Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Faits divers

Lycée Colbert à Lyon : ce que révèle l’enquête sur l’ado de 15 ans soupçonné d’avoir préparé une tuerie

Publié par Cassandre le 21 Sep 2026 à 11:28
Lycée Colbert à Lyon : ce que révèle l'enquête sur l'ado de 15 ans soupçonné d'avoir préparé une tuerie

Un signalement, une garde à vue, une hospitalisation, puis quatre mois plus tard une mise en examen pour terrorisme. À Lyon, un adolescent de 15 ans est soupçonné d’avoir voulu commettre une tuerie de masse dans un établissement scolaire.

Son avocat apporte pourtant une précision qui contredit les premières informations diffusées. Et dans sa chambre, les enquêteurs ont découvert un carnet glaçant qui en dit long sur son état d’esprit.

Un signalement resté sans réponse pendant quatre mois

Tout commence le 2 mai 2026. Un ami de l’adolescent se présente dans un commissariat lyonnais. Il évoque des conversations inquiétantes, où il est question d’armes. Ce signalement débouche sur une première garde à vue, liée à des contenus haineux publiés en ligne par le jeune homme.

L’adolescent est ensuite hospitalisé en unité psychiatrique. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Le mardi 15 septembre, le parquet de Lyon ouvre une enquête préliminaire. Le mineur est interpellé le lendemain par la sous-direction antiterroriste, avant que le Parquet national antiterroriste ne reprenne le dossier.

Une question reste sans réponse à ce stade : ce qui a précisément déclenché cette nouvelle enquête plus de quatre mois après le premier signalement. Le juge d’instruction a finalement opté pour un contrôle judiciaire strict, avec placement éducatif et suivi psychologique obligatoire, plutôt que pour la détention provisoire réclamée par le Pnat.

Le lycée Colbert visé, mais jamais fréquenté par l’adolescent

Sa cible présumée est désormais connue : le lycée Colbert, établissement public du 8e arrondissement de Lyon. L’information a été révélée le samedi 19 septembre par franceinfo.

Mais Me Eliott Amzallag, l’avocat du mineur, corrige une information largement reprise auprès de France 3 : son client n’a jamais été élève au lycée Colbert. Il n’en a donc pas été renvoyé en janvier, contrairement à ce qui avait été attribué au parquet antiterroriste. L’adolescent avait bien été exclu d’un établissement, mais d’un autre.

Pourquoi cet établissement précis, alors ? Une source proche du dossier indique qu’il visait ce lycée parce qu’il y comptait des amis. Il s’était renseigné sur les conditions d’accès, s’était rendu sur les lieux pour préparer son projet. Son idée : s’en prendre au couteau à des élèves choisis au hasard.

Ses motivations restent floues, admet son avocat, qui décrit un garçon taiseux. Une hypothèse circule : le jeune homme aurait voulu marquer les esprits, accomplir un acte dont on se souviendrait. Il était prêt, mais n’avait fixé aucune date. Peut-être n’osait-il pas franchir le pas, malgré son envie, avance son conseil.

Lycée Colbert à Lyon : ce que révèle l'enquête sur l'ado de 15 ans soupçonné d'avoir préparé une tuerie

Un carnet de tueries et une fascination pour l’ultradroite

Chez lui, les enquêteurs ont saisi une tenue kaki, des gants, deux couteaux et une chaîne destinée à bloquer les portes. Mais c’est sa chambre qui inquiète le plus les policiers.

L’adolescent tenait un carnet où il recensait des tueries de masse commises aux États-Unis, avec le bilan de chacune consigné avec précision. Un coin de la pièce était consacré à la mémoire de Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale tué en février à Lyon. En garde à vue, il a reconnu avoir préparé une attaque et l’a décrite en détail aux enquêteurs.

Sur des groupes Snapchat, il échangeait régulièrement avec d’autres sympathisants de l’ultradroite. Il y affichait ouvertement des envies de violence à caractère raciste, allant jusqu’à écrire vouloir poignarder des personnes en raison de leur origine. Une source proche de l’enquête évoque, auprès de l’AFP, « une idéologie avec des marqueurs plutôt d’ultradroite » et une fascination affichée pour les tueries de masse.

Cette affaire s’inscrit dans une tendance nationale préoccupante. En 2025, 22 mineurs ont été mis en examen pour une infraction terroriste suivie par le Pnat, selon des chiffres relayés par l’École nationale de la magistrature — un tiers des procédures ouvertes cette année.

Si la mouvance djihadiste reste majoritaire, les enquêtes visant l’ultradroite violente ont atteint en 2025 leur plus haut niveau depuis 2012. La même semaine, un policier des Yvelines proche de cette mouvance a lui aussi été mis en examen et écroué pour un projet d’acte terroriste.

L’adolescent reste présumé innocent, sous contrôle judiciaire strict. Une chose est sûre : entre le premier signalement et l’interpellation, quatre mois et demi se sont écoulés, et beaucoup de zones d’ombre demeurent sur ce délai.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *