Bloquées 25 minutes tête en bas dans un manège, ces deux ados obtiennent une somme record

Une sortie entre copines pour fêter la fin de l’année scolaire. Rien de plus banal. Sauf que ce jour-là, à Portland dans l’Oregon, deux adolescentes de 13 et 14 ans allaient vivre 25 minutes de terreur suspendues la tête en bas, à 30 mètres du sol.
Le manège censé les faire tourner s’est bloqué en plein mouvement. Ce que révèle le procès qui vient de s’achever dépasse largement l’incident technique.
Une sortie de fin d’année qui tourne au cauchemar
Le 6 juin dernier, Xitlali, 13 ans, et Evie, 14 ans, viennent de valider leurs examens de quatrième. Direction le parc d’attractions AtmosFEAR à Portland, dans l’Oregon, pour célébrer ça comme il se doit. Elles montent à bord d’un bras pendulaire censé effectuer un mouvement de balancier avant de boucler un tour complet à 360 degrés.
Sauf que la mécanique s’enraye. Le bras reste bloqué, les deux adolescentes suspendues tête en bas à 30 mètres de hauteur. Vingt-huit personnes se trouvaient à bord de l’attraction ce jour-là, mais Xitlali et Evie sont restées coincées pendant 25 minutes, un temps qui a semblé infini selon leur témoignage devant le jury.
Il aura fallu l’intervention des pompiers de Portland, munis d’un outil spécial, pour permettre au parc de débloquer le manège et ramener tout le monde au sol. Une opération de sauvetage qui rappelle que même les loisirs les plus populaires auprès des familles peuvent basculer en quelques secondes. L’affaire, elle, ne faisait que commencer.
Un problème d’installation à l’origine du blocage
Le journal local The Oreganian, qui a suivi l’intégralité du procès, a mis la main sur un mail interne des responsables du parc. Leur explication est sans détour : un problème d’installation des passagers à bord du manège est directement responsable du blocage.
Le poids des occupants n’était pas réparti de manière homogène sur l’attraction. Résultat, les conditions n’étaient tout simplement pas réunies pour que le bras puisse achever son tour complet de 360 degrés comme prévu. Une négligence qui a coûté cher, au sens propre comme au figuré.
Sur les 28 personnes présentes ce jour-là, neuf ont décidé d’intenter une action en justice contre le parc AtmosFEAR. Sept d’entre elles ont finalement accepté un accord à l’amiable, préférant éviter un procès long et éprouvant. Seules Xitlali et Evie sont allées au bout de la procédure judiciaire, jusqu’à obtenir gain de cause devant un jury.

Des séquelles qui bouleversent deux vies d’adolescentes
Face au jury, les deux jeunes filles ont raconté la peur, la panique, mais aussi les douleurs physiques liées à l’afflux de sang à la tête pendant ces 25 minutes suspendues dans le vide. Un témoignage glaçant, mais ce sont surtout les conséquences sur le long terme qui ont marqué les esprits.
Xitlali se décrit comme une adolescente autrefois enjouée. Depuis l’accident, elle vit avec une anxiété permanente et redoute de prendre l’ascenseur ou l’avion, terrifiée à l’idée de se retrouver piégée ou de mourir. Un traumatisme qui a changé sa manière d’appréhender le quotidien.
Evie, elle, était championne nationale d’arts martiaux coréens. Les séquelles de l’accident l’ont contrainte à mettre un terme à sa participation aux compétitions, un sacrifice sportif lourd pour une adolescente de 14 ans. Ce mercredi 19 août, la cour a tranché : chacune des deux jeunes femmes recevra une indemnité de 270 000 euros.
Deux adolescentes parties pour une simple sortie entre amies, ressorties avec des séquelles qui les suivront des années. La justice américaine a tranché, mais aucune somme ne rendra à Xitlali ni à Evie l’insouciance qu’elles avaient avant de monter sur ce manège. Auriez-vous eu le courage de remonter sur une attraction après une telle mésaventure ?