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Elle disait dormir au moment du crash : la vidéo qui a piégé Humaira Batool au tribunal

Publié par Cassandre le 10 Sep 2026 à 8:58
Elle disait dormir au moment du crash : la vidéo qui a piégé Humaira Batool au tribunal

Une supercar à 220 000 livres, une route détrempée près de Ripponden, et une vitesse folle en pleine nuit. L’histoire semblait simple : un accident tragique, un jeune homme de 20 ans mort dans les flammes. Mais au fil du procès, un détail a tout changé.

Devant les jurés de Leeds Crown Court, la version de la passagère présumée s’est effondrée pièce par pièce. Une caméra avait tout filmé, et personne ne s’y attendait.

Une nuit de décembre qui bascule sur le M62

Tout commence le 21 décembre 2022, vers 4 heures du matin. Mohammed Shaan Hussain, 20 ans, loue une Lamborghini pour aller récupérer un ami à sa sortie de la prison de Leeds. Il passe chercher Humaira Batool, alors âgée de 22 ans, à son domicile de Bradford.

Au départ, c’est lui qui conduit. Mais à un feu rouge, un échange a lieu : Batool prend le volant, et Hussain s’installe côté passager. La suite se joue à une vitesse vertigineuse.

La Lamborghini file sur l’autoroute, dépassant les 143 mph, soit plus du double de la limite autorisée. Elle passe même devant Stott Hall Farm, la célèbre « maison au milieu de l’autoroute », à 120 mph. Huit secondes plus tard, le véhicule quitte la chaussée, percute une barrière et se retourne.

Le mensonge démonté par la vidéosurveillance

Des automobilistes tentent aussitôt de porter secours à Hussain, mais le feu se propage et une explosion « très significative » rend toute intervention impossible. Le jeune homme meurt dans l’épave, piégé dans les flammes.

Batool parvient à s’extraire du véhicule et est retrouvée sur un talus herbeux, gravement blessée : des brûlures sur 10 % du corps et un tibia fracturé. Elle raconte alors aux témoins que les flammes ont fait fondre sa ceinture de sécurité, lui permettant de s’échapper.

Face aux enquêteurs, elle affirme d’abord que c’est Hussain qui conduisait. Elle prétend même s’être endormie sur le siège passager et n’avoir été réveillée que lorsque la voiture s’est mise à tanguer, selon le récit rapporté par le tribunal. Sauf que des images de vidéosurveillance, diffusées devant les jurés, montrent tout autre chose : Batool sortant du véhicule et échangeant sa place avec Hussain, juste avant le drame.

Le procureChristopher Dunn résume la scène sans détour : « Elle a gardé le silence total sur ce point, jusqu’à ce qu’elle soit contrainte de le reconnaître, confrontée à des preuves irréfutables. »

Jeune femme au visage inquiet dans un tribunal

Des boutons qui n’ont jamais existé

Acculée par les preuves, Batool change alors de stratégie devant la cour. Elle affirme que Hussain manipulait les commandes du bolide, lui lançant : « Regarde, regarde ça », juste avant de toucher la console et le volant.

Selon elle, la voiture aurait « bondi » à plusieurs reprises sous l’effet de ces pressions répétées, la plongeant dans la panique jusqu’à la figer complètement. Une version que le procureur qualifie de « tentative profondément indigne de reporter la faute sur la personne décédée à cause de sa conduite dangereuse ».

Problème : un expert en Lamborghini, appelé à la barre, a formellement contredit ce scénario. Il n’existe, selon lui, aucun bouton, levier ou commande dans ce type de supercar capable de provoquer une telle accélération soudaine.

La défense, portée par l’avocat Richard Dawson, a tenté une autre voie : celle de l’accident pur, sans responsabilité pénale. « Parfois, des accidents se produisent, de vrais accidents où personne n’est pénalement responsable », a-t-il plaidé, estimant que la vitesse seule n’expliquait pas la sortie de route. Les jurés n’ont pas suivi cet argument.

Batool a finalement été reconnue coupable de conduite dangereuse ayant entraîné la mort. Le juge Ray Singh lui a accordé une liberté conditionnelle jusqu’au 2 novembre, date de sa condamnation, tout en la prévenant sans détour : « La prison est inévitable dans ce dossier, et elle sera d’une certaine durée. »

Une nuit de vitesse et de mensonges, une vidéo qui ne pardonne rien : le verdict tombe, la peine reste à écrire. Combien de temps pour effacer 143 mph et un ami mort dans les flammes ?

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