Il disparaît à 18 ans dans le Doubs : son téléphone localisé, puis retrouvé seul sur un sentier

Un jeune homme de 18 ans s’évapore du jour au lendemain, sans un mot à sa famille. Dans le Doubs, ce genre de silence inquiète d’autant plus qu’il tranche avec les habitudes du disparu. Car Mathieu Oliveira avait pour habitude de donner régulièrement de ses nouvelles, même en cavale de plusieurs jours.
Cette fois, plus rien depuis mercredi soir. Et l’enquête qui vient de démarrer a déjà révélé un détail troublant : son téléphone a été localisé, éteint, puis rallumé, avant d’être retrouvé seul, sans lui.
Un départ qui n’inquiétait personne, jusqu’à ce silence
Tout commence lundi 17 août, en plein milieu de journée. Mathieu Oliveira quitte le domicile familial de Vaufrey, un petit village du Doubs, au volant de la voiture de son père. Rien d’alarmant en apparence : le jeune homme avait pris l’habitude de s’absenter plusieurs jours d’affilée, un mode de vie que sa famille connaissait bien et acceptait, tant qu’il donnait signe de vie quotidiennement, comme le rapporte le parquet en charge de l’enquête.
Sauf que cette fois, les appels quotidiens s’arrêtent net. Le dernier contact remonte à mercredi 19 août au soir. Selon le procureur de la République de Montbéliard, Paul-Édouard Lallois, la famille n’avait « aucune raison de s’inquiéter » avant ce mutisme soudain, tant l’attitude du jeune homme semblait rodée.
C’est cette rupture brutale d’habitude qui a déclenché l’alerte. Jeudi 20 août, les proches de Mathieu Oliveira signalent officiellement sa disparition. Une décision qui a permis de reconstituer, heure par heure, les derniers déplacements du jeune homme grâce à la géolocalisation de son téléphone, un outil de plus en plus déterminant dans ce type d’enquêtes de terrain.
Une trace numérique qui s’arrête à Besançon
Dans la nuit du mercredi à jeudi, un premier élément apparaît : une voisine aperçoit le jeune homme aux abords d’une maison familiale, dans le secteur du pays de Montbéliard. C’est la dernière fois qu’il est vu physiquement. Ensuite, tout se joue via son téléphone portable, seul fil conducteur de l’enquête.
Jeudi matin, l’appareil de Mathieu Oliveira est coupé. Sa dernière position connue : Besançon. Dans la journée, plusieurs caméras de vidéosurveillance de la ville captent son passage, confirmant sa présence sur place. Ce sont ces images qui permettent aux enquêteurs de resserrer le périmètre des recherches, une méthode qui rappelle d’autres affaires où le moindre indice compte.
Puis, coup de théâtre discret : le téléphone se rallume vendredi. Toujours à Besançon. Un signal qui laisse penser que le jeune homme est resté dans la même zone géographique, sans que personne ne parvienne à le localiser précisément ni à reprendre contact avec lui. Ce sursaut numérique sera le dernier avant un silence total, qui dure depuis.

Le téléphone retrouvé, mais toujours pas de trace du jeune homme
C’est samedi que l’enquête prend un tournant. Le téléphone de Mathieu Oliveira est retrouvé, seul, sur un sentier de randonnée à Besançon. Ni le jeune homme, ni la voiture de son père n’ont été localisés. Le parquet précise que « le secteur en question fait l’objet de recherches approfondies », signe que les gendarmes concentrent désormais leurs efforts sur cette zone précise.
L’enquête a été confiée à la brigade de gendarmerie de Pont-de-Roide, qui explore la piste « recherche des causes de la disparition ». Un cadre juridique qui reste ouvert, sans privilégier a priori une hypothèse plutôt qu’une autre.
La famille du jeune homme, elle, écarte fermement toute piste suicidaire et affirme ne lui connaître aucun point de chute particulier dans la région. Un élément important puisqu’il complique la tâche des enquêteurs, qui ne disposent d’aucune destination logique à privilégier.
Le procureur apporte un dernier élément de contexte : Mathieu Oliveira est actuellement sans emploi et a été hospitalisé en psychiatrie il y a deux ans. Mais « tout semblait bien aller depuis », selon ses proches, qui refusent de faire de ce passé un facteur d’inquiétude supplémentaire.
Toute personne disposant d’informations est invitée à contacter la brigade de gendarmerie de Pont-de-Roide au 03 81 47 49 24.
Un téléphone qui s’éteint, se rallume, puis atterrit seul sur un chemin de randonnée : chaque indice de cette disparition en soulève un nouveau, sans répondre à la question centrale. Où est passé Mathieu Oliveira depuis vendredi ?