« Grave atteinte à la vie privée » : des footballeuses suisses filmées à leur insu sous la douche

C’était censé être une simple soirée de fête de village. Le 7 août dernier, l’équipe féminine senior du FC Naters Oberwallis, en Suisse, sortait tout juste de l’entraînement. Direction les douches, comme d’habitude. Sauf que cette fois, quelqu’un les observait.
Une main, un téléphone, et une fuite dans la nuit
À travers une lucarne du vestiaire, les joueuses aperçoivent soudain une main tenant un smartphone. L’appareil est braqué sur elles, en train de filmer. Le quotidien suisse Walliser Bote a rapporté les faits ce jeudi.
Les footballeuses réagissent immédiatement. Elles tentent de rattraper l’individu, mais il a le temps de s’échapper dans la foule de la fête de village. Avec autant de monde aux alentours ce soir-là, l’identifier s’annonce compliqué pour les enquêteurs.
Une plainte a été déposée dans la foulée. Une enquête est désormais ouverte, même si le club admet qu’il est pour l’instant impossible de savoir si des images ont réellement été enregistrées, voire diffusées quelque part.
La réaction du club, entre soutien et sidération
Johnny Schalbetter, porte-parole du FC Naters Oberwallis, n’a pas mâché ses mots. « Nous prenons cet incident très au sérieux », a-t-il déclaré auprès du Walliser Bote, qualifiant les faits de « grave atteinte à la vie privée ».
Le club assure vouloir placer la protection des joueuses au centre de sa réponse. « Leur protection et leurs souhaits sont la priorité absolue pour toutes les étapes à venir », a-t-il insisté.
Concrètement, les lucarnes incriminées ont déjà été équipées de films occultants pour empêcher toute nouvelle intrusion visuelle. Mais l’équipe féminine refuse pour l’instant de remettre les pieds dans ces vestiaires.
D’autres mesures sont actuellement discutées avec la commune de Naters, en attendant une solution durable. Une situation qui rappelle à quel point les espaces censés être les plus intimes du sport amateur restent parfois mal protégés.
Un phénomène qui dépasse largement les frontières suisses

Ce genre d’affaire n’est malheureusement pas isolée. En Autriche, un arbitre suisse a été condamné en début d’année à sept mois de prison avec sursis et 1 100 francs suisses d’amende. Son crime : avoir installé des caméras cachées dans les vestiaires et douches de l’équipe féminine du club d’Altach, certaines joueuses filmées étant encore mineures.
En France, la loi encadre strictement ce type d’infraction. L’article 226-3-1 du Code pénal punit le fait de filmer ou photographier les parties intimes d’une personne à son insu d’un an de prison et 15 000 euros d’amende. La peine grimpe à deux ans et 30 000 euros si l’acte a lieu dans les transports, sur un mineur, ou par une personne abusant de ses fonctions.
Et l’Hexagone n’est pas épargné. En décembre 2025, des joueuses du club de Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, auraient été filmées à leur insu dans les vestiaires par des joueurs du même club, selon des révélations de L’Équipe publiées en juillet. Le parquet d’Aix-en-Provence a depuis ouvert une enquête.

Des vestiaires de foot amateur aux salles de théâtre, ce type de voyeurisme filmé semble se multiplier partout où des personnes se déshabillent en collectivité. De quoi interroger sérieusement sur la sécurité réelle de ces espaces, censés rester privés.