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« Il était juste derrière moi » : le récit d’un élève en fuite pendant la fusillade du collège d’Aubagne

Publié par Cassandre Jolivet le 13 Oct 2026 à 16:15
Parent inquiet derrière un ruban rouge et blanc devant une école

Lundi matin, vers 9h30, des tirs retentissent dans un collège d’Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône. Alarme incendie, fuite, salles verrouillées : des élèves ont vécu l’impensable. L’un d’eux, en classe de troisième, s’est retrouvé à quelques mètres de l’assaillant présumé, et son récit glace. Voici ce qu’il dit avoir vu, et ce que les parents ont traversé en attendant.

Vers 9h30, un cours de maths, puis l’alarme : la matinée qui a basculé à Aubagne

Selon 20 Minutes, tout démarre ce lundi matin, vers 9h30. Un élève de troisième est en cours de mathématiques quand il entend des détonations. Quelques instants plus tard, l’alarme incendie se déclenche.

D’après le média, un collégien aurait tiré à quatre reprises dans l’établissement avec un fusil de chasse. Deux adultes ont été blessés : le principal, 53 ans, et une professeure, 37 ans. Leurs jours ne seraient pas en danger. Retrouvez le fil des événements dans notre article sur les tirs au collège d’Aubagne.

Le jeune garçon aurait été maîtrisé par le CPE. Il a été placé en garde à vue, et une enquête pour tentative d’assassinat a été ouverte. Son mobile reste inconnu à ce stade.

Devant l’établissement, le dispositif est massif. Camions de pompiers, voitures de police en nombre, ruban rouge et blanc interdisant l’accès. Les élèves sortent au compte-goutte, certains dissimulant leur visage derrière un cahier ou une veste.

Le collège venait pourtant de fêter ses quarante ans la semaine précédente. Et au milieu de ce décor figé, un élève raconte avoir croisé l’assaillant de bien trop près.

« J’ai vu de la fumée » : la fuite d’un élève qui a croisé l’assaillant présumé

Cet élève de troisième peine encore à réaliser. « Il était juste derrière moi », souffle-t-il, encore sous le choc. Entre les tirs entendus en cours et l’alarme, il a quitté sa salle en pleine confusion.

Pendant qu’il fuit, un professeur d’espagnol prend une autre décision. « J’ai joué la sécurité et j’ai enfermé mes élèves », explique Christophe. En sortant, il aperçoit le principal à terre et du sang, et comprend que quelque chose de grave vient d’arriver.

Il reste sonné. « C’est impossible de prévoir ça, je suis choqué », lâche-t-il, un peu hagard. Dans ces moments-là, chaque adulte joue un rôle de protection, une réalité qui rejoint les inquiétudes soulevées par les animateurs suspendus dans le périscolaire parisien.

Du côté des élèves, c’est la stupeur sur l’identité du suspect. Un élève de quatrième, « très surpris », dit le connaître de loin : « c’est un bon gars ». Personne, dans la cour, ne semble avoir vu venir quoi que ce soit.

Reste le moment le plus saisissant. Lors de sa fuite, l’élève de troisième s’est retrouvé tout près du tireur présumé. « J’ai vu son arme, de la fumée, il était en train de recharger », raconte-t-il. Sur son téléphone, il montre la photo d’un impact de balle dans une salle de classe.

Couloir de collège vide avec ruban de police et sac abandonné

Devant le ruban rouge et blanc : l’attente interminable des parents

Pendant ce temps, à l’extérieur, la peur change de camp. Des parents arrivent par dizaines, rivés à leur téléphone. Comme dans d’autres drames récents, par exemple la fusillade de San Diego, des adolescents sont au cœur de l’événement, et l’angoisse est la même.

Dimitri sort de sa nuit de travail quand il apprend la nouvelle. « D’abord le stress, la panique puis la colère, une fois que j’ai eu des nouvelles de mon fils. » Il ajoute ne pas comprendre « comment on peut entrer dans un établissement avec une arme ».

Après de longues minutes, il a pu serrer son garçon dans ses bras. « J’ai profité du moment », confie-t-il, ému. Les parents s’échangent les dernières infos pour se rassurer mutuellement.

Audrey, mère de trois enfants dont deux scolarisés là, attend sa fille de sixième. « C’est un collège incroyable avec des professeurs dynamiques, des projets », soupire-t-elle, bouleversée pour l’équipe pédagogique. « J’ai eu ma fille, je sais que ça va, mais on se languit quand même. »

Une cellule psychologique a été mise en place jusqu’à vendredi. Un élève de sixième y a été reçu. Son père, lucide, anticipe : « Le plus dur reste à venir. »

Ce qui attend le collège dès mardi, et ce que le gouvernement a déjà dit

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, est arrivé sur les lieux dans la journée. Il a annoncé que des perquisitions étaient en cours. L’enquête devra établir comment un fusil de chasse a pu entrer dans l’établissement, une question que les parents posent déjà.

Mardi, le collège ne rouvrira que pour les enseignants, a annoncé le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, également présent à Aubagne. Mercredi, les élèves pourront revenir progressivement. Les cours seront alors remplacés par des temps d’échange.

Le ministre a aussi eu des mots forts : « Il y a quelque chose de sacré dans l’école, ce tabou est tombé et doit être restauré. » Une phrase qui résume le choc d’une communauté entière.

Ce drame s’inscrit dans un contexte où la sécurité des collégiens inquiète à d’autres titres. Nous avions déjà raconté comment du faux CBD vendu aux collégiens alertait les familles.

Et pour les parents, la vigilance passe aussi par ce qui se cache chez soi. Un couple l’a appris à ses dépens en ouvrant une porte : l’odeur devenait insupportable dans la chambre de leur fils.

À Aubagne, la suite reste à écrire : l’enquête, le retour en classe, la parole des élèves. Le mobile, lui, demeure la grande inconnue.

Un élève qui voit l’assaillant recharger, des parents qui attendent derrière un ruban : ce lundi a laissé des images qu’aucun collège ne devrait connaître.

Et si vous cherchez d’autres histoires qui bousculent, la vague de haine qui a submergé une adolescente de 14 ans en débardeur pose une tout autre question sur notre époque.

Quant à ceux qui ont encore le cœur serré, ce qu’une hôte Airbnb a préparé pour un vieux chien en fin de vie a bouleversé sa maîtresse.

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