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Après une perfusion anti-âge, une femme de 27 ans meurt : le praticien sans licence reconnaît « une très grosse erreur »

Publié par Cassandre le 07 Oct 2026 à 7:31
Personne inquiète dans une salle de soins de spa

Les perfusions « bien-être » séduisent de plus en plus de monde, et certaines stars en ont fait leur rituel. Mais dans un centre du Bronx, l’une d’elles s’est terminée en drame. Selon la police new-yorkaise, l’homme qui l’administrait n’avait pas le droit d’exercer. Et la justice vient de durcir lourdement les poursuites contre lui, pour une raison que le médecin légiste a fini par établir.

Un centre « de médecine naturelle » dans le quartier de Riverdale

L’histoire commence le 19 juillet, au Bereshit Lifestyle Center, dans le quartier de Riverdale, au Bronx. Le lieu se présente comme un espace de « médecine naturelle », avec des thérapies et des produits censés rendre « la vie saine facile », d’après son site web.

À sa tête, selon le New York Post, un homme de 55 ans, Luis Rojas Cabrera. Les autorités le décrivent comme un exploitant de spa sans licence médicale.

Ce jour-là, une jeune femme de 27 ans, Elizabeth Baron, habitante du Bronx, vient pour une séance de NAD+. Cette molécule est vantée dans les milieux du bien-être pour ses supposés effets anti-âge. Elle s’administre par intraveineuse.

Le même mois, la justice s’était déjà saisie du dossier, comme cette patiente morte après une injection anti-âge faite par un homme sans diplôme. Mais à ce stade, les poursuites étaient bien plus légères que celles d’aujourd’hui.

Que s’est-il passé exactement dans la salle de soins ? Et qu’a dit l’homme aux policiers ?

Quelques secondes, un arrêt cardiaque, une phrase glaçante

Selon la police, Elizabeth Baron aurait été victime d’une erreur de manipulation : Luis Rojas Cabrera lui aurait injecté de l’air pendant le traitement. Elle aurait immédiatement fait un arrêt cardiaque.

D’après les documents judiciaires, le praticien aurait alors confié à un policier : « I made a very big mistake », soit « j’ai commis une très grosse erreur ». Une phrase que la défense n’a pas commentée dans la source.

Les premières poursuites visaient la mise en danger d’autrui et l’exercice illégal d’une profession. Les procureurs attendaient les résultats de l’autopsie pour savoir si l’injection était directement en cause.

Lors de la première audience, en juillet, l’adjoint du procureur Ethan Reisbaum avait martelé : « Administrer du NAD+ par voie intraveineuse nécessite une prescription d’un professionnel de santé. » L’accusé avait plaidé non coupable.

Autre détail qui pèse : ces premières charges ne permettaient pas de détention provisoire. Luis Rojas Cabrera est donc resté libre depuis cette audience.

Puis le verdict du médecin légiste est tombé, fin septembre. Et c’est lui qui a tout fait basculer.

Le verdict du médecin légiste qui change l’accusation

Perfusion et seringue posées sur un plateau de soins

Le médecin légiste de New York a conclu à un homicide fin septembre. Cause du décès : une embolie gazeuse cardiaque, c’est-à-dire de l’air bloqué dans le cœur. Le rapport ne mentionne aucune pathologie sous-jacente.

Résultat, la police a annoncé mardi que Luis Rojas Cabrera était désormais poursuivi pour meurtre par indifférence dépravée (« depraved indifference murder »). Cette qualification vise un comportement d’une telle négligence qu’elle révèle un mépris de la vie d’autrui.

L’accusé, lui, conteste. Contacté le mois dernier par le Post, il a affirmé que l’air retrouvé dans le cœur de la jeune femme ne venait pas de l’injection, mais de la réanimation manuelle qu’il avait pratiquée.

Il dit avoir stoppé la perfusion dès l’arrêt cardiaque, puis tenté de la sauver, tout comme les secouristes arrivés ensuite avec un massage cardiaque mécanique. « Quand j’ai enquêté avec d’autres médecins, ils m’ont dit que c’était une possibilité », a-t-il déclaré.

Il a aussi évoqué de possibles problèmes de santé préexistants. Mais le rapport du légiste n’en note aucun. Reste à savoir ce que dira un tribunal.

Ce que la molécule star a de très peu rassurant

Le NAD+ est une molécule dont on vante, dans les cercles du bien-être et chez certaines célébrités, les prétendus effets contre le vieillissement. Les mannequins Kendall Jenner et Hailey Bieber ont publiquement dit en être adeptes, ce qui a contribué à l’engouement.

Le problème ne tient pas qu’à la molécule. Il tient à la manière de l’administrer : par voie intraveineuse, le geste exige selon l’accusation une prescription et un professionnel de santé habilité.

Dans ce dossier, c’est justement l’absence de cadre médical qui est reprochée à l’accusé. La poursuite pour exercice non autorisé d’une profession reste d’ailleurs au dossier.

Pour le lecteur, la leçon est simple, sans verser dans l’alarmisme : une tendance populaire sur les réseaux ne dit rien du sérieux du lieu qui la propose. Un titre, une licence et une prescription, ça se vérifie.

Ces dérives ne se limitent pas aux perfusions, comme le montre cette femme morte après une opération ratée chez un faux médecin.

Ce qui attend maintenant l’accusé

Le changement de qualification a une conséquence concrète : on parle désormais d’une charge de meurtre, bien plus lourde que les poursuites initiales. Luis Rojas Cabrera, qui avait plaidé non coupable, devra répondre de ces nouvelles accusations. La présomption d’innocence s’applique pleinement tant qu’aucun jugement n’a été rendu.

Le dossier va désormais se jouer sur un point technique : l’origine de l’air retrouvé dans le cœur. D’un côté, le médecin légiste, qui conclut à une embolie gazeuse cardiaque sans pathologie préexistante. De l’autre, la défense, qui invoque la réanimation.

Autre élément à surveiller : la suite procédurale. Comme les premières charges ne permettaient pas de caution, l’accusé était resté libre. Avec une accusation de meurtre, la situation pourrait évoluer, mais la source ne précise pas la suite.

Le dossier rappelle aussi d’autres affaires où des soins esthétiques ou de bien-être ont tourné au drame, comme celle de ce salon d’esthétique de Nice, où trois personnes ont été placées en garde à vue après une mort suspecte.

Reste une question que le dossier pose à tous les amateurs de perfusions du moment : qui tient vraiment l’aiguille ?

Une molécule à la mode, une aiguille mal tenue, et une accusation de meurtre : voilà ce que peut coûter un soin sans cadre médical. Et si les promesses du bien-être vous intriguent, cette mode surprenante qui inquiète chez les hommes mérite le détour. Quant aux dérapages de l’injection, ce qui s’est passé dans un appartement de Villeurbanne ne laisse pas indifférent.

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