Il tue un inconnu, mange son doigt et accuse un occultiste mort en 1947 de l’avoir « possédé »

Une nuit de novembre 2024, à Annan, petite ville du sud-ouest de l’Écosse, Joseph Johnston reçoit un inconnu chez lui. Il a 58 ans, tout le monde l’appelle Ernie. Il ne sait pas qu’il va mourir dans les heures qui suivent.
Son meurtrier s’appelle Gabriel Brown. Il a 35 ans, un passé d’agent de sécurité en boîte de nuit, et un casier judiciaire pour agressions sur mineures. Cette nuit-là, il vient tout juste de rencontrer Ernie pour la première fois.
Ce que Brown ignore encore, c’est qu’il va bientôt invoquer le fantôme d’un occultiste mort en 1947 pour expliquer l’inexplicable.
Une rancune héritée, pas la sienne
Brown n’avait jamais croisé Joseph Johnston avant cette soirée fatale. Le lien entre les deux hommes passe par une troisième personne : la belle-mère de Brown.
Elle avait eu une relation avec Ernie par le passé. Elle lui aurait parlé de cette période en des termes très négatifs, allant jusqu’à désigner la victime par un surnom insultant.
Elle avait même indiqué à Brown où habitait Ernie. Un détail qui, on le sait aujourd’hui, allait sceller le sort de la victime.
Le soir des faits, Brown boit de l’alcool et fume du cannabis avant de se rendre chez Ernie, tard dans la nuit. L’ambiance semble d’abord détendue : les deux hommes prennent même une photo ensemble.
Ce qui s’est passé une fois la porte fermée
Puis tout bascule. Le procès de Glasgow a établi que Brown s’est jeté sur sa victime sans défense, dans ce que l’accusation a qualifié d’attaque « sauvage » et de « punition ».
Joseph Johnston reçoit 22 coups de couteau. Son agresseur lui sectionne aussi l’annulaire gauche — un doigt qui, selon le juge, symbolise directement le motif de la vengeance.
Brown va jusqu’à graver des lettres sur le visage de sa victime. Un geste que le magistrat qualifiera plus tard de « révélateur de l’ampleur de cette attaque sauvage ».
Pour couvrir son crime, Brown allume des feux dans quatre endroits différents de l’appartement. Il met le feu à des meubles, allume les plaques de cuisson, place des couverts en métal dans le micro-ondes.
Il arrache aussi les détecteurs de fumée pour les empêcher de se déclencher, avant de fuir les lieux et de retourner se cacher chez sa belle-mère. Le corps d’Ernie sera retrouvé dans la cuisine calcinée de son propre appartement.
Le détail que même les enquêteurs n’attendaient pas
Ce que Brown raconte ensuite à la barre dépasse tout ce que le tribunal avait anticipé. Il affirme se souvenir avoir retiré un couteau du corps de sa victime, mais n’avoir « aucun souvenir » de la façon dont l’arme s’y était retrouvée.
Interrogé par son avocat sur cette contradiction, Brown répond : « J’attribue cela à Aleister Crowley. Je mets ça sur le compte de la possession. J’ai déjà eu des incidents similaires que mes amis m’ont rapportés. »
Aleister Crowley est une figure réelle : occultiste britannique né au XIXe siècle, mort en 1947, connu pour ses écrits ésotériques et son influence sur certains courants occultes contemporains.
Quand on lui demande dans quelle main se trouvait le couteau, Brown précise : « Celle d’Aleister Crowley. Nous partageons le même corps. Quand j’ai retiré le couteau, c’était ma main. »
Il dit ensuite avoir entendu un « râle de mort » et avoir vu Ernie perdre abondamment son sang. C’est à ce moment qu’il décrit avoir fait, selon ses propres mots, « une faveur » à sa victime.

Brown raconte alors avoir retiré et consommé le doigt annulaire de Joseph Johnston, après l’avoir fait cuire. Sa justification : « Aleister allait prendre son âme. »
Un texto glaçant et une arrestation dans un grenier
Cette nuit-là, Brown envoie aussi un message à un tiers, accusant Ernie de quelque chose et ajoutant cette phrase : « il dort pour toujours ».
Il sera finalement retrouvé et arrêté, endormi dans le grenier de sa belle-mère. En contre-interrogatoire, il niera être venu chez Ernie pour lui « régler son compte » ce soir-là, comme l’accusation l’affirmait.
Après quinze jours de procès, les jurés n’ont pas cru à la thèse du trouble mental invoquée par la défense. Ils ont reconnu Gabriel Brown coupable de meurtre.
Des jurés dispensés à vie de ce devoir
La nature du dossier a marqué jusqu’au juge lui-même. Le magistrat Lord Mulholland a dispensé les jurés de toute future participation à un jury, en raison du caractère « éprouvant et graphique » des éléments qu’ils ont dû entendre.
Dans son intervention, il a résumé la scène avec des mots sans détour : « Il s’agissait d’une attaque prolongée, vicieuse et impitoyable contre un homme sans défense, chez lui. »
Il a ajouté que le motif de Brown, par ses propres mots, était de « punir la victime pour ce qu’il croyait être arrivé à sa belle-mère » durant sa relation passée avec Ernie.
Le fait d’avoir ciblé précisément l’annulaire, selon le juge, prouve à lui seul l’intention punitive derrière ce geste d’une violence extrême.
Gabriel Brown connaîtra sa peine minimale le mois prochain. Le juge l’a d’ores et déjà averti : il pourrait ne jamais être libéré.
L’inspecteur Graeme Robertson, en charge de l’enquête pour la police écossaise, a réagi après le verdict en affirmant que Brown allait désormais « faire face aux conséquences de ses actes ». Il a ajouté espérer que cette condamnation apporte un peu de réconfort à la famille de Joseph Johnston.