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« Elle était tout pour lui » : cet Israélien de 30 ans se suicide sur la tombe de sa petite amie tuée le 7 octobre

Publié par Cassandre le 05 Août 2026 à 13:38
« Elle était tout pour lui » : cet Israélien de 30 ans se suicide sur la tombe de sa petite amie tuée le 7 octobre

Un jeune homme de 30 ans retrouvé sans vie sur une tombe, une arme à ses côtés. L’histoire pourrait s’arrêter là, glaçante et anonyme. Mais elle raconte en réalité un drame intime né des massacres du 7 octobre 2023, quand toute une génération israélienne a vu sa vie basculer en quelques heures.

Derrière ce geste désespéré se cache une histoire d’amour brisée, celle de Bar Asraf et de sa petite amie Liron Barda, tuée pendant le festival Nova. Ce que sa famille révèle sur les derniers mois de sa vie donne une idée de l’ampleur du traumatisme qui continue de frapper, deux ans après.

Un jeune homme rongé par le deuil depuis deux ans

Bar Asraf, habitant de Sha’arei Tikva en Cisjordanie, a été découvert samedi 1er août dans une mare de sang, sur la tombe de sa petite amie, une arme posée juste à côté de lui. Prudents, plusieurs médias israéliens évoquent d’abord un « possible » suicide, mais tous les témoignages recueillis autour de lui pointent vers cette hypothèse tragique.

Ses proches ont confié au média Walla que le jeune homme n’avait jamais réussi à faire le deuil de Liron Barda. Elle était responsable du bar du festival de musique Nova, près du kibboutz de Réïm, théâtre du plus grand massacre de cette journée avec plus de 370 morts.

Avant d’être tuée par les terroristes du Hamas, elle avait prodigué les premiers soins à des blessés. Un souvenir qui, selon le Jerusalem Post, « hantait » littéralement son petit ami depuis l’attaque du 7 octobre 2023. Un traumatisme silencieux, que la famille n’a compris que trop tard dans toute sa gravité.

La macabre découverte de sa sœur sur la tombe

C’est sa sœur, Lihi Asraf, qui a découvert le corps de son frère. « Hier, il est parti, et j’ai pensé qu’il allait s’isoler pour réfléchir, comme il le fait d’habitude », raconte-t-elle à Walla. Après deux heures sans nouvelles, elle décide avec sa grande sœur d’aller vérifier un endroit précis : la tombe de Liron Barda, où son frère avait l’habitude de venir « parler et passer du temps avec elle ».

Sur place, elle aperçoit d’abord son frère allongé au sol et lui demande de se relever. « Puis j’ai compris qu’il était couvert de sang. J’ai marché sur une arme à feu qui se trouvait à côté de lui. J’ai hurlé.

Je ne pouvais plus rien faire », confie-t-elle, encore sous le choc. Pour elle, aucun doute : Liron n’était pas une simple compagne pour son frère, mais sa « meilleure amie » depuis l’enfance, celle dont il portait même le visage tatoué sur la peau.

« Il est mort là où il voulait être, avec la femme avec laquelle il voulait être », ajoute-t-elle.

« Elle était tout pour lui » : cet Israélien de 30 ans se suicide sur la tombe de sa petite amie tuée le 7 octobre

« Personne ne peut la remplacer » : les derniers mots de Bar Asraf

Bracha, la mère du jeune homme, s’est elle aussi confiée sur cette relation fusionnelle. « Elle était tout pour lui. Pour chacun de ses problèmes, elle était sa confidente. S’il se sentait déprimé, elle lui remontait le moral », raconte-t-elle. Un vide que rien, ni personne, n’a jamais pu combler après le drame du festival Nova.

Peu avant sa mort, remarquant la tristesse de son fils, elle lui avait demandé ce qui n’allait pas. Sa réponse résume à elle seule l’ampleur du chagrin : « Maman, je suis triste. C’est dur pour moi sans Liron. Elle me manque. Personne ne peut la remplacer, personne pour me remonter le moral. » Des mots qui prennent aujourd’hui une résonance particulièrement douloureuse.

Sa sœur Lihi espère désormais que cette tragédie permettra de « mieux comprendre » ce que les massacres du festival Nova « ont fait subir aux gens », bien après les caméras et les gros titres.

Un espoir partagé par Shiran Maor, présidente de l’association SafeHeart, qui accompagne les survivants du 7 octobre : « Le traumatisme n’affecte pas uniquement les survivants. Les conjoints, les parents, les membres de la famille et les amis portent eux aussi une immense douleur, faisant face au quotidien aux conséquences de la perte. »

Deux ans après l’horreur du festival Nova, cette histoire rappelle une vérité que l’on oublie trop souvent : les blessures invisibles tuent parfois aussi sûrement que les balles. Combien d’autres, aujourd’hui encore, portent seuls un deuil que personne ne voit ?

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