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« Il m’a dit que je pourrais m’occuper de mon fils » : licenciée par téléphone au chevet de son enfant brûlé à 60%

Publié par Cassandre le 02 Juil 2026 à 9:09
Femme bouleversée au téléphone dans un couloir d'hôpital

Son fils de 18 ans était entre la vie et la mort, brûlé sur 60 % du corps. Elle ne quittait pas son chevet. Et puis son téléphone a sonné. Au bout du fil, pas un médecin. Son patron, qui venait de la licencier.

La justification qu’il lui a donnée est aussi glaçante que le geste lui-même. Voici le récit d’une mère qui a décidé de briser le silence.

L’incendie de Crans-Montana : une nuit qui a tout fait basculer

Tout commence dans la nuit du 1ᵉʳ janvier 2025, à Crans-Montana, station de ski suisse. Un incendie ravage le bar Le Constellation. Le sinistre est meurtrier. Parmi les victimes, un jeune homme de 18 ans, grièvement atteint par les flammes.

Le fils de cette habitante de Lutry est brûlé sur 60 % de la surface de son corps. Son pronostic vital est engagé. L’hospitalisation dure des mois, entre greffes, douleurs et incertitude absolue. Sa mère reste à ses côtés, jour et nuit.

Pour n’importe quel parent, le monde s’arrête dans ces moments-là. Les factures, le boulot, la vie quotidienne — tout passe au second plan. Quand un enfant frôle la mort, une seule chose compte : être là.

Sauf que son employeur, lui, n’a visiblement pas vu les choses de la même manière. Et ce qu’il va faire au mois d’avril va laisser cette mère sans voix.

Un coup de fil, trois phrases, et plus d’emploi

C’est en avril, alors que son fils est encore hospitalisé dans un état grave, que le téléphone sonne. Pas un message de soutien. Pas une question sur l’état du jeune homme. Son patron lui annonce, froidement, qu’elle est licenciée.

Et la phrase qui suit est peut-être la pire de toutes. « Il m’a dit qu’ainsi je pourrais m’occuper de mon fils sans pression, lui donner la priorité », a raconté la mère au média suisse 24heures.ch. Comme si perdre son emploi était un cadeau. Comme si le chômage était une faveur.

On pourrait croire à une mauvaise blague. Mais non. Cette femme, déjà effondrée par l’épreuve médicale de son enfant, a dû encaisser en plus la perte brutale de son emploi. Le tout par téléphone, sans préavis humain, sans la moindre empathie.

« J’étais sous le choc », a-t-elle confié. Elle qualifie l’attitude de son ancien supérieur de « maladroite ». Beaucoup diraient que le mot est faible.

Car au-delà du drame émotionnel, c’est toute une stabilité financière qui s’effondre. Payer les frais médicaux, gérer le quotidien, tenir debout pour son fils — sans salaire, la montagne devient vertigineuse.

Mains jointes au chevet d'un lit d'hôpital

Un témoignage pour changer les mentalités au travail

Aujourd’hui, le fils est hors de danger. Après de longs mois d’hospitalisation, il a survécu. Ses brûlures sur 60 % du corps laisseront des traces à vie, mais il est vivant. Pour cette mère, c’est l’essentiel.

Mais elle refuse que son histoire reste entre les murs de l’hôpital. En prenant la parole, elle veut envoyer un message clair aux employeurs : quand un salarié traverse un drame aussi violent que la perte possible d’un enfant, le minimum, c’est le soutien. Pas un formulaire de licenciement.

Son combat dépasse le cas personnel. En Suisse comme en France, la protection des salariés confrontés à des catastrophes familiales reste un sujet brûlant. Combien de parents se retrouvent dans des situations similaires sans oser parler ? Combien encaissent en silence, trop occupés à survivre pour se battre sur le terrain juridique ?

Cette mère de Lutry espère que son témoignage fera bouger les lignes. Que les entreprises comprendront qu’un employé touché par un drame n’est pas un problème à régler, mais un être humain à accompagner.

Un coup de fil peut détruire autant qu’un incendie. Cette mère en est la preuve vivante. La prochaine fois qu’un patron décrochera son téléphone pour annoncer un licenciement, peut-être se demandera-t-il d’abord dans quel enfer se trouve la personne à l’autre bout du fil.

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