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« Il avait des retards de développement » : ce petit garçon de 4 ans enfermé 12 heures par jour dans un placard

Publié par Cassandre le 24 Juil 2026 à 11:09
« Il avait des retards de développement » : ce petit garçon de 4 ans enfermé 12 heures par jour dans un placard

Un appel anonyme, une porte qu’on force, et derrière : un enfant de 4 ans allongé nu sur des détritus. C’est ce qu’ont découvert des policiers du comté de St. Mary’s, dans le Maryland, ce lundi 20 juillet.

Le petit garçon vivait enfermé dans un placard, retenu par une simple corde élastique nouée à la poignée. Autour de lui : des couches sales, des emballages de nourriture, des excréments.

Une maison où on ne voyait même plus le sol

Les enquêteurs décrivent une habitation dans un état qu’ils qualifient eux-mêmes de « déplorable ». Les murs sont peints en noir, le sol disparaît sous les déchets.

« Je ne pouvais pas voir le sol à cause de la quantité de détritus, d’emballages alimentaires, de couches sales et d’excréments qui le recouvraient », a témoigné un policier présent lors de l’intervention.

Ce genre de logement insalubre associé à une négligence extrême n’est malheureusement pas un cas isolé aux États-Unis. Un autre cas glaçant dans l’Ohio avait révélé 16 enfants enfermés pendant des années dans un espace minuscule.

Ici, la mère du garçon a fini par reconnaître les faits face aux policiers. Kaylynn Nicole Moore, 28 ans, a admis enfermer son fils dans ce placard depuis près d’un an.

« Jusqu’à 12 heures par jour », a-t-elle admis

Selon ses propres déclarations, l’enfant passait ses nuits dans le placard et n’en sortait que dans la journée, seulement quand il frappait à la porte ou appelait.

Douze heures par jour, parfois plus. Une routine installée depuis des mois, dans une chambre que son compagnon a lui-même décrite comme dangereuse.

Maison délabrée avec voiture de police garée devant

James Earl Stone, 27 ans, partenaire de Kaylynn Moore, a reconnu avoir sécurisé le placard avec la corde durant les trois derniers mois. Il a expliqué que la pièce présentait des câbles électriques exposés et une fenêtre brisée, ce qu’il jugeait « dangereux pour l’enfant ».

Un raisonnement qui laisse perplexe : plutôt que de réparer la chambre, le couple a préféré enfermer l’enfant ailleurs, dans un espace encore plus exigu et insalubre.

La justification qui interroge les autorités

Pour expliquer cet enfermement quasi permanent, la mère invoque les « besoins spéciaux » de son fils et des antécédents de fugue à l’intérieur du domicile.

Stone, de son côté, évoque un « retard de développement » chez l’enfant. Une situation que les spécialistes connaissent malheureusement bien.

Selon le Centre de stress traumatique infantile et familial du Kennedy Krieger Institute, les enfants autistes ou présentant des retards de développement ont entre deux et quatre fois plus de risques d’être victimes d’abus ou de négligence. En cause : le manque de ressources ou l’épuisement des familles face à des besoins spécifiques.

Cela n’excuse rien, mais cela éclaire un mécanisme qu’on retrouve dans d’autres affaires similaires, comme celle de ce garçon de 9 ans retrouvé séquestré dans un placard dans le Vaucluse.

Quatre autres enfants vivaient dans la maison

Le foyer n’abritait pas qu’un seul enfant. Quatre autres frères et sœurs, âgés de 11 ans, 8 ans, 1 an et 7 mois, vivaient également sur place.

Seul le petit garçon retrouvé dans le placard a nécessité une prise en charge médicale sur les lieux. Les autres enfants n’ont présenté aucune blessure apparente, selon les autorités.

Intérieur d'une maison en désordre aux murs noirs

Un détail qui rend l’affaire d’autant plus troublante : pourquoi lui, spécifiquement ? La question reste pour l’instant sans réponse officielle.

Le couple qui promouvait la « gentillesse » sur les réseaux

Ce qui rend cette histoire encore plus dérangeante, c’est l’image publique du couple. Quelques mois plus tôt, ils faisaient la une locale pour la naissance du premier bébé de l’année à l’hôpital du coin.

Kaylynn Moore avait aussi lancé des campagnes sur les réseaux sociaux pour « transformer la douleur en objectif ». Elle avait notamment encouragé l’installation de figurines de Jésus dans le quartier pour « créer du lien et diffuser la gentillesse ».

Un contraste saisissant entre l’image affichée en ligne et la réalité découverte derrière une porte fermée par une corde élastique.

« Le mieux, c’est que quelqu’un a vu quelque chose »

Alisa Casas, porte-parole de la police, a insisté sur le rôle décisif du signalement qui a permis d’agir vite. « Le mieux qui pouvait arriver, c’est que quelqu’un ait vu quelque chose et ait appelé. Nous avons répondu immédiatement et avons pu sauver l’enfant », a-t-elle déclaré.

Une phrase qui résonne particulièrement fort dans le Maryland, où plus de 5 000 cas d’abus infantile ont été recensés l’année dernière, dont près de 1 000 liés à des agressions physiques, selon la Maryland Children’s Alliance.

Une remise en liberté qui interroge

Le mardi, un juge a ordonné la libération de Kaylynn Moore et James Earl Stone sous engagement personnel, sans caution à verser.

Les deux adultes font face à des accusations d’abus infantile au second degré, un délit grave pouvant entraîner jusqu’à 15 ans de prison, ainsi qu’à sept chefs d’accusation mineurs pour négligence.

La suite de la procédure déterminera si l’enfant et ses frères et sœurs resteront séparés de leurs parents de façon permanente. Pour l’instant, le petit garçon de 4 ans est enfin sorti du placard où il a passé près d’un an de sa jeune vie.

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