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Prague : une jeune mère brûlée après un incendie pendant sa césarienne, son bébé indemne

Publié par Cassandre le 03 Sep 2026 à 13:41

Une césarienne d’urgence, un bloc opératoire, et en quelques secondes, tout bascule. À l’hôpital universitaire Bulovka de Prague, des flammes ont jailli en pleine intervention, juste au moment où le bébé venait d’être mis au monde.

Résultat : une jeune mère de 24 ans grièvement brûlée, et un nouveau-né miraculeusement indemne. Un accident aussi rare que terrifiant, qui relance les questions sur la sécurité dans les blocs opératoires du monde entier.

Couloir d'hôpital vide avec civière, lumière chaude

Le feu s’est déclaré juste après la naissance du bébé

Instrument chirurgical et désinfectant sur plateau médical

Tout se passe le mardi 25 août 2026, dans le nord de la capitale tchèque. La patiente est prise en charge en urgence pour une césarienne, motivée par des « complications obstétricales aiguës », selon la porte-parole de l’hôpital, Eva Stolejda Libigerova, citée par l’AFP.

Le bébé est extrait sans encombre. Mais la fin de l’intervention tourne au cauchemar : l’équipe médicale tente alors de stopper une hémorragie à l’aide d’un instrument électrochirurgical, un outil qui utilise la chaleur pour cautériser les tissus.

C’est à ce moment précis que le feu se déclare sur le champ opératoire, juste après la désinfection de la patiente avec une solution à base d’alcool. Une réaction en chaîne aussi rapide qu’imprévisible, semblable à celle documentée dans d’autres incidents impliquant des sources de chaleur et des produits inflammables.

Des brûlures au deuxième et troisième degré

D’après la presse tchèque, la jeune femme a été brûlée au niveau des organes génitaux, de l’intérieur des cuisses, des flancs et du bas-ventre. Les médecins ont constaté des brûlures du deuxième et du troisième degré.

Deux jours après l’accident, elle est transférée vers le service des grands brûlés de l’hôpital universitaire Královské Vinohrady. Elle regagnera ensuite le service maternité de Bulovka, aux côtés de son enfant.

« L’état de la mère est stable et ne nécessite pas de soins intensifs, elle reste dans un service de maternité avec son enfant », a précisé la porte-parole de l’établissement. Par respect pour la vie privée de la patiente, aucun détail supplémentaire sur son traitement n’a été communiqué.

Mais une question reste en suspens : comment un lieu aussi surveillé qu’un bloc opératoire a-t-il pu s’enflammer en quelques secondes à peine ?

La « triade du feu », un scénario redouté mais documenté

L’hôpital Bulovka assure mener une enquête approfondie. « L’hôpital enquête sur l’incident conformément aux procédures », a confirmé Eva Stolejda Libigerova. Un processus qui rappelle celui déclenché après d’autres erreurs médicales ayant fait l’objet d’investigations internes.

Ce type d’accident reste extrêmement rare, mais il est loin d’être inconnu de la littérature médicale. Aux États-Unis, des travaux estiment entre 550 et 650 le nombre de feux qui se déclarent chaque année au bloc opératoire, dont une petite proportion entraîne des blessures graves, voire des décès.

Le scénario repose presque toujours sur le même principe, que les spécialistes appellent la « triade du feu » : un combustible, comme un désinfectant alcoolique ou un champ opératoire en tissu, un comburant, l’oxygène ambiant, et une source d’ignition, souvent un bistouri électrique.

Façade d'hôpital universitaire européen au crépuscule

À Prague, les premiers éléments de l’enquête pointent justement l’interaction entre l’instrument électrochirurgical utilisé pour stopper l’hémorragie et le désinfectant à base d’alcool, qui n’aurait pas eu le temps de s’évaporer complètement avant l’activation de l’outil.

Des protocoles de sécurité déjà pointés du doigt

Les recommandations des organismes de sécurité hospitalière sont pourtant claires sur ce point. Les solutions désinfectantes alcoolisées doivent sécher totalement avant toute activation d’un bistouri électrique, et les compresses imbibées doivent systématiquement être retirées de la zone opératoire.

Un rappel qui prend un relief particulier pour l’hôpital Bulovka, déjà critiqué en 2024. Une femme enceinte venue pour une consultation de routine avait alors subi, par erreur, un curetage ayant conduit à la perte de sa grossesse. La cause : une confusion entre deux patientes d’origine asiatique.

Une enquête interne avait à l’époque conclu à la faute de deux membres du personnel, dont l’un avait été écarté. Un précédent qui fait écho à d’autres confusions médicales aux conséquences dramatiques survenues ailleurs en Europe.

L’investigation en cours sur l’incendie de la césarienne pourrait, cette fois encore, déboucher sur un renforcement des protocoles de sécurité. Bien au-delà des murs de cet établissement pragois, c’est toute la question de la vigilance au bloc opératoire qui se retrouve posée, un sujet déjà soulevé après plusieurs erreurs chirurgicales aux lourdes conséquences ces dernières années.

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