« Ils ont tué mon fils » : Adam, 5 ans, meurt à l’hôpital d’Antibes après une cascade d’erreurs médicales

Une mère qui porte le deuil de son enfant et qui refuse le silence. Florence a perdu son fils Adam, 5 ans, mort en 2023 à l’hôpital d’Antibes après une occlusion intestinale mal prise en charge. Elle raconte aujourd’hui, sanglots dans la voix, ce qu’elle appelle une « cascade d’erreurs médicales ». Et ce que révèle le rapport d’expertise sur cette nuit-là dépasse ce qu’elle imaginait.
Une simple douleur au ventre, des urgences bondées
Tout commence le 24 février 2023. Florence emmène son fils Adam aux urgences de l’hôpital de La Fontonne, à Antibes. Le petit garçon souffre, visiblement, et sa mère s’en souvient avec précision : « il avait vraiment mal », confie-t-elle à BFM Nice Côte d’Azur.
Un médecin l’examine en seulement vingt minutes. Le diagnostic tombe vite : on lui prescrit du Spasfon, un antidouleur courant, comme dans les protocoles habituels des services d’urgence. Mais le geste technique tourne mal : le cathéter est mal posé, et Adam continue de souffrir sans que personne ne s’en inquiète vraiment.
Le petit garçon est finalement transféré en pédiatrie. Une décision qui, avec le recul, ressemble à une dernière chance manquée. Car dans ce service, alors que les autorités sanitaires multiplient les alertes sur la qualité des soins, la nuit d’Adam va basculer dans le pire des scénarios.
Ce que le rapport révèle sur la nuit fatale
C’est là que l’histoire prend un tournant glaçant. Un rapport d’expertise, cité par Florence, pointe directement la responsabilité médicale dans la mort de son fils. Il estime qu’« un examen d’imagerie aurait dû être demandé et réalisé » face aux symptômes de l’enfant.
Le document va plus loin encore. Il dénonce une « prise en charge inadaptée, insuffisante, lacunaire » d’Adam, jugée « en lien direct et certain avec le décès ». Des mots lourds, presque incontestables, qui confirment ce que Florence pressentait depuis le début.
Pourtant, malgré ces conclusions accablantes, le médecin mis en cause continue d’exercer aujourd’hui. Une situation qui rappelle celle de certains actes médicaux dont les conséquences sont sous-estimées, faute d’un suivi assez strict des pratiques à risque. Une enquête judiciaire est désormais ouverte, mais aucune date de procès n’a encore été fixée.
Face à ce vide, Florence dénonce un système qui protège trop souvent ses propres praticiens. Elle rappelle que des soignants comme Patrick Pelloux ont déjà alerté sur les failles des urgences françaises, saturées et parfois défaillantes. Pour elle, l’histoire d’Adam n’est pas un cas isolé.

« Je lui ai promis » : le combat d’une mère pour la justice
C’est le genre de témoignage qu’on n’oublie pas une fois entendu. Florence raconte le matin du drame avec une précision insoutenable. « Je suis arrivée à 10h15 et en voulant l’embrasser, j’ai constaté que mon fils était décédé », se souvient-elle.
Elle hurle alors, seule face à l’insupportable : « ils ont tué mon fils, ils ont tué mon fils ». Puis elle prend son fils dans ses bras. Et lui fait une promesse qui, deux ans plus tard, structure encore chacune de ses journées : qu’il ne sera jamais oublié, et que justice lui sera rendue.
Depuis, Florence se bat pour obtenir un procès. Un combat solitaire, semblable à celui vécu par d’autres familles endeuillées, comme celle d’Héloïse après la perte de sa mère. « Nous n’avons rien, nous sommes dans le néant », déplore-t-elle aujourd’hui.
Mais loin de la décourager, ce silence institutionnel attise sa colère. « Moins de choses se passent, plus ça me donne la rage de me battre », assure-t-elle, déterminée à tenir sa promesse jusqu’au bout, pour son fils et pour tous les enfants qui pourraient croiser la route de ce même médecin.
Deux ans après la mort d’Adam, une mère seule porte encore le poids d’un système qui n’a pas su protéger son fils. Son combat pour la vérité n’est pas terminé, et il en dit long sur ce que traversent tant de familles françaises face à l’opacité médicale. Combien d’autres histoires comme celle-ci restent, elles, dans l’ombre ?