Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Faits divers

« On n’a pas de corps, on n’a rien » : 11 chats disparaissent en 3 mois dans cette commune bretonne

Publié par Cassandre le 10 Août 2026 à 20:05
Femme affligée collant une affiche de chat perdu

Un chat qui ne rentre pas un soir, ça arrive. Onze en trois mois, dans le même village, ça devient une énigme. À Taulé, petite commune du Finistère près de Morlaix, les habitants collent des avis de recherche partout et n’ont toujours aucune réponse. Ce que révèle cette affaire sur le passé de la ville va surprendre plus d’un lecteur.

Une vague de disparitions qui inquiète tout un quartier

Depuis le mois d’avril, les chats de Taulé s’évaporent les uns après les autres. Onze animaux domestiques ont disparu jusqu’en juillet, sans laisser la moindre trace. Le phénomène touche particulièrement un même quartier, où cinq foyers pleurent déjà leur compagnon à quatre pattes.

Audrey fait partie des victimes. Son chat Salem n’a plus donné signe de vie depuis le 30 avril. Depuis, elle arpente les rues avec des affichettes, frappant aux portes, glissant des avis dans les boîtes aux lettres. Elle en a distribué « au moins 500 », sans le moindre retour. Une mobilisation qui rappelle d’autres histoires animalières où l’entraide entre voisins devient la seule arme face à l’inconnu.

Des plaintes ont été déposées à la gendarmerie. Mais aucune piste sérieuse n’a pour l’instant émergé. Le silence autour de ces disparitions nourrit toutes les hypothèses, et l’angoisse grandit à mesure que la liste des chats manquants s’allonge.

Onze chats volatilisés, zéro indice : le désarroi des propriétaires

Pour les familles concernées, l’absence totale de réponse est le plus difficile à vivre. Nolwenn, elle aussi privée de son chat, résume la situation avec des mots simples et glaçants : « On n’a aucune info sur où sont nos chats et ce qu’ils sont devenus. On n’a pas de corps, on n’a rien ».

Ni cadavre, ni témoin, ni caméra qui aurait capté quoi que ce soit. Les félins semblent s’être évanouis dans la nature, un jour comme un autre, sans raison apparente. Une situation qui n’est pas sans rappeler d’autres épisodes où la disparition d’un être vivant plonge tout un entourage dans l’incompréhension totale.

Un espoir subsiste malgré tout. La quasi-totalité des chats français sont pucés, et Taulé ne fait pas exception. Si l’un des animaux disparus était emmené chez un vétérinaire, malade ou décédé, ses propriétaires devraient normalement être contactés grâce à la puce électronique. Pour l’instant, aucun appel n’est venu. Le silence radio complet alimente les théories les plus diverses chez les habitants, entre malveillance, accident collectif ou simple coïncidence statistique.

Rue de village bretonne déserte au crépuscule

Un scénario déjà vécu il y a 13 ans dans la même commune

Ce qui rend l’affaire encore plus troublante, c’est qu’elle n’est pas inédite. Il y a 13 ans, Taulé avait déjà vécu une vague similaire, avec pas moins de 22 chats disparus sur une période resserrée. Un précédent que peu d’habitants avaient en mémoire avant que l’histoire ne se répète.

Isabelle Demeslay, enseignante-chercheuse en droit de l’animal et vice-présidente du refuge animalier du Pays de Landerneau, connaît bien ce type de phénomène. Selon elle, ces épisodes surviennent régulièrement, un peu partout en France, sans forcément trouver d’explication définitive.

« Ça arrive régulièrement dans plusieurs endroits, ça dure une semaine, quinze jours, pas plus et puis ça s’arrête. Ça s’arrête quand on en parle », observe la spécialiste. Une phrase qui laisse entendre que la médiatisation pourrait, paradoxalement, jouer un rôle dissuasif sur l’origine de ces disparitions.

Le phénomène dépasse largement le seul cas breton. À l’échelle nationale, plus de 23 000 chats avaient été déclarés perdus durant l’été 2025, selon les chiffres de l’I-CAD, le service national d’identification des carnivores domestiques. De quoi relativiser, sans pour autant apaiser, l’inquiétude des Taulésiens qui continuent, chaque jour, de scruter les recoins de leur village.

Onze avis de recherche placardés, une gendarmerie sans piste et un précédent vieux de 13 ans : Taulé attend toujours ses réponses. Reste à savoir si, comme le suggère la chercheuse, le simple fait d’en parler suffira à faire cesser le mystère.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *