Espagne : un homme de 71 ans meurt encorné au cœur lors du Carnaval del Toro
Une soirée de fête qui vire au drame en quelques secondes. À Ciudad Rodrigo, dans le nord-ouest de l’Espagne, un homme de 71 ans a perdu la vie après avoir été violemment encorné par un taureau, en pleine ouverture du célèbre Carnaval del Toro.
L’incident, survenu samedi 14 février au cœur des arènes, a plongé toute la ville dans la stupeur. Les autorités locales ont depuis ouvert une enquête pour comprendre exactement comment ce spectateur s’est retrouvé face à l’animal.
Ce drame ravive le souvenir d’un précédent accident mortel survenu lors du même festival, quarante ans plus tôt. Un rappel brutal que ces fêtes taurines, aussi encadrées soient-elles, restent traversées par un risque réel.

Une blessure au cœur, une mort en moins d’une minute
Selon le média local La Gaceta, Eustaquio Martín se trouvait dans les arènes vers 1 heure du matin, au moment du lancement du spectacle nocturne de tauromachie.
Dans des circonstances encore floues, un taureau l’a chargé et l’a touché en haut de la cage thoracique. La blessure a provoqué une hémorragie que les médecins ont qualifiée d’« incontrôlable » et de « catastrophique ».
« Il est arrivé à l’infirmerie dans un état d’agonie. La blessure, au centre de la poitrine, a laissé son cœur partiellement détruit et un poumon sévèrement endommagé », a détaillé le Dr Enrique Crespo auprès des médias espagnols.
Le médecin est formel : la victime est décédée moins d’une minute après son arrivée en soins. Un délai si court qu’il ne laissait aucune marge de manœuvre aux équipes présentes sur place.
Un festival sous le choc, un précédent vieux de quarante ans
Peu après le drame, la page Facebook officielle du Carnaval del Toro a publié un message pour exprimer sa sidération. « C’est l’une des choses que nous n’aurions jamais voulu voir ni vivre. Nous sommes sous le choc », peut-on y lire.
L’organisation évoque ensuite un accident similaire survenu en 1986, où un autre participant avait déjà trouvé la mort dans les mêmes arènes. Ce parallèle donne une dimension presque historique au drame de ce week-end.
« Se souvenir de cette date semblait appartenir à une autre époque, à une manière différente de concevoir notre carnaval. On pensait que cela ne se reproduirait plus jamais », poursuit le communiqué du festival.
Le texte insiste sur les nombreux participants sauvés au fil des années grâce aux équipes médicales mobilisées sur l’événement. Un système de secours pourtant réputé solide, mis en échec cette fois par la gravité de la blessure.
Ce n’est pas la première fois qu’un lâcher de taureaux tourne mal en Espagne : un participant avait déjà été violemment percuté lors d’un événement similaire en Navarre, filmé et largement partagé.
La ville rend hommage à « l’un des siens »

Le maire de Ciudad Rodrigo, Marcos Iglesias Caridad, a confirmé le drame dans une publication sur les réseaux sociaux dès l’annonce du décès.
« Comme vous l’avez appris par les médias, malheureusement l’un de nos concitoyens, très apprécié, est décédé dans la nuit. Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses amis », a écrit l’édile.

Le lendemain matin, une veillée et une minute de silence ont été organisées en hommage à Eustaquio Martín. Une figure populaire de la communauté locale, qui participait chaque année à ce festival emblématique de la région de Salamanque.
L’enquête ouverte par les autorités devra désormais déterminer les circonstances précises de l’accident, et si des mesures de sécurité auraient pu éviter ce nouveau drame taurin. En attendant, Ciudad Rodrigo pleure un habitant que tout le monde connaissait.
Ce genre d’accident rappelle aussi que l’Espagne reste, chaque année, le théâtre de nombreux incidents lors de ses fêtes traditionnelles impliquant des taureaux, entre corridas, lâchers dans les rues et encierros. Un folklore ancré qui continue de diviser bien au-delà de ses frontières.