Affaire Jubillar : la recherche Google Maps dix jours avant le drame relance la préméditation
Après cinq ans et demi de silence, Cédric Jubillar a fini par avouer avoir tué son épouse Delphine. Une lettre envoyée à ses avocats début juillet a tout changé, mais l’homme continue de nier une chose : la préméditation. Sauf qu’un détail technique, enfoui dans son téléphone, pourrait bien contredire sa version.

Un aveu tardif qui ne dit pas tout
Pendant plus de cinq ans, Cédric Jubillar a clamé son innocence. Puis, début juillet, un courrier adressé à ses avocats a fait basculer l’affaire : le peintre-plaquiste reconnaît enfin avoir étranglé Delphine Aussaguel, la mère de ses deux enfants, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines.
Mais dans cet aveu, une nuance de taille subsiste. Son avocat, Me Guy Debuisson, l’a martelé sur BFMTV : « Cédric Jubillar n’a jamais eu l’intention de tuer son épouse ». La défense mise tout sur l’absence de préméditation, un élément déterminant pour la qualification pénale des faits et la peine encourue.
Le procès en appel a été reporté, mais l’enquête, elle, continue d’avancer. Et c’est justement sur ce point précis, l’intention, que la justice concentre désormais ses efforts. Comme dans d’autres affaires où une trace inattendue relance tout un dossier, un simple élément numérique pourrait rebattre les cartes.
Ce que révèlent les données de son téléphone
C’est en analysant les données de géolocalisation du smartphone de Cédric Jubillar que les gendarmes ont mis la main sur un indice troublant. Selon Le Parisien, l’homme aurait consulté sur Google Maps des coordonnées situées à quelques centaines de mètres du champ de Mailhoc, l’endroit exact où le corps de Delphine a été retrouvé, sur ses propres indications.
La date de cette recherche interpelle : le 5 décembre 2020, soit dix jours avant la disparition de son épouse. Un délai qui, pour les enquêteurs, n’a rien d’anodin. D’après Franceinfo, qui a pu consulter le document répertoriant ces données, une incertitude demeure toutefois : impossible de savoir si Cédric Jubillar s’est réellement rendu sur place ou s’il a simplement regardé la carte depuis son canapé.
Pour Philippe Pressecq, avocat de la cousine de Delphine Aussaguel, le doute ne change rien à l’essentiel. Cet élément vient, selon lui, « caractériser la préméditation ». Une phrase qui pourrait peser lourd si l’appel finit par se tenir.

Le témoignage glaçant de l’amant de Delphine
Dans les colonnes du Parisien, publiées jeudi 23 juillet, Donat-Jean, l’amant de Delphine Jubillar à l’époque des faits, a livré un témoignage qui vient renforcer cette hypothèse. Il se dit « profondément bouleversé par la découverte des ossements » et ne croit pas une seconde à un geste impulsif.
Son argument frappe fort : « Cinq ans et demi plus tard, Cédric Jubillar est encore capable de faire un croquis précis du champ où il a dissimulé Delphine. C’est bien le signe qu’il n’avait pas choisi cet endroit de manière hasardeuse. C’est un lieu qu’il connaît parfaitement ».
Il démonte aussi la version du peintre, qui affirme avoir « vrillé » après des propos blessants de son épouse. Selon lui, Delphine connaissait le caractère explosif de son mari : « Elle savait à quel point Cédric pouvait être colérique et partir au quart de tour ». Pour lui, il n’y avait dans ce geste « aucun amour, seulement la volonté de posséder et de garder le contrôle ».
Entre la recherche Google Maps dix jours avant les faits et la précision troublante de ses souvenirs cinq ans plus tard, la thèse d’un meurtre spontané semble de plus en plus fragile. Reste à savoir si la justice retiendra cette lecture lors du prochain procès en appel. Une chose est sûre : dans cette affaire, chaque détail technique finit par devenir une pièce à charge.