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Féminicide à Launaguet : le suspect avait déjà tué une compagne, 25 ans plus tôt en Guyane

Publié par Cassandre le 11 Sep 2026 à 20:58
Femme choquée devant une maison de banlieue à l'aube

Une commune tout entière sous le choc. À Launaguet, au nord de Toulouse, le nom de Sandra ne quitte plus les conversations depuis mardi. Cette mère de famille de 40 ans a été tuée d’une balle dans la tête, juste après une nuit de travail à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Mais c’est un détail glaçant du passé du suspect qui change tout le récit.

Un féminicide qui traumatise Launaguet

Le drame s’est joué au petit matin dans le garage de la maison de Sandra. Ses deux enfants dormaient encore à l’étage quand les secours sont arrivés. La scène rappelle, par sa brutalité, d’autres affaires où l’entourage pensait avoir tourné la page avant que le pire ne survienne.

Le principal suspect, son ancien compagnon âgé de 54 ans, a été retrouvé quelques minutes plus tard à moins d’un kilomètre de là, sur la pelouse du stade municipal. Une arme de poing gisait à côté de lui, une balle dans la tête. Son état reste critique selon le parquet de Toulouse.

Des analyses balistiques doivent désormais établir s’il s’agit bien de la même arme qui a tué la mère de famille et blessé son ancien compagnon. En attendant, la sidération domine dans cette commune de la banlieue toulousaine, un peu comme lorsque des révélations tardives viennent bouleverser une affaire qu’on croyait connaître.

Un lourd passé judiciaire refait surface

Car ce couple, formé en 2010, ne s’était pas rencontré n’importe où. L’homme sortait tout juste du centre de détention de Muret, au sud de Toulouse, où il purgeait une peine pour un crime déjà glaçant.

En 2002, la cour d’assises de Guyane l’avait condamné pour l’assassinat de son ancienne compagne, commis en 1999. Vingt-cinq ans plus tard, c’est une autre femme qui perd la vie dans des circonstances tragiquement similaires.

Le couple avait pourtant eu une petite fille ensemble et semblait, pendant des années, avoir construit une vie stable en Haute-Garonne. Mais la relation s’était dégradée ces dernières semaines, un basculement que même son entourage n’avait pas vu venir, comme souvent avant un drame irréversible.

Sandra avait fini par déposer plainte le 25 juillet à Lavaur, où elle avait trouvé refuge chez son père. Elle y dénonçait des appels malveillants, des violences psychologiques et des atteintes à l’intimité, sans faits de violences physiques constatés à l’époque.

Voiture de gendarmerie garée près d'un garage la nuit

Le dispositif d’alerte resté silencieux

Face à ce climat de peur et de tension, la justice avait pourtant réagi. L’homme avait été placé en garde à vue dès le lendemain de la plainte, le 26 juillet, puis déféré au parquet de Toulouse le 27.

Il était ressorti libre, mais sous interdiction formelle d’approcher son ancienne compagne. Pour la protéger, Sandra avait été équipée d’un téléphone grave danger, ce dispositif censé alerter les forces de l’ordre en une pression de bouton.

Or, selon le parquet de Toulouse, cette femme ne l’avait jamais utilisé depuis sa mise à disposition début août. Un silence qui pèse lourd aujourd’hui, presque aussi assourdissant que celui qui a suivi la découverte du corps.

L’enquête, ouverte pour assassinat sur conjoint, a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Toulouse-Saint-Michel. Elle devra déterminer précisément le déroulé de cette nuit tragique et vérifier si le drame aurait pu être évité malgré le suivi judiciaire déjà en place.

Une femme est morte alors qu’un dispositif entier avait été activé pour la protéger. C’est peut-être la question la plus dérangeante que soulève cette affaire : à partir de quand un système censé prévenir l’irréparable finit-il par arriver trop tard ?

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