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« J’ai perdu ma fille, elle n’avait que trois jours » : 14 bébés meurent dans l’incendie d’une maternité au Pakistan

Publié par Cassandre le 26 Août 2026 à 13:55
« J'ai perdu ma fille, elle n'avait que trois jours » : 14 bébés meurent dans l'incendie d'une maternité au Pakistan

Un climatiseur défectueux, une étincelle, et quatorze vies qui s’éteignent avant même d’avoir commencé. C’est le bilan glaçant de l’incendie qui a ravagé mercredi le service de maternité de l’hôpital PIMS, à Islamabad, capitale du Pakistan.

Les autorités ont confirmé le drame dans un communiqué officiel. « Un incendie s’est déclaré au troisième étage du service de santé maternelle et infantile », précise le texte publié par le district d’Islamabad.

Une nuit ordinaire transformée en cauchemar

Tout commence comme une nuit banale dans un service de néonatalogie. Des parents attendent, des infirmières veillent, des nourrissons dorment dans leurs couveuses.

Puis la fumée noire envahit les couloirs. Selon Abdul Ghafoor, témoin de la scène, « il y avait de la fumée noire à l’intérieur et les patients étaient piégés ».

Le chaos s’installe en quelques minutes. Des familles se retrouvent séparées, certaines réussissent à fuir, d’autres restent bloquées derrière des portes qui, selon plusieurs témoignages, ne s’ouvraient plus.

Des portes verrouillées, des secours qui tardent

C’est l’accusation la plus lourde qui pèse sur cette tragédie. Jaweria, une mère qui affirme avoir perdu sa fille dans l’incendie, raconte que la porte du service de soins intensifs néonatals était fermée à clé.

« Je n’y crois pas. Rendez-moi mon enfant », lâche-t-elle, dévastée. « Pourquoi les médecins ont-ils laissé les enfants là-bas ? »

Une autre témoin, restée anonyme, va plus loin encore. Elle assure que « les agents de sécurité ne les laissaient pas sortir et les gardiens les empêchaient » de quitter les lieux.

« Les gens ont dû casser la porte et les secours ont dû briser les fenêtres pour maîtriser le feu », précise-t-elle. Une scène de panique où des proches en sont réduits à défoncer eux-mêmes les issues.

Sur le temps de réponse des secours, les versions divergent nettement. Abdul Ghafoor affirme que « les équipes de secours ont mis près de deux heures à arriver ».

Le commissaire en chef d’Islamabad, Sohail Ashraf, contredit formellement ce récit sur X. Il assure que l’appel d’urgence a été passé peu avant 7h du matin et que les équipes sont intervenues « immédiatement ».

Père effondré assis devant l'hôpital après l'incendie

Les proches, prostrés devant l’hôpital

Khurram Mehmood, 40 ans, attend assis sur la route devant le bâtiment. Sa femme se trouvait dans le service au moment du sinistre.

« J’ai perdu ma fille. Elle n’avait que trois jours », confie-t-il, la voix brisée. « Ils ont fait sortir tout le monde. On était assis sur la route à attendre de l’aide. »

Un peu plus loin, une autre histoire, presque miraculeuse. Shagufta Parveen serre contre elle son nouveau-né de dix jours, les mains encore couvertes de suie.

« Les gens hurlaient. Il y avait de la fumée noire. Nous avons couru pour nos vies. Grâce à Dieu mon bébé est sain et sauf », raconte-t-elle.

Devant l’établissement, une infirmière égrène les noms des nourrissons décédés face aux familles rassemblées. Un journaliste de l’AFP a aussi vu un homme balayer des éclats de vitres brisées, sous le regard des gardes postés à l’entrée.

Ce que dit l’hôpital sur l’origine du feu

Aneeza Jalil, porte-parole de l’établissement, a livré une explication technique. Selon elle, « le feu est parti de la climatisation » après une défaillance électrique.

Une explication simple, presque banale, pour un drame qui a coûté la vie à quatorze enfants nés depuis quelques jours seulement. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a exprimé son « profond chagrin » et demandé l’ouverture d’une enquête.

« Une telle situation impliquant des enfants est irréparable », a-t-il déclaré. Le ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi a tenu des propos similaires dans un communiqué séparé.

Mère serrant son nouveau-né rescapé, mains couvertes de suie

Un pays régulièrement frappé par ce type de drame

Ce n’est malheureusement pas un cas isolé au Pakistan. La faiblesse des normes de construction et le laxisme dans leur application rendent les incendies de grands bâtiments fréquents dans le pays.

En janvier dernier, au moins 67 personnes ont péri dans l’incendie d’un centre commercial très fréquenté de Karachi, dans le sud du pays. Un bilan qui rappelle, à l’échelle nationale, à quel point ces catastrophes liées au feu peuvent frapper massivement des lieux censés être sûrs.

La même ville portuaire avait déjà connu un sinistre similaire en 2023, avec onze morts. Deux ans plus tôt, seize ouvriers avaient perdu la vie dans l’incendie d’une usine.

Le précédent le plus sombre reste celui de 2012, toujours à Karachi. L’incendie d’une usine textile avait fait au moins 250 morts parmi les employés, le bâtiment ne disposant d’aucune sortie de secours.

Des drames qui posent une question simple mais lourde : combien de vies faudra-t-il encore perdre avant que la sécurité des bâtiments publics et industriels devienne une priorité réelle au Pakistan ?

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