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Un maire fait poser un bloc de béton de 2 tonnes, des gens du voyage le déplacent quand même

Publié par Cassandre le 13 Août 2026 à 17:03

Un bloc de béton de 2 tonnes, deux cadenas de pompiers, et pourtant l’accès a cédé. Dans le petit village de Sainte-Euphémie, dans l’Ain, le scénario du printemps s’est répété, en pire. Le maire pensait avoir réglé le problème une bonne fois pour toutes. Ce qui s’est passé dimanche soir prouve le contraire, et la raison pour laquelle il a cette fois décidé de porter plainte va bien au-delà d’une simple installation illégale.

Un refus par téléphone, une installation quand même

Tout commence par un coup de fil qui aurait dû clore le débat. Le responsable des gens du voyage, aussi appelés Citoyens français itinérants (CFI), avait sollicité l’autorisation de stationner sur le terrain communal. Le maire Emmanuel Geniquet avait refusé, invoquant l’absence d’aires disponibles dans le secteur : Trévoux et Anse, les communes voisines, étaient toutes deux en travaux. Une réponse claire, transmise sans détour.

Mais dimanche 9 août au soir, une quinzaine de caravanes et véhicules ont tout de même franchi les limites du terrain. Une situation qui rappelle d’autres tensions locales liées à l’accès aux ressources en période de canicule estivale, un contexte qui n’a rien d’anodin pour la suite de l’histoire. Le maire s’est déplacé pour signifier son mécontentement face à ce qu’il juge être un passage en force caractérisé.

Ce n’est pourtant pas une première. Au printemps déjà, le même groupe s’était installé sur ce terrain, sans opposition municipale à l’époque. Les gens du voyage avaient alors réglé leur consommation d’électricité et versé une contribution au CCAS de la commune. Un épisode qui avait laissé penser que la question était close, un peu comme ces habitudes qu’on croit réglées et qui reviennent sans prévenir.

Le vote du conseil municipal balayé en une soirée

Face à cette répétition, la mairie avait voulu frapper fort. Le conseil municipal avait voté, à seize voix pour et trois contre, la pose de deux blocs de béton devant le portail d’accès au terrain. Une mesure censée fermer définitivement la porte à toute nouvelle intrusion, votée dans les règles, avec le soutien d’une large majorité des élus.

Le problème, c’est que ces blocs pèsent chacun deux tonnes. Une masse qui paraît, sur le papier, totalement infranchissable sans engin de chantier. Pourtant, dimanche soir, l’un des deux blocs a bel et bien été déplacé pour laisser passer les véhicules. Une manœuvre qui interroge sur les moyens matériels mobilisés pour contourner un dispositif pensé comme définitif.

Le contraste est saisissant : d’un côté une décision municipale votée démocratiquement, symbole d’une volonté collective affirmée, de l’autre une intrusion qui balaie cette décision en quelques heures. Ce genre de rapport de force local autour de ressources partagées illustre les tensions croissantes que vivent certaines communes rurales, où chaque décision administrative se heurte parfois à une réalité qu’elle ne parvient pas à contenir.

Un maire fait poser un bloc de béton de 2 tonnes, des gens du voyage le déplacent quand même

La bouche d’incendie, l’élément qui change tout

C’est là que l’affaire prend une tournure bien plus sérieuse. Le maire aurait pu se contenter de dénoncer une simple installation sans autorisation. Mais Emmanuel Geniquet a choisi de porter plainte auprès de la gendarmerie de Trévoux et de la Préfecture de l’Ain pour un motif précis et lourd de conséquences : un branchement sur une bouche d’incendie pour accéder à l’eau.

Ce geste, qui peut sembler anodin, est en réalité passible de sanctions pénales sévères : jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Le maire insiste sur le contexte particulièrement mal choisi de cet épisode, en pleine période de sécheresse et de restrictions d’eau imposées aux habitants du village. Voir des caravanes et des voitures lavées devant la population, alors même que les Euphémiens sont priés de limiter leur consommation, a cristallisé la colère locale.

« Ce n’est pas ainsi que l’on se fait accepter », a résumé le maire, qui attend désormais une réponse du préfet de Bourg-en-Bresse pour envisager une extraction par les forces de l’ordre. L’affaire, documentée notamment par le journal Le Progrès, illustre la difficulté des petites communes à faire respecter leurs décisions face à des situations qui leur échappent rapidement.

Un bloc de béton de deux tonnes n’aura tenu qu’une nuit face à la détermination d’une quinzaine de véhicules. La balle est désormais dans le camp du préfet, et Sainte-Euphémie retient son souffle en attendant la suite. Cette histoire vous rappelle-t-elle une situation similaire près de chez vous ?

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