confiance aveugle envers un praticien réputé. C’est dans ce décor banal que Carl S., dentiste belge de 73 ans, aurait pendant plus de vingt ans agressé des dizaines de patientes à Wilrijk, dans le district d’Anvers.

Il comparaît aujourd’hui devant la justice pour viol, atteinte à l’intégrité sexuelle et détention d’images pédopornographiques. Son excuse ? Un prétendu soin médical inventé de toutes pièces, que ses victimes ne remettaient jamais en question.

Un cabinet réputé, des rendez-vous à huis clos

Carl S. n’était pas un inconnu. Parodontiste reconnu, il jouissait d’une notoriété qui a longtemps paralysé les soupçons de son entourage. Une ancienne patiente confie d’ailleurs, selon le média belge HLN, s’être sentie « coupable de le soupçonner de quelque chose dont elle n’avait aucune preuve ». Ce genre de mécanisme, où l’autorité professionnelle éteint le doute, rappelle d’autres affaires où la vérité met des années à émerger.

Le praticien organisait ses rendez-vous suspects à des horaires précis, quand ses assistants et collègues étaient déjà partis. Une organisation minutieuse qui, selon l’enquête, lui permettait d’agir en toute discrétion pendant des années. Plusieurs femmes ont fini par déposer plainte, un geste qui rappelle combien il est parfois difficile de porter ces accusations jusqu’au tribunal.

La « désinfection de la gorge », un prétexte glaçant

Le mode opératoire décrit par l’enquête tient en une expression inventée par le dentiste lui-même : la « désinfection de la gorge ». Sous ce prétexte, il allongeait totalement ses patientes sur le fauteuil, se plaçait derrière elles, puis leur enfonçait profondément les doigts ou une spatule au fond de la bouche.

Le geste provoquait un violent réflexe nauséeux chez les femmes, incapables de comprendre ce qui leur arrivait réellement. Certaines se souviennent d’un comportement bien plus explicite : le praticien haletait ou murmurait « un peu plus profond » pendant l’acte. Ce type de récit, où une accusation vient bouleverser une image publique bien établie, n’est pas sans écho avec d’autres histoires où la parole publique dérape.

Selon les investigations menées par la police d’Anvers, Carl S. filmait certaines de ces scènes grâce à un réseau de caméras dissimulées dans son cabinet. Il se masturbait alors devant ses victimes, à leur insu total. L’une d’elles a confié se sentir « vraiment souillée » en apprenant, après coup, les véritables intentions du dentiste derrière ce faux soin médical.

Visage de femme exprimant un choc silencieux

Une défense partielle et une peine qui reste incertaine

Face à ses juges, Carl S. a reconnu « une grande partie des faits », précise son avocat, tout en contestant fermement la possession d’images pédopornographiques pourtant retrouvées sur son matériel informatique lors des perquisitions. Sa défense insiste sur le fait qu’il « reconnaît sa culpabilité et a entamé une thérapie », un argument qui pourrait peser dans la décision finale, un peu comme dans ces dossiers où le passé refait brutalement surface.

La procédure s’annonce complexe en raison de la révision récente du Code pénal belge et de l’ancienneté de certains faits reprochés, qui s’étalent sur plus de deux décennies.

Le dentiste encourt une peine de prison allant de cinq à dix ans, ou une mesure de traitement sous privation de liberté d’une durée de quatre à six ans. Un décalage qui interroge sur la manière dont la justice traite ce type de contentieux où le droit doit s’adapter à des situations extrêmes.

Le verdict n’a pas encore été rendu, mais les dizaines de témoignages recueillis dessinent déjà les contours d’une affaire hors norme, où la confiance médicale a servi de couverture pendant plus de vingt ans.

Une notoriété professionnelle ne protège jamais éternellement des soupçons, même quand ils mettent des années à éclater au grand jour. Combien d’autres praticiens, dans d’autres cabinets, profitent encore aujourd’hui de ce même silence complice ?

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