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Il détenait 6 800 fichiers pédopornographiques : déjà condamné pour viol incestueux sur sa fille en 1995

Publié par Cassandre le 21 Juil 2026 à 14:47
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Homme en blanc de dos dans une salle d'audience

Un homme tout vêtu de blanc s’avance vers la barre du tribunal correctionnel d’Agen. Le crâne rasé, le visage fermé, presque absent. Ce lundi 20 juillet, ce sexagénaire de Montpezat doit répondre d’une accusation glaçante : avoir importé, détenu et diffusé des milliers d’images pédopornographiques pendant plusieurs années. Mais ce que le tribunal va découvrir sur son passé judiciaire va faire basculer toute l’audience.

Une traque numérique qui remonte à un disque dur

Tout commence par une surveillance de routine des réseaux. Les enquêteurs traquent depuis plusieurs mois les téléchargements de fichiers à caractère pédopornographique, un travail méthodique qui s’appuie sur le repérage d’adresses IP suspectes. En Lot-et-Garonne, plusieurs numéros d’identification attirent l’attention des services.

Les enquêteurs contactent alors l’opérateur Orange pour remonter jusqu’à l’utilisateur. La procédure judiciaire aboutit rapidement à l’identification du Montpézacais. Une perquisition permet ensuite de mettre la main sur l’élément central du dossier : un disque dur rempli de fichiers illégaux, certains affublés de titres d’une obscénité sans équivoque.

Le résultat du recensement laisse peu de place au doute sur l’ampleur du phénomène. Au total, les enquêteurs répertorient plus de 6 800 fichiers à caractère sexuel représentant des mineurs. Un chiffre qui, à lui seul, aurait suffi à qualifier l’homme de collectionneur aux yeux du parquet. Mais l’enquête réserve encore une révélation bien plus troublante sur l’identité de l’accusé.

Un passé judiciaire qui glace la salle d’audience

C’est un détail que le président d’audience égrène presque comme une note de bas de page, et qui pourtant change tout. En 1995, ce même homme avait été condamné par la cour d’assises à 15 ans de réclusion criminelle pour viol incestueux sur sa propre fille. Trois décennies plus tard, le voilà de nouveau devant la justice pour une déviance sexuelle qui n’a, semble-t-il, jamais disparu.

Une expertise psychiatrique menée en 2026 confirme cette continuité inquiétante. Elle met en évidence une déviance sexuelle avérée, sans pour autant révéler d’anomalie mentale susceptible d’atténuer sa responsabilité. Un constat clinique qui rejoint celui d’un autre dossier lot-et-garonnais jugé récemment pour des faits similaires, où la question de la récidive interne s’était déjà posée avec force.

Face aux magistrats, le prévenu tente une explication qu’il répète depuis sa garde à vue : il se serait rendu sur ces sites de téléchargement par simple curiosité. Une version qui ne convainc absolument personne dans la salle, et surtout pas le procureur.

Disque dur externe posé sur un bureau sombre

Une défense fragile face à un réquisitoire sévère

« Monsieur est vraiment très curieux alors », ironise le procureur de la République, avant de trancher sans détour : « On a affaire à un collectionneur. » Le magistrat requiert deux ans et demi de prison ferme avec maintien en détention, assortis d’une obligation de soins. Un réquisitoire qui pèse lourd face aux « je ne sais pas » répétés par l’accusé tout au long de l’audience.

L’association La Mouette, qui défend les droits des enfants et s’est constituée partie civile, ne cache pas son amertume. Son avocate, Me Sandrine Derisbourg, rappelle une vérité implacable : « Ces images ne seront jamais effacées, on ne peut rien faire contre ça. » Chaque fichier téléchargé prolonge, selon elle, le préjudice subi par des victimes anonymes mais bien réelles.

La défense, elle, plaide pour une peine mixte évitant l’incarcération pure. Me Thomas Bruno-Quiroga décrit un homme « rattrapé par ses démons » après une tentative de réinsertion post-détention.

Mais le tribunal correctionnel d’Agen tranche en suivant les réquisitions du parquet : deux ans et demi de prison ferme avec maintien en détention, injonction de soins, interdiction définitive d’exercer une activité en lien avec des mineurs, inscription au Fijaisv, et 4 000 euros de dommages et intérêts à verser à La Mouette.

Une déviance qui ressurgit trois décennies après une première condamnation, un disque dur qui ne s’efface jamais vraiment : ce dossier rappelle que certains dangers ne disparaissent pas avec le temps, ils se cachent simplement mieux. Comment la justice peut-elle mieux anticiper ces récidives silencieuses ?

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