« Il y avait du sang partout » : un adolescent de 17 ans égorgé à Antibes, sa mère suspectée

Ce mercredi matin, la résidence Villa Azzurra, au 5 boulevard du Cap à Antibes, n’a plus rien de son calme habituel. Des scellés de la police judiciaire barrent la porte d’un appartement du premier étage. Un seul mot y est inscrit : « Meurtre ».
Dans ce logement, un adolescent de 17 ans a été retrouvé égorgé dans son lit, quelques heures plus tôt. Malgré l’intervention rapide des secours, rien n’a pu être fait pour le sauver.
« Il y avait du sang partout, rapporte une source proche du dossier. Il n’était pas simplement égorgé, l’entaille dans le cou était très très profonde. » Une description qui donne la mesure de la violence du drame survenu vers 1 heure du matin.
Une mère en fuite retrouvée en train de se noyer
Selon les premiers éléments de l’enquête, la mère du jeune homme serait l’auteure présumée des faits. Le père, qui vivait sous le même toit malgré une séparation du couple, a donné l’alerte.
Le couple faisait chambre à part, mais partageait toujours le même appartement au moment du drame. C’est lui qui a prévenu les secours après avoir découvert la scène.
La mère, elle, avait pris la fuite. Elle a été localisée à une soixantaine de mètres du rivage de la Salis, près de la plage privée de l’hôtel Royal Beach, par un équipage de police.
Elle était visiblement en train de se noyer au moment de son interpellation. Ces éléments ont été confirmés par les syndicats policiers Unité 06 et Alliance, qui suivent le dossier de près.
Un immeuble muré dans le silence
Depuis l’extérieur, plus rien ne bouge. Les enquêteurs ont quitté les lieux, les volets sont clos, et l’imposant bâtiment semble coupé du reste du quartier, comme figé.
« Il s’est passé quelque chose de grave ? », s’inquiète une riveraine d’une résidence voisine, les yeux écarquillés en apercevant les caméras de journalistes. D’autres passants, plus curieux, s’arrêtent quelques secondes avant de reprendre leur route.
« On en a entendu des choses cette nuit… », souffle un vieil homme assis sur un muret, sans en dire davantage. Beaucoup se souviennent des sirènes qui ont résonné dans les rues au cœur de la nuit.
Le voisinage sous le choc, entre stupeur et incompréhension

À l’entrée de la résidence, un voisin passe la tête par l’embrasure du portillon. « Je suis peiné. C’est un brave homme, serviable, d’origine polonaise, confie-t-il. Je ne savais même pas qu’il y avait son fils dans l’appartement. Je le croisais souvent. »
Une autre habitante, installée tout près des lieux du drame, raconte une nuit passée dans l’angoisse. « C’était aux petites heures du matin, j’ai tout entendu mais je n’ai rien vu. Je suis restée enfermée dans mon appartement au cas où ce serait dangereux. »
Un peu plus loin, un homme garé sur son scooter reste évasif. « Nous avons un Airbnb pas très loin, j’ai entendu parler de ce qui s’était passé mais je ne peux pas vous en dire plus. » Le mystère continue d’planer sur ce quartier résidentiel habituellement paisible.
Ce type de drame intrafamilial n’est malheureusement pas isolé. Quelques semaines plus tôt, à Nice, un adolescent avait déjà perdu la vie dans des circonstances tragiques liées à son environnement familial.
L’enquête et les gardes à vue toujours en cours

Aucune information officielle supplémentaire n’a filtré à ce stade. Les gardes à vue se poursuivent, et l’enquête reste entièrement sous le contrôle du parquet.
Le parquet a confirmé qu’il communiquera « dans les prochains jours » sur ce dossier jugé particulièrement sensible. La qualification des faits, notamment sur l’état mental de la mère au moment des faits, devrait être précisée à cette occasion.
Ce drame intervient dans un contexte où plusieurs affaires de violences intrafamiliales impliquant des mineurs ont récemment marqué l’actualité, comme ce jeune défiguré à coups de marteau à Strasbourg ou encore ce collégien de 15 ans qui a avoué un meurtre sauvage au Grau-du-Roi. Des affaires qui, chacune à leur manière, rappellent la brutalité soudaine dont peuvent être victimes des mineurs, parfois dans leur propre cercle familial.