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Ce directeur d’hôpital a maquillé le meurtre de deux bébés tués par Lucy Letby en mort naturelle

Publié par Cassandre le 18 Sep 2026 à 20:30
Ce directeur d'hôpital a maquillé le meurtre de deux bébés tués par Lucy Letby en mort naturelle

Entre 2015 et 2016, des bébés meurent ou frôlent la mort dans un service néonatal britannique, sans qu’aucune explication ne convainque les médecins sur place. Pendant que des soignants soupçonnent une infirmière précise, la direction commande des rapports censés éclaircir l’affaire. Une enquête publique vient de révéler ce qu’un haut responsable a fait subir à l’un de ces documents, avec des conséquences qui dépassent l’entendement.

Des bébés meurent, la direction commande des rapports

Entre juin 2015 et juin 2016, treize bébés meurent et quatre autres frôlent la mort au Countess of Chester Hospital, en Angleterre. Lucy Letby, alors infirmière du service néonatal, purge aujourd’hui 15 peines de perpétuité pour le meurtre de sept nourrissons et la tentative de meurtre de sept autres. Mais à l’époque des faits, personne n’ose encore prononcer le mot « meurtre ».

Face à la multiplication inexpliquée des décès, la direction de l’hôpital commande deux examens : l’un par le Royal College of Paediatrics and Child Health, l’autre confié à la neonatologue Jane Hawdon. Ces révisions, censées percer le mystère, n’aboutissent en réalité à rien de concret, un peu comme ces scandales sanitaires qu’on préfère étouffer que résoudre.

Selon Lady Justice Thirlwall, magistrate qui a dirigé l’enquête publique à 18,5 millions de livres sur ce dossier, ces révisions n’ont eu qu’un seul effet : retarder le moment où l’hôpital appellerait enfin la police. La juge estime que trois vies auraient pu être épargnées si la direction avait agi plus vite, un constat qui rappelle à quel point une institution peut broyer des familles par simple inertie.

Le rapport modifié sans l’accord de son autrice

C’est là que l’affaire bascule. Le rapport de la Dr Hawdon portait sur les dossiers médicaux de 17 bébés. Elle y concluait que cinq décès, dont celui du Bébé D, restaient « inexpliqués » et nécessitaient une investigation médico-légale plus poussée.

Ian Harvey, alors directeur médical de l’établissement et rémunéré 175 000 livres par an, a modifié ce rapport sans en informer sa rédactrice. Il a fait passer la mort du Bébé D pour une cause naturelle, une pneumonie, alors que Letby a bel et bien été condamnée pour l’avoir tuée en lui injectant de l’air lors d’une garde de nuit en juin 2015.

Interrogée par l’enquête publique, la Dr Hawdon a affirmé n’avoir jamais été consultée avant ces modifications et ne les avoir découvertes que des années plus tard, par l’intermédiaire de la commission elle-même. Elle dit avoir été « choquée » en le réalisant, un mot qui résonne dans un dossier déjà digne de révélations sidérantes.

Un autre bébé, le jumeau désigné comme Bébé E, aurait aussi dû figurer sur la liste des décès inexpliqués selon elle. Or son rapport comportait la mention d’une pathologie intestinale qu’elle affirme n’avoir jamais ajoutée elle-même. Letby a été reconnue coupable de son meurtre par instrument médical et injection d’air, en août 2015.

Pile de dossiers médicaux sur un bureau d'hôpital

Des parents tenus dans l’ignorance pendant des mois

Face à cette gestion défaillante des responsabilités, le sort réservé aux familles interroge tout autant. Ian Harvey était censé, selon les règles du devoir de transparence de l’hôpital public britannique, partager les conclusions de la Dr Hawdon avec les parents endeuillés. Ce partage n’a jamais réellement eu lieu.

Certains extraits ont fini par être envoyés, mais six mois après la fin du rapport, dans un langage médical jugé « pas du tout parlant » par une mère concernée. La mère du Bébé C, nourrisson prématuré tué en juin 2015, a raconté à l’enquête un document sans en-tête, ni date, ni signature.

Elle affirme avoir eu le sentiment que « quelque chose de significatif » leur était caché. D’autres familles n’ont même jamais su qu’une investigation existait, ni que les dossiers médicaux de leur enfant avaient été transmis sans leur consentement.

Au final, Letby n’est jamais retournée travailler à l’hôpital : ce sont des médecins excédés qui ont fini par forcer la main de la direction pour appeler la police. Ian Harvey a reconnu devant la commission avoir modifié le rapport de sa collègue.

Un directeur médical qui trafique un rapport pour maquiller des meurtres en morts naturelles : voilà le genre de vérité qu’une enquête publique de 822 pages met des années à mettre au jour. Combien d’autres dossiers sensibles dorment-ils encore, mal éclairés, dans les tiroirs d’un hôpital ?

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