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« J’aurais bien mangé un steak » : obsédé par Hannibal Lecter, il découpe sa voisine en 11 morceaux

Publié par Cassandre le 07 Juil 2026 à 12:20
Homme anonyme au visage inquiétant dans la pénombre

Il se prenait pour Hannibal Lecter. Pas juste un fan du film, un obsédé capable de réciter les dialogues du Silence des agneaux mot pour mot. Sauf que Karl Hutchings, 48 ans, n’a pas gardé ça pour lui : il a tué sa voisine et amie, puis a raconté à qui voulait l’entendre qu’il avait envisagé de la manger.

Une amitié qui vire au cauchemar à Christchurch

Julie Buckley, 55 ans, vivait chez Hutchings à Christchurch, un village près de Wisbech dans le Cambridgeshire. Les deux étaient amis, colocataires, et partageaient une addiction aux drogues dures. Une vie déjà fragile, rythmée par les manques et les tensions du quotidien.

C’est justement une dispute autour de médicaments qui a tout déclenché. Selon la procureure Christine Agnew, la victime refusait d’emmener Hutchings récupérer son ordonnance et le narguait en consommant ses propres doses devant lui sans partager. Un différend banal, presque absurde, qui a débouché sur l’irréparable entre le 29 et le 30 janvier 2025.

Ce genre de basculement soudain vers le drame laisse toujours les proches sidérés. Julie Buckley avait été vue vivante pour la dernière fois le 28 janvier, filmée par une caméra de vidéosurveillance en train de faire ses courses dans un supermarché Budgens du village voisin de March. Le lendemain, elle disparaissait pour de bon.

L’affaire a mis du temps à éclater au grand jour : Hutchings ayant plaidé coupable dès septembre dernier, les détails macabres n’ont émergé que cette semaine, lors de l’audience de détermination de la peine à la Cour de Cambridge. Un huis clos qui cache souvent le pire, et c’est exactement ce qui s’est produit ici.

Une scie électrique et une fosse de moins d’un mètre

Les faits sont d’une brutalité rare. Hutchings a assommé sa victime à coups de marteau avant de l’étrangler. D’après ses propres confidences à une amie, Caroline Parker, il aurait fallu 24 heures à Julie Buckley pour mourir, car elle « ne voulait tout simplement pas mourir ».

L’autopsie a confirmé cette version glaçante : aucune des blessures constatées, ni sur le crâne ni sur les côtes, n’était immédiatement mortelle. La victime a pu s’accrocher à la vie pendant plusieurs heures avant de succomber.

Après le décès, Hutchings a découpé le corps à l’aide d’une scie électrique, un outil retrouvé plus tard par un père et son fils venus pêcher près d’un canal de drainage. Des traces d’ADN correspondant potentiellement à la victime ont été retrouvées sur le manche.

Il a ensuite enterré les restes dans un champ de Wimblington, dans une fosse dérisoire : à peine un mètre de long, 70 centimètres de large et 84 centimètres de profondeur, creusée avec des outils manuels. Un enfouissement sommaire pour dissimuler un crime d’une violence inouïe, à mille lieues des petits secrets qu’on garde habituellement enfouis.

La police a ouvert son enquête mi-février après un signalement pour disparition inquiétante, une alerte qui arrive parfois trop tard. Des traces de sang retrouvées dans la maison ont été formellement reliées à Julie Buckley, malgré l’absence de corps à ce stade.

Scie électrique posée dans l'herbe boueuse humide

« Je n’aurais pas voulu mettre cette personne toxique dans mon corps »

C’est ici que l’affaire bascule dans le glaçant absolu. Devant la Cour, la procureure a révélé les propos tenus par Hutchings à ses proches, dans les jours suivant le meurtre. Il se disait « obsédé » par le personnage d’Hannibal Lecter, incarné à l’écran par Sir Anthony Hopkins, oscarisé pour ce rôle en 1991.

« Il a dit qu’il l’avait bâillonnée et qu’il l’aurait mangée, mais qu’il ne voulait pas mettre cette personne toxique dans son corps », a rapporté Christine Agnew devant les jurés. « Il a dit qu’il aurait volontiers pris un dîner steak ce soir-là. »

Une phrase qui rappelle directement une réplique culte du Silence des agneaux, où Lecter évoque avoir mangé le foie d’un recenseur « avec des fèves et un bon Chianti ». Le parallèle n’a rien d’un hasard : sur son compte Facebook, Hutchings avait publié en 2019 une photo de lui portant un masque identique à celui du film, photo que ses amis avaient tournée en dérision à l’époque, sans se douter de ce qui suivrait.

Il aurait aussi confié avoir découpé le corps en 27 morceaux, expliquant à un enseignant croisé en détention que c’était « plus facile à déplacer » ainsi.

Pire encore, il aurait déclaré à son amie Caroline Parker que tuer avait toujours été « une ambition dans sa vie », comparant l’acte à une drogue dont il ne pourrait jamais devenir dépendant.

Il serait même allé jusqu’à lui proposer ses services : « Si tu veux que quelqu’un soit tué, je peux le faire pour toi. »

Hutchings a revendu la voiture de sa victime pour 500 livres et utilisé sa carte bancaire pour acheter de l’alcool. Il n’a livré la localisation exacte de la fosse que neuf mois après son arrestation, juste avant son procès, une fois compris que ses troubles mentaux ne seraient pas retenus comme circonstance atténuante.

Son avocate a plaidé un geste « spontané », visant à causer des blessures graves plutôt qu’à tuer. Le juge, lui, a jugé ce délai éloquent : Hutchings, selon lui, « n’avait probablement plus d’autre choix que d’avouer ».

Sa peine sera prononcée jeudi.

Un fait divers qui glace le sang, une référence cinématographique détournée pour justifier l’innommable : voilà ce que révèle cette affaire britannique. Reste une question qui hante forcément l’esprit : jusqu’où la fiction peut-elle nourrir le passage à l’acte d’un esprit déjà à la dérive ?

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