Il se rend chez son ex avec une grenade et fait exploser la maison — trois blessés dont un enfant

Samedi 3 mai 2026, peu après 6h30 du matin, une déflagration a secoué un quartier résidentiel de Bristol, en Angleterre. Un homme se serait présenté au domicile de son ex-compagne muni d’une grenade, avant de la faire détoner sur le pas de la porte. Les deux sont décédés. Trois autres personnes, dont un enfant, ont été hospitalisées. La police a déclaré un « incident majeur » — mais écarte la piste terroriste.
6h17, un appel pour violences conjugales. 6h30, une explosion
Tout commence par un simple appel reçu par la police d’Avon and Somerset à 6h17. Un signalement pour un « incident à caractère domestique » dans une maison de Sterncourt Road, dans le quartier de Frenchay. Des agents sont immédiatement dépêchés sur place. Mais avant même qu’ils n’arrivent, à peine treize minutes plus tard, une explosion retentit à l’intérieur de la propriété.

Le surintendant Matt Ebbs, lors d’une conférence de presse dimanche après-midi, a confirmé la chronologie : « À environ 6h17, nous avons reçu un appel pour nous rendre à un incident domestique à une adresse résidentielle de Sterncourt Road. Nos agents ont été envoyés sur les lieux, mais peu avant leur arrivée, juste après 6h30, il y a eu une explosion à l’intérieur de la propriété. » Un homme et une femme ont été retrouvés morts. L’explosion a été qualifiée de « suspecte » par les autorités. Un cas qui rappelle d’autres drames liés à l’usage d’explosifs en milieu civil.
« Il a débarqué avec une grenade et l’a fait exploser sur le seuil »
Dans le voisinage, la thèse d’un acte prémédité ne fait guère de doute. Wayne Smith, 58 ans, un habitant du quartier, a livré un témoignage glaçant au quotidien The Sun : « Il s’est pointé chez elle avec une grenade et l’a fait détoner sur le pas de la porte. Il les a tués tous les deux. »
Wayne Smith décrit l’instant de la déflagration avec une précision troublante. « Au début, quand j’ai entendu le boom, j’ai cru à une explosion de gaz ou à un énorme accident de voiture. J’ai senti toute la maison trembler. » À cette heure matinale, la plupart des habitants dormaient encore. Le choc a été ressenti à plusieurs dizaines de mètres à la ronde.
Un autre résident, Bradley Shepherd, raconte avoir « sauté de son lit » après avoir entendu un bruit massif. En sortant de chez lui, il ne voyait rien d’immédiat, mais en quelques minutes, la rue était envahie par les services d’urgence. « Nous avions tous les services de secours là en moins de dix minutes, y compris la police armée », a-t-il raconté à la BBC. L’ampleur du déploiement rappelle des scènes similaires lors d’explosions en zone résidentielle.
Trois blessés hospitalisés, dont un enfant
Outre les deux décès, trois personnes ont été blessées dans la déflagration. Selon la police, il s’agirait du fils de la victime et de deux autres membres de sa famille. Tous trois ont été transportés à l’hôpital pour des blessures qualifiées de « mineures ». Parmi eux, un enfant.

Le surintendant Ebbs a précisé que les familles des victimes avaient été informées et étaient accompagnées par des officiers spécialement formés. « Nos pensées vont tout particulièrement vers elles », a-t-il ajouté, avec la retenue caractéristique des communications officielles britanniques. Cette dimension familiale, un enfant touché dans un conflit entre adultes, rend le drame d’autant plus insoutenable. Des situations qui font écho à d’autres faits divers liés aux violences conjugales.
Elle venait de s’installer là pour fuir son ex
C’est peut-être le détail le plus terrible de cette affaire. Selon plusieurs voisins interrogés par la presse britannique, la femme avait emménagé récemment dans cette maison mitoyenne de Sterncourt Road. Son objectif : mettre de la distance avec un ancien compagnon. Elle pensait être en sécurité.
Dimanche, les enquêteurs ont perquisitionné un second logement situé à environ cinq kilomètres de là, dans le quartier de Speedwell, un bien lié à l’homme décédé. Les raisons de cette perquisition n’ont pas été communiquées, mais la police a confirmé qu’elle ne recherchait aucun autre suspect. L’affaire semble tragiquement circonscrite à ces deux personnes. Une dynamique malheureusement connue dans les drames de violences conjugales, où la séparation peut devenir le moment le plus dangereux.
70 habitants évacués vers un pub transformé en centre d’accueil
Après l’explosion, la police et les démineurs de l’armée britannique (Explosive Ordnance Disposal) ont bouclé le périmètre. Environ 70 résidents des maisons alentour ont été évacués en urgence. Direction : le Snuff Mill Harvester, un pub-restaurant situé à proximité, reconverti pour l’occasion en centre d’hébergement temporaire.

Un voisin a décrit le moment où la police armée lui a ordonné de rentrer chez lui immédiatement après qu’il soit sorti dans la rue, alerté par le bruit. « Il y avait deux ou trois voitures de police banalisées, de nombreuses ambulances et véhicules de police, et maintenant l’équipe de déminage est là », a-t-il rapporté. Bradley Shepherd note que la majorité des résidents évacués avaient plus de 60 ans, ce qui a rendu l’opération plus délicate.
Le conseiller municipal Al Al-Maghrabi a exprimé son émotion : « Je suis dévasté d’apprendre que deux résidents ont perdu la vie suite à cette explosion à Frenchay. » Il a également tenu à remercier le pub Harvester « pour avoir ouvert ses portes aux résidents évacués et fourni repas et boissons dans ce moment difficile. » Un réflexe de solidarité locale qui tranche avec l’horreur de ce qui venait de se produire à quelques rues de là.
Piste terroriste écartée, enquête en cours
Malgré le déploiement de démineurs militaires et la déclaration d’un « incident majeur », la police d’Avon and Somerset a rapidement écarté toute hypothèse terroriste. La nature exacte de l’engin explosif n’a pas été officiellement confirmée, même si les témoignages des voisins pointent vers une grenade. Les enquêteurs n’ont pas non plus communiqué sur la manière dont l’homme aurait pu se procurer un tel dispositif.
Ce type de question reste central. Au Royaume-Uni, la détention d’armes à feu et d’explosifs est extrêmement réglementée. L’accès à une grenade, qu’elle soit militaire ou artisanale, suppose un réseau ou un marché parallèle. Des explosions spectaculaires surviennent régulièrement dans des contextes très différents, mais l’usage d’une grenade dans un contexte domestique reste exceptionnel, même outre-Manche.
La police a indiqué que l’enquête se poursuivait. Les familles des deux victimes sont désormais accompagnées par des officiers de liaison. Pour les habitants de Sterncourt Road, le retour à la normale sera long. Certains n’ont pas encore pu regagner leur domicile. Ce qui devait être un samedi matin tranquille dans un quartier résidentiel de Bristol s’est transformé en un cauchemar que personne, surtout pas la victime qui avait tout fait pour fuir, n’avait vu venir.