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Une infirmière filmait et diffusait des vidéos pédopornographiques de nourrissons

Publié par Cassandre le 30 Mai 2026 à 11:13
Service de réanimation néonatale vide avec couveuses éclairées

Un service de réanimation néonatale. Des bébés parmi les plus fragiles. Et une soignante censée les protéger. L’affaire qui secoue l’hôpital André Grégoire de Montreuil depuis l’été 2025 vient de connaître un tournant décisif : la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des infirmiers a prononcé la radiation définitive de l’accusée. Voici ce que révèle le jugement rendu le 28 mai 2026.

Réanimation néonatale à Montreuil : comment une soignante a trahi la confiance des familles

Juliette S. exerçait en réanimation néonatale à l’hôpital André Grégoire, en Seine-Saint-Denis. C’est dans ce service, où les nouveau-nés luttent parfois pour leur vie, qu’elle a commis l’impensable. Les enquêteurs ont découvert qu’elle filmait des nourrissons dans des mises en scène à caractère pédopornographique, puis transmettait ces vidéos via TikTok.

Sur l’une des séquences, on la voit mettre des doigts dans la bouche d’un bébé. Sur une autre, le sexe d’un enfant est touché sous forme de caresses et d’un pincement. Des gestes que rien ne justifie, filmés par celle-là même qui devait prodiguer des soins. Des contenus diffusés sur les réseaux qui continuent de poser la question du contrôle des plateformes.

En août 2025, l’infirmière et son ancien amant, Redwane E., avaient été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Mais le volet disciplinaire, lui, vient tout juste de tomber.

« Sous l’emprise de son amant » : la défense rejetée par la chambre disciplinaire

Devant l’instance ordinale, Juliette S. a reconnu les faits. Elle a admis avoir réalisé « sur un certain nombre de nourrissons » des captations vidéo « à connotation pornographique », échangées ensuite sur TikTok. Mais sa ligne de défense reposait sur deux arguments : l’emprise psychologique de son amant, qui lui aurait confié « fantasmer sur des enfants », et la présomption d’innocence, l’affaire n’ayant pas encore été jugée au pénal.

La chambre nationale a balayé ces arguments. Dans sa décision datée du 28 mai 2026, elle estime que « les faits qui lui sont reprochés sont particulièrement probants et circonstanciés ». D’autres affaires de pédopornographie ont récemment rappelé l’ampleur du phénomène dans des milieux où la confiance est absolue. L’Ordre a jugé que de tels actes constituaient une « atteinte inouïe à la dignité et l’intimité du patient et de sa famille ». La sanction est sans appel : radiation.

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Radiation, contrôle judiciaire et 2 victimes identifiées : ce que la justice prépare encore

La vulnérabilité des nourrissons rappelle à chaque fait divers combien leur protection exige une vigilance totale. La radiation interdit désormais à Juliette S. d’exercer le métier d’infirmière. Elle pourra toutefois, après un délai de trois ans, demander à la chambre disciplinaire de réexaminer cette interdiction.

Côté pénal, le dossier est loin d’être clos. Les chefs de mise en examen incluent agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, complicité, ainsi que l’enregistrement, la détention et la transmission d’images pédopornographiques. En septembre 2025, le procureur de Bobigny avait précisé que deux nourrissons victimes étaient alors identifiés, tout en soulignant que l’enquête se poursuivait.

L’ancien amant, Redwane E., est lui aussi mis en examen comme auteur ou complice. Le procès pénal, quand il aura lieu, devra répondre à une question que la sanction disciplinaire ne tranche pas : la manipulation affective suffit-elle à atténuer la responsabilité d’une professionnelle de santé face à des bébés sans défense ?

Une blouse blanche n’est pas un bouclier — c’est un contrat de confiance. Quand ce contrat est trahi au chevet de nourrissons en réanimation, aucune excuse ne tient. Reste à savoir si le procès pénal ira plus loin que la radiation, et combien d’autres victimes l’enquête pourrait encore révéler.

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