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« On expose le corps de son enfant sans s’en rendre compte » : cette phrase d’une psychologue bouleverse après l’affaire Lyhanna

Publié par Cassandre le 05 Juin 2026 à 11:12
Mère inquiète assise près de son enfant sur un canapé

La disparition de Lyhanna dans le Gers continue de hanter les esprits. Alors que de nouvelles plaintes viennent épaissir un dossier déjà lourd, une docteure en psychopathologie a pris la parole sur RMC pour rappeler une vérité qui dérange. Ce qu’elle dit sur le rapport des parents au corps de leur enfant dépasse largement le cadre de cette enquête — et mérite qu’on s’y arrête.

Disparition de Lyhanna : un dossier qui s’alourdit de jour en jour

L’enquête sur la disparition de la fillette de 11 ans à Fleurance n’a pas fini de révéler ses zones d’ombre. La procureure d’Auch a confirmé l’existence de plusieurs nouvelles plaintes venues s’ajouter au dossier initial. Leur nature exacte reste pour l’heure confidentielle.

Ces éléments laissent entrevoir un champ d’investigation bien plus large que ce que les premières heures laissaient supposer. Les enquêteurs mobilisent des moyens importants sur plusieurs pistes en parallèle, conscients que chaque heure compte dans ce type d’affaire.

Dans cette course contre la montre, les forces de l’ordre rappellent une constante : les premiers jours sont déterminants, mais aussi truffés d’informations contradictoires. Chaque témoignage est passé au crible. Chaque détail est recoupé.

Le profil du suspect déjà en garde à vue a fait l’objet de multiples révélations dans la presse. Mais au-delà du fait divers, c’est une autre urgence qui se dessine : celle de l’impact psychologique sur des millions d’enfants exposés à cette actualité anxiogène.

Ce que cette psychologue dit aux parents qui regardent les infos avec leurs enfants

La disparition d’un enfant provoque systématiquement une onde de choc collective. Les familles, les proches, mais surtout les enfants eux-mêmes absorbent cette angoisse sans filtre. Ils voient les images, captent les conversations, perçoivent la peur dans la voix des adultes.

Au micro de RMC, une docteure en psychopathologie a posé les mots justes. Elle insiste sur un point fondamental : parler à l’enfant, accueillir ses émotions, être présent. Sauf que ce n’est pas si simple quand les parents eux-mêmes sont submergés par l’inquiétude.

Le piège, selon elle, c’est le court-circuit émotionnel. Soit on voit du danger partout. Soit on balaie d’un revers de main : « Tout va très bien, ne t’inquiète pas. » Les deux réactions sont nocives. Rassurer un enfant, c’est d’abord l’écouter vraiment, sans minimiser ni dramatiser.

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Sa recommandation est limpide : dire à l’enfant « Je comprends que tu sois inquiet, comment peut-on faire face à cette inquiétude ensemble ? » plutôt que de le terroriser ou de nier sa peur. Si la réponse parentale est centrée uniquement sur la peur, l’enfant n’aura plus confiance pour se confier. Et c’est là que le vrai danger commence.

Main d'enfant repoussant doucement une main d'adulte

« Fais un bisou à la dame » : cette phrase anodine qui en dit long

La spécialiste a élargi sa réflexion bien au-delà de l’affaire Lyhanna, touchant à des réflexes éducatifs profondément ancrés. Son constat est direct : on n’apprend pas assez aux enfants que leur corps leur appartient. On l’expose, parfois sans même y penser.

L’exemple qu’elle donne fait mouche. « Fais un bisou à la dame. » Une phrase banale, prononcée des milliers de fois par jour dans les foyers français. Pourtant, elle transmet un message implicite : ton corps n’est pas tout à fait à toi, il est aussi à disposition des autres pour faire plaisir.

Cette réflexion ne concerne pas uniquement les cas extrêmes. Elle interroge nos pratiques éducatives quotidiennes, celles qui semblent insignifiantes mais qui construisent, jour après jour, le rapport de l’enfant à son propre corps. Apprendre le consentement ne commence pas à l’adolescence. Cela commence dès la première injonction physique imposée à un tout-petit.

La docteure en psychopathologie le résume en une formule : « On ne transmet pas assez à l’enfant l’idée que son corps n’est pas un objet. » Dans le contexte de la disparition de Lyhanna, ces mots prennent une résonance particulièrement forte. Ils rappellent que la protection de l’enfance ne se joue pas seulement dans les commissariats.

Un bisou forcé à la boulangerie ne mène évidemment pas au drame. Mais le respect du corps de l’enfant est un continuum — et la psychologue nous demande de regarder où nous plaçons le curseur au quotidien. La prochaine fois que ces trois mots montent aux lèvres, peut-être qu’une pause de deux secondes changera tout.

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