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Il tue son frère, dévore son œil, puis est retrouvé mort dans sa cellule : le récit glaçant de l’affaire Hertgen

Publié par Cassandre le 24 Mai 2026 à 10:12
Il tue son frère, dévore son œil, puis est retrouvé mort dans sa cellule : le récit glaçant de l'affaire Hertgen

Un meurtre d’une violence inouïe. Un verdict d’irresponsabilité pénale. Et maintenant, un corps retrouvé sans vie dans une cellule du New Jersey. L’affaire Matthew Hertgen vient de connaître son dernier chapitre, aussi sombre que les précédents. Retour sur un dossier qui a sidéré l’Amérique — et qui pose une question brutale sur la prise en charge psychiatrique en milieu carcéral.

Princeton, février 2025 : la nuit où tout a basculé

L’histoire commence dans un appartement cossu du complexe Michelle Mews, à Princeton. Matthew Hertgen, 31 ans, ancien footballeur universitaire à Wesleyan, poignarde et frappe à mort son petit frère Joseph, 26 ans, à coups de clubs de golf. La suite dépasse l’entendement : il lui arrache un œil et le dévore. Puis il met le feu au chat de la famille.

Quand la police arrive, le corps de Joseph gît dans une mare de sang, un couteau ensanglanté à côté de lui. Les images de vidéosurveillance, diffusées lors du procès, montrent Matthew plaquant son frère au sol avant de le frapper avec une brutalité méthodique. La famille Hertgen, installée auparavant dans une maison à 1,1 million de dollars à Toms River, n’avait rien vu venir. Ou presque. Car les premiers signes de la maladie remontaient à des troubles apparus dès 2021, quand Matthew vivait encore à New York.

Schizophrénie, visions divines et « meurtre sacrificiel » : le verdict qui a choqué

Le 19 mars 2025, le juge Robert Lytle du tribunal supérieur du comté de Mercer rend son verdict : non coupable pour cause d’aliénation mentale. Un mot résume le dossier psychiatrique : schizophrénie. Le psychologue légiste Gianni Pirelli explique à la barre que Hertgen se prenait tour à tour pour Jésus-Christ, l’Antéchrist ou Dieu lui-même.

« Chaque fois qu’il ferme les yeux, il voit des visions immenses », témoigne Pirelli. Matthew était convaincu que l’apocalypse approchait et que seul un « meurtre sacrificiel » pouvait sauver le monde. Un chapitre du Livre Rouge de Carl Jung, intitulé précisément « Le Meurtre Sacrificiel », avait cristallisé son délire. Ce verdict, bien que juridiquement fondé, a provoqué une onde de choc. Comment un homme capable d’un tel acte pouvait-il rester dans une simple prison de comté plutôt que dans un établissement psychiatrique sécurisé ?

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La question de la prise en charge des détenus souffrant de troubles mentaux graves se pose avec une violence nouvelle. Le 8 mai 2026, Matthew Hertgen est retrouvé sans vie dans sa cellule de la prison du comté de Mercer. Tout indique un suicide. La cause officielle du décès n’a pas encore été communiquée par le bureau du procureur.

Ce n’était pourtant pas la première alerte. Une semaine seulement après son arrestation en février 2025, il avait déjà tenté de se pendre dans cette même cellule. Malgré cet antécédent, il était resté incarcéré au même endroit. Sa famille, dans sa nécrologie, le décrit comme « une personne aimante et attentionnée » qui, durant ses dernières années, avait exprimé « du chagrin, des remords et du repentir ». Joseph Hertgen avait 26 ans. Matthew en avait 31.

L’affaire Hertgen ne se referme pas avec cette mort en cellule. Elle s’ouvre, en réalité, sur un gouffre. Celui d’un système qui acquitte un homme pour maladie mentale, puis le laisse dans un environnement incapable de le protéger de lui-même. Une première tentative ignorée. Un dénouement tragique. Et une question que personne ne semble pressé de poser : combien de détenus diagnostiqués schizophrènes dorment ce soir dans des cellules sans surveillance adaptée ?

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