Dodo la Saumure est mort : le proxénète au cœur de l’affaire DSK s’est éteint à l’âge de 77 ans

Le nom fait encore frémir certains souvenirs médiatiques : celui d’un homme qui a côtoyé l’affaire du Carlton de Lille sans jamais y être condamné. Depuis des années, sa silhouette et son surnom circulaient dans les chroniques judiciaires belges et françaises. Cette fois, c’est une tout autre nouvelle qui tombe, et elle met un point final à une existence hors norme.
Une figure sulfureuse qui traînait derrière elle un dossier explosif
Dominique Alderweireld, alias Dodo la Saumure, est mort au Centre hospitalier de Wallonie picarde à Tournai, selon des informations relayées par la Voix du Nord. Il avait 77 ans.
Son nom reste indissociable de l’affaire qui avait secoué la France il y a plus d’une décennie : le dossier du Carlton de Lille, dans lequel l’ancien ministre Dominique Strauss-Kahn avait été mêlé. Dodo avait été poursuivi pour proxénétisme aggravé, avant d’être relaxé par la justice française en 2015.
Né le 5 février 1949 à Annœullin, dans le Nord, il préférait se présenter comme un « souteneur » plutôt qu’un proxénète. Il avait tenu plusieurs maisons closes à Tournai et dans toute la région tournaisienne, un territoire qu’il connaissait par cœur et où son nom circulait depuis des décennies dans les conversations locales.
Une condamnation lourde tombée quelques mois avant sa mort
En janvier dernier, le tribunal correctionnel de Tournai avait rendu un verdict sans appel sur le fond des faits. Dominique Alderweireld avait été condamné à 6 ans de prison et à près de 500.000 euros d’amende.
Le dossier portait sur 11 établissements répartis sur toute la Wallonie picarde. Il devait répondre de traite d’êtres humains, d’organisation criminelle, de blanchiment d’argent et d’usage de faux : un empilement de charges qui dessinait le portrait d’un système bien plus vaste qu’une simple maison close isolée.
Ses avocats avaient tenté un argument singulier devant le tribunal : évoquer une tolérance ancienne de la Belgique envers le proxénétisme pour réclamer son acquittement. L’argument n’avait pas suffi. Dominique Alderweireld avait décidé de faire appel de ce jugement, un appel qu’il n’aura donc jamais pu voir aboutir.

Une fin de vie marquée par la précarité, loin de l’image du parrain
Ces derniers mois, son état de santé s’était visiblement dégradé, selon des proches cités dans la presse. C’est là que réside le vrai contraste de cette histoire : l’homme qui avait accumulé une fortune sur des décennies de trafic avait fini par évoquer publiquement des conditions de vie difficiles.
Il avait notamment fait part de problèmes de logement, loin de l’image du parrain intouchable que son surnom avait longtemps véhiculée dans les médias.
Cette précarité soudaine tranche avec la gravité des faits jugés quelques mois plus tôt. Un homme condamné pour blanchiment d’argent et organisation criminelle, mais qui alertait sur son propre logement : c’est ce paradoxe qui aura marqué les derniers mois de Dominique Alderweireld, avant que la maladie n’emporte tout, y compris la possibilité d’un procès en appel.
Dodo la Saumure aura échappé à la justice française en 2015, mais pas à la maladie. Reste une question que le procès en appel ne tranchera désormais jamais : celle de la véritable ampleur du réseau qu’il avait bâti pendant toutes ces années.