Meurtre à Bollène : l’ex-compagnon suspecté, colistier RN, déjà sous contrôle judiciaire

Une femme a été retrouvée morte à son domicile de Bollène, dans le Vaucluse, jeudi 6 août. Son ex-compagnon avait déjà été placé sous contrôle judiciaire quelques semaines plus tôt pour violences sur elle. Cette fois, c’est pour meurtre qu’il a été mis en examen et placé en détention provisoire.
Une inquiétude, une intervention, un corps sans vie
Tout commence par un signalement. Jeudi 6 août au soir, une connaissance de la victime s’inquiète de son silence et alerte les autorités. Les gendarmes se rendent sur place, à Bollène, et découvrent le corps inanimé de la femme à son domicile.
Le constat est glaçant. Selon le communiqué du parquet d’Avignon, la victime présentait de nombreuses blessures au niveau du crâne, certaines ayant nécessité l’usage d’un objet tranchant. Le quotidien La Provence précise que la victime était mère de famille.
Dans la soirée, les enquêteurs remontent rapidement jusqu’à l’ex-compagnon de la victime. L’homme, âgé de 54 ans, est interpellé à son propre domicile par le GIGN. Il n’est pas seul : ses deux enfants, qu’il avait eus avec la victime, se trouvent avec lui au moment de l’arrestation.
Un passif de violences déjà documenté par la justice
Ce n’était pas la première alerte. En juin dernier, lors de la séparation du couple, cet homme avait déjà été placé en garde à vue pour des violences sur son ex-compagne.
Depuis, il était sous contrôle judiciaire et devait comparaître devant le tribunal correctionnel de Carpentras en novembre. La victime, elle, bénéficiait de mesures de protection renforcées : un téléphone grave danger lui avait été confié fin juin par le parquet de Carpentras, ainsi qu’une ordonnance de protection délivrée par le juge aux affaires familiales.
Le parquet insiste sur un point troublant : « aucun autre fait de violence n’avait été signalé, ni même dénoncé par la victime » depuis juin. Rien, sur le papier, ne laissait présager ce dénouement tragique. L’homme est un ancien légionnaire, selon La Provence, et cette expérience militaire interroge d’autant plus sur la violence des faits reprochés.

Le lien politique qui change la portée de l’affaire
Selon La Provence, ce suspect n’est pas un inconnu du paysage local. Il avait été le colistier de Franck Marest, candidat du Rassemblement national aux dernières élections municipales à Bollène, finalement défait par le maire sortant.
Ce détail, révélé dans la foulée de l’arrestation, donne une résonance particulière à l’affaire dans une commune où les tensions politiques locales sont vives. Le suspect a été mis en examen pour meurtre, mais aussi pour détention d’armes de catégorie B et de catégorie C, a précisé Jean-François Mayet, procureur de la République adjoint.
Les deux enfants du couple, originaires de Tchéquie, ont été pris en charge par le centre hospitalier d’Avignon avant d’être confiés à l’Aide sociale à l’enfance. Vu la gravité des faits, le parquet de Carpentras s’est dessaisi au profit de celui d’Avignon, qui centralise désormais l’enquête sous l’égide d’un juge d’instruction.
Ce drame s’inscrit dans une tendance nationale préoccupante : 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023, soit une hausse de 11 % selon la Mission interministérielle pour la protection des femmes.
Une ordonnance de protection, un téléphone grave danger, un contrôle judiciaire : tout l’arsenal existait, et il n’a pas suffi. L’enquête, désormais confiée à un juge d’instruction, devra établir comment cette femme a pu perdre la vie malgré ces mesures censées la protéger.