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Cinq ans après la plainte, l’avocat Juan Branco visé par un procès pour viol

Publié par Cassandre le 02 Sep 2026 à 7:05

Cinq ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour que ce dossier avance vraiment. Juan Branco, avocat médiatique et ennemi juré de la Macronie, se retrouve désormais face à une décision judiciaire lourde de conséquences.

juan branco

Le parquet de Paris vient de trancher, mais pas dans le sens qu’on aurait pu croire pour toutes les affaires en cours. Un document de 32 pages, que Le Parisien a pu consulter, dessine une position à double tranchant.

Une enquête qui traîne depuis 2020

Tout commence avec une première plainte déposée il y a cinq ans. À l’époque, Juan Branco est déjà une figure clivante du paysage politico-judiciaire français, auteur du pamphlet à succès Crépuscule, dans lequel il s’attaque frontalement au pouvoir en place.

L’homme de 37 ans cultive une image de trublion, capable de mobiliser des foules et de secouer l’establishment. Mais derrière cette figure publique, une enquête judiciaire suit son cours, discrètement, loin des caméras.

Les faits qui lui sont reprochés remontent à plusieurs années. Une première série concerne des accusations de viol et d’agression sexuelle formulées par deux jeunes femmes, pour des actes qui se seraient déroulés en 2017. Une autre plainte, plus récente, vise des faits datés d’avril 2021, impliquant une femme de onze ans sa cadette.

Ce genre de dossier, souvent, s’enlise. Les procédures judiciaires françaises pour des affaires de ce type peuvent s’étirer sur des années, entre expertises, auditions et contre-expertises. D’ailleurs, comme le montre l’affaire Émile, certaines enquêtes réservent des rebondissements tardifs qui changent toute la donne.

Ici, le réquisitoire définitif vient enfin d’être rendu, le 6 août dernier, mettant fin à cinq années d’incertitude. Un peu comme dans l’affaire Dupont de Ligonnès, où chaque nouvelle révélation redéfinit le dossier.

Une position du parquet en deux temps

Voici où les choses deviennent intéressantes. Le ministère public ne traite pas les trois plaintes de la même façon, et c’est précisément ce qui rend ce dossier singulier.

Pour les faits de 2021, concernant la femme de onze ans sa cadette, le parquet réclame un renvoi devant la cour criminelle. Autrement dit : un procès pour viol. C’est la conséquence la plus lourde qu’un avocat puisse redouter, celle qui transforme une enquête en instruction publique et judiciaire.

Mais pour les deux autres plaintes, celles évoquant des faits de 2017, le parquet requiert un non-lieu. Autrement dit, l’accusation ne serait pas suffisamment étayée pour justifier un procès sur ces volets-là. Deux poids, deux mesures, dans un même réquisitoire de 32 pages.

Cette distinction n’a rien d’anodin. Elle signifie que le parquet a considéré que les éléments de preuve, les témoignages et les expertises psychologiques ne pesaient pas de la même manière selon les dossiers. Un choix qui va forcément alimenter les débats, tant du côté des parties civiles que de la défense de l’avocat, qui a toujours clamé son innocence.

Durant toute l’instruction, Juan Branco a défendu une thèse bien précise : celle d’un complot politique orchestré contre lui. Une ligne de défense qui rappelle d’autres affaires où des personnalités publiques crient au règlement de comptes, comme l’a fait récemment Élodie Gossuin face à des accusations tout aussi virulentes.

Ce que risque désormais l’avocat

Si les magistrats instructeurs suivent les réquisitions du parquet, comme c’est souvent le cas, Juan Branco devra bel et bien répondre de ses actes devant une cour criminelle. C’est le scénario le plus redouté pour n’importe quel prévenu, et il concerne uniquement les faits d’avril 2021.

Une cour criminelle départementale, pour rappel, juge les crimes punis de 15 à 20 ans de réclusion, sans jury populaire mais avec cinq magistrats professionnels. C’est un dispositif relativement récent dans le paysage judiciaire français, pensé pour accélérer le traitement de certaines affaires criminelles.

Pour les deux autres plaintes, l’histoire s’arrête ici, du moins en théorie. Un non-lieu signifie que l’instruction n’a pas révélé de charges suffisantes pour poursuivre. Les parties civiles peuvent toutefois faire appel de cette décision, ce qui laisserait la porte ouverte à une réouverture du dossier devant la chambre de l’instruction.

L’avocat, habitué à occuper l’espace médiatique et à retourner les récits en sa faveur, n’a pas encore réagi publiquement à ces nouvelles réquisitions. Mais le silence risque d’être de courte durée, tant le personnage a l’habitude de reprendre l’initiative dans les affaires qui le concernent.

En attendant une éventuelle décision de mise en accusation, le sort judiciaire de l’un des avocats les plus polarisants de sa génération se joue désormais dans les mains des juges d’instruction.

Trois plaintes, un seul procès retenu : le réquisitoire trace une ligne nette entre ce qui sera jugé et ce qui s’arrête là. Reste à savoir si les magistrats suivront cette même distinction, ou si le dossier connaîtra encore des rebondissements avant son épilogue judiciaire.

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