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Affaire Dupont de Ligonnès : l’évêque de Carcassonne outré par le faux témoignage diffusé sur M6 et saisit l’ARCOM

Publié par Cassandre le 03 Juin 2026 à 10:10

Mardi soir, M6 promettait des révélations explosives sur Xavier Dupont de Ligonnès. Un homme se présentant comme prêtre a affirmé l’avoir rencontré en 2022. Sauf que dès le lendemain matin, l’évêque de Carcassonne a tout fait voler en éclats. Il ne connaît pas cet homme, n’a jamais donné son accord, et accuse la chaîne d’avoir diffusé une séquence « trompeuse » sans la moindre vérification. Il annonce saisir l’ARCOM dans la foulée.

Suicide de Xavier Dupont de Ligonnès ?

Un témoignage « inédit » qui a électrisé l’antenne de M6

Quinze ans après la disparition du père de famille nantais, l’émission Appel à témoins de Julien Courbet lui a consacré un numéro spécial. Pendant plus de deux heures, la chaîne a déroulé des éléments déjà connus des suiveurs de l’enquête. Mais un moment a tout changé. Passé 23 heures, un homme identifié comme le « père Marc » est intervenu en direct.

Sa version : il aurait croisé Xavier Dupont de Ligonnès dans un monastère de l’Aude, où le fugitif présumé aurait séjourné quatre jours en 2022. Plus stupéfiant encore, le prêtre a affirmé que l’homme recherché se serait confessé à lui, reconnaissant être l’auteur des meurtres de sa femme et de ses quatre enfants. « Il était vraiment désespéré », a-t-il lancé à l’antenne. Le fugitif lui aurait aussi confié vouloir partir « du côté de Grasse », dans les Alpes-Maritimes. Selon le standard de l’émission, une religieuse du même établissement aurait corroboré ces propos. On parle ici d’une affaire qui n’en finit pas de rebondir, chaque année, sur de nouvelles pistes.

L’évêque de Carcassonne pulvérise la version du « père Marc »

Il n’aura pas fallu attendre midi. Dès mercredi matin, Monseigneur Bruno Valentin, évêque du diocèse de Carcassonne et Narbonne, a publié un communiqué sans appel. Cet individu se présentant comme prêtre « n’évoque personne » dans son entourage ecclésiastique. Aucun accord n’a été donné pour lever le secret de la confession — un principe canonique fondamental.

Les mots de l’évêque sont tranchants : « Jamais personne ne m’a contacté à propos de l’affaire évoquée — ni celui qui a pris la parole, ni même M6 — avant de diffuser de tels propos. » Il dénonce explicitement un « manque de rigueur et de professionnalisme » ayant abouti à une « séquence trompeuse pour le public ». Ce n’est pas qu’un désaveu verbal.

Le diocèse confirme à BFMTV que Bruno Valentin saisira l’ARCOM dès ce mercredi 3 juin. Le régulateur de l’audiovisuel devra examiner si M6 a manqué à ses obligations de vérification. Un tournant embarrassant pour la chaîne, qui avait vendu ces « révélations » depuis plusieurs jours à grand renfort de promotions. Julien Courbet avait pourtant précisé à l’antenne que les informations « allaient être vérifiées ». Le problème, c’est que la diffusion, elle, n’avait pas attendu cette vérification.

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Dans le paysage audiovisuel français, diffuser un témoignage aussi lourd sans recouper les sources représente un risque considérable. On ne parle pas d’une erreur de casting dans un divertissement. On parle d’une affaire criminelle suivie par des millions de Français depuis 2011, impliquant cinq victimes et un fugitif jamais retrouvé.

À ce stade, aucune preuve n’a étayé les affirmations du « père Marc ». Ni document, ni image, ni élément matériel. Le simple fait qu’un homme inconnu du diocèse ait pu affirmer en direct national avoir reçu la confession d’un suspect recherché dans le monde entier interroge toute la chaîne de responsabilité éditoriale.

Si l’ARCOM ouvre une instruction, M6 devra justifier chaque étape de la validation de cette séquence. Le précédent est sérieux : les chaînes françaises ont déjà été sanctionnées pour des manquements similaires en matière de vérification.

En une matinée, la « révélation » de M6 s’est transformée en cas d’école sur les dangers du sensationnalisme non vérifié. Quinze ans que cette affaire hante la France, et visiblement, elle continue d’attirer les faux témoins comme un aimant. La vraie question, c’est : qui vérifie quoi avant de mettre un micro en direct devant des millions de téléspectateurs ?

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